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affiche Woman And Child

Woman And Child

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Genre : Ciné région

L'Actu

Woman And Child
Genre : Drame
Pays : Iran  
Durée : 2h11
Réalisateur : Saeed Roustayi                                                                                                                        
Acteurs : Parinaz Izadyar, Sinan Mohebi, Payman Maadi


Mahnaz, une jeune veuve infirmière, s’apprête à épouser son collègue Hamid, ambulancier. Elle se consacrait jusqu'à maintenant à l’éducation de son fils renvoyé de l’école et de sa fille douée pour les études. Hamid lui demande de cacher ses enfants à sa famille pour la première rencontre avec la sienne. Elle les confie à son ex-beau-père. Cette vie, qui annonçait des beaux jours, vole en éclats en quelques instants. Hamid, lui préfère la cadette, Mehri. Mahnaz est trahie une première fois.

Un grave accident touche son fils qui, pour la rejoindre, saute par la fenêtre. En une seule journée, le bonheur explose en mille morceaux pour laisser place à la douleur avec la mort de son enfant et le nouveau choix d’Hamid. Dans cette tragédie qui la frappe, comme ces femmes de noir vêtues des chœurs antiques, Mahnaz devra trouver la force de rebondir. Son chemin passe par la quête de la vérité sur le décès de son fils et l’acceptation des choix qui la blessent au plus profond d’elle-même. Est-ce qu’il existe encore une place pour des femmes libres dans ce patriarcat millénaire qu’est l’Iran ?


Depuis La loi de Téhéran et le succès de Leila et ses frères, Saeed Roustayi, explore la société iranienne sous différents angles, le plus souvent à travers ses lois. Nous passerons sur la polémique cannoise lui reprochant d’avoir accepté du régime des contraintes de tournage particulières. C’est ignorer que derrière cette tragédie, c’est tout un système patriarcal et la condition des femmes en Iran qu’il dénonce. Ses premiers films flirtaient déjà avec celle-ci, cette fois les personnages devront s’en sortir seuls, sans aucun dieu pour veiller sur eux.

 Les différentes femmes de cette histoire représentent des figures de cette société obscure iranienne. Mahnaz semble être une femme libre mais elle accepte malgré tout, pour plaire à Hamid, de cacher ses enfants, ainsi qu’un soin du visage pour se rajeunir. Ce qui au départ semble anodin se révèle bien plus pernicieux par la suite. Si sa collègue et amie est bien plus libre qu’elle, encore attachée à certaines traditions, elle sera trahie une première fois par Hamid qui lui préfère sa sœur cadette. Les pièces de la tragédie se mettent en place pour briser son âme.

La deuxième trahison vient du responsable de l’école de son fils, renvoyé pour quelques trafics et comportements perturbants. La dernière vient de la famille, avec la mort de son fils confié à son beau-père. Dans ce monde dominé par les hommes, elle choisit de se battre, à l’image des femmes qui n’ont plus rien à perdre. Cette bataille révèle un monde qui, à l’image de La loi de Téhéran ose tout, entre mensonge et trahison. Face à ces hommes qui ne respectent rien se dressent les femmes.

De la mère à la tante, elles vont devoir se lever et sortir de l’ombre. Elles sont ce chœur antique qui scande la douleur et le bonheur perdu, broyées par un patriarcat ancré profondément au sein de la société. Dans ce récit passant de la lumière à l’ombre pour revenir dans la lumière, la mort rôde. Comment un fils se prenant pour un homme finira par mourir, comment un père parti à la guerre ne reviendra pas, comment un amant choisit une autre femme.

Les hommes se liguent contre Mahnaz, pareille à l’image de ces mères du début du monde, restant droites dans la tempête qu’elles affrontent. Peu à peu, tout s’écroule autour d’elle, en oubliant la plus petite qui la regarde se débattre sans espoir. Elles finiront par se rassembler pour changer cet univers de violence aux mains des hommes. La mise en scène de Saeed Roustayi joue des lieux clos et des symboles, grilles, portes, lumière, hôpital où les femmes soignent les blessures du corps. Elle aboutit à cette dernière scène magnifique, Mahnaz est enfermée avec le dernier-né qu’elle a rejeté car il porte le nom de son fils mort. Derrière les portes vitrées, les autres femmes de la famille, inquiètes, craignent un geste de trop. Elle prend le petit dans ses bras et un autre lien se crée, celui de l’espérance en des lendemains différents. Les portes s’ouvrent et les autres femmes l’entourent, la serrant dans leurs bras. Comment ne pas y voir l’Iran d’aujourd’hui et ces femmes qui se révoltent comme Mahnaz. Depuis La loi de Téhéran et Leila et ses frères, c’est bien à travers l'Iran d'aujourd'hui, celui de demain que le réalisateur évoque.
    
Patrick Van Langhenhoven


l’avis de Françoise

Une fois de plus un regard sur l’Iran, à travers ses règles patriarcales, depuis le premier film avec un glissement vers la condition des femmes depuis Leila. C’est encore un beau portrait de femmes qui cherchent leur indépendance dans un monde dominé par les hommes. Sous le prétexte d’un mariage, il critique le système de façon subtile, moins frontale que d’autres réalisateurs engagés. On a trois femmes, l’aînée, la sœur cadette et la mère qui donnent, avec la petite-fille et la tante, ainsi que l’amie infirmière, un état de la condition féminine. Voilà à chaud mes premières réflexions, la place des hommes est aussi en écho, du fils au grand-père, en passant par Hamid, elle est un écho à celle des hommes.
C’est un film riche qui explique en partie ce qui se passe aujourd’hui.

Françoise


Fiche technique

Titre original : زن و بچه, Zan va bache
    Réalisation : Saeed Roustayi
    Scénario : Saeed Roustayi
    Photographie : Adib Sobhani
    Montage : Bahram Dehghani
    Production : Jamal Sadatian
    Sociétés de production : Saeed Roustayi Production
    Société de distribution : Diaphana (France)
    Pays de production : Iran
    Langue originale : persan
    Format : couleurs
    Genre : drame
    Durée : 2h11
    Dates de sortie : 22 mai 2025 (Festival de Cannes 2025) 25 février 2026

Distribution

    Parinaz Izadyar : Mahnaz
    Payman Maadi : Hamid
    Hasan Pourshirazi
    Fereshteh Sadre Orafaee
    Sahar Goldoost
    Maziar Seyyedi
    Arshida Dorostkar
    Soha Niasti
    Javad Pourheidari
    Mansour Nasiri
    Sinan Mohebi
    Rozhin Shams