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affiche Trilogie Pusher

Trilogie Pusher

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Genre : Ciné région

L'Actu

Trilogie Pusher
Genre : Thriller
Pays : Danemark  
Durée : 1h45
Réalisateur : Nicolas Winding Refn                                                                                     
Acteurs : Kim Bodnia, Lisbeth Rasmussen, Mads Mikkelsen


Pusher, de Nicolas Winding Refn. Écrit par Jens Dahl et Nicolas Winding Refn. Avec Kim Bodnia, Zlatko Buric, Laura Drasbæk… 1h50.

Dans le premier volet de la trilogie, nous suivons Frank, un vendeur de drogue, un pusher donnant son titre à la trilogie et son pote Tonny. Il est contacté par Hasse, un ancien compagnon de cellule qui lui passe la commande d’une grosse quantité. Les deux complices demandent l’aide de Milo, un caïd de la pègre qui accepte de leur refourguer de la came. Ils exigent de toucher le grisbi tout de suite après le deal. Hélas, pour Frank et Tonny, les flics sont en planque pour serrer les petits dealers. Frank paume la drogue et doit plonger au cœur de la fange danoise pour tenter de ramener assez de pognon pour rembourser Milo. C’est une course folle où, bien plus que l’argent, c’est sa vie qui est en jeu.

Pusher II, Du sang sur les mains, écrit et réalisé par Nicolas Winding Refn. Avec Mads Mikkelsen, Leif Sylvester, Anne Sørensen… 1h40.

Dans le second volet, Tonny sort de prison, bien décidé à se ranger. Il se rend chez son père, le Duc, un autre voyou à la réputation vicieuse. Le fils tente de retrouver l’estime de celui-ci, en pure perte. Entre des embrouilles avec son pote Kurt pour, une fois de plus, échapper à Milo et les liens avec Charlotte, la mère de son fils, Tonny cherche à changer de vie. Il ne demande qu’une chose, qu’on arrête de le prendre pour un con et un peu de respect. La paternité est au cœur du récit dans un monde de violence.

Pusher III, L’ange de la mort, écrit et réalisé par Nicolas Winding Refn. Avec Zlatko Buric, Ilyas Agac, Marinela Dekic… 1h48.

Dans le dernier volet, Milo est confronté à une cargaison d’ecstasy qu’il doit écouler, à une fête d’anniversaire de sa fille, à sa cuisine avariée qui est un danger mortel et à un de ses jeunes pushers, Little Muhammed. Le film boucle le cercle avec un Milo dans la même situation vis à vis de Luan, son fournisseur, que Frank au début. C’est la fin d’un homme au crépuscule de son règne que la violence finit par rattraper. 


« L'art est fait pour diviser, car si l'art ne divise pas, il ne pénètre pas, et s'il ne pénètre pas, vous ne faites que le consommer » Cannes 2013 Nicolas Winding Refn.

En 1996, Nicolas Winding Refn renonce à entrer à la prestigieuse école de cinéma, la Danish Film School, pour se lancer sur le premier volet de Pusher. Il tournera les deux épisodes suivants centrés sur Tonny et Milo, deux autres figures de cette plongée dans l’univers de la pègre danoise plus tard. La trilogie se nourrit à la fois de l’expérience de Nicolas Winding Refn qui côtoie un temps ces personnages extravagants, de ce monde dérisoire et violent de la pègre danoise.

Il est aussi influencé par le film noir et plus particulièrement l’œuvre de Scorsese. Dans ce premier volet, nous sentons l’influence de Mean Streets, ce regard particulier sur ce mélange de la bêtise humaine et du mal. Dans un premier temps, le réalisateur esquisse des figures reconnaissables, le petit dealer entraîné dans une spirale sans fin jusqu’à la chute. Ce sont aussi le copain ingérable, la petite amie délaissée et le caïd à l’image des figures mafieuses. Peu à peu, elles volent en éclats pour prendre plus de profondeur et nous interroger sur la place et les liens de chacun dans ce monde de violence.

Est-ce qu’il existe une place pour l’amour ? Est-ce que le seul intérêt des petites frappes est de se faire du fric ? Quelle est la place du père et les liens qu’il tisse avec sa progéniture, fils ou fille ? Derrière l’action, nous retrouvons les questionnements qui reviennent hanter le cinéma de Nicolas Winding Refn. Dans cette première trilogie, se trouve déjà tout ce qui fera son cinéma aux apparences trompeuses.

Le choix pour des personnages hauts en couleur comme Milo ou plus effacés, qui se révèlent dans cette tempête de violence comme Frank ou Tonny. Les liens père et fils reviennent souvent, comme une quête d’un Graal impossible à trouver. On pourrait croire que, dans ce monde d’hommes, les femmes sont souvent des créatures sacrifiées. Il faut se méfier des apparences. Elles prendront une place plus visible au fur et à mesure des épisodes. La mise en scène évolue à travers la saga pour se rapprocher de ce qu’elle est aujourd’hui.

C'est une plongée caméra à l’épaule pour mieux saisir cette frénésie de la descente en enfer qui ne peut conduire qu’au néant. Nous sommes dans l’esprit du documentaire, c’est à dire saisir au plus près la réalité du milieu. Elle est aussi nerveuse que les protagonistes du récit, ne laissant aucun moment de répit. Elle ne raconte pas une histoire, elle est l’histoire. Dans le sens où elle capte la réalité à l’instant présent.

La lumière évolue au fur et à mesure des trois récits. Blafarde, naturelle, elle devient plus lumineuse pour finir par prendre des couleurs propres au style du réalisateur. Le Danemark est marqué à cette époque par le Dogme 95, rédigé à Copenhague par Lars von Trier et Thomas Vinterberg. Nicolas Winding Refn s’en éloigne pour prendre sa propre voie, celle d’un cinéma qui explore, à travers la violence, le fond de l’âme humaine. C’est aussi cette toile de liens, de sentiments que nous tissons les uns avec les autres pour arpenter le chemin de la vie.

Patrick Van Langhenhoven


DVD
Distributeur
Vidéo : Jocker
Son : Dolby (Vo) 5.1
Sous titres : Français
Sortie Vidéo : 4 novembre 2025
Bonus :
Documentaire gambler de Phie Ambo
Trois entretients indédits avec Philippe Rouyer
Livret d’Accompagnement de 88 pages



Fiche technique

              Titre original et français : Pusher
              Titre original et français : Pusher 2 du sang sur la main
              Titre original et français : Pusher 3 L’ange de la mort
    •    Réalisation : Nicolas Winding Refn
    •    Scénario : Nicolas Winding Refn et Jens Dahl
    •    Décors : Kim Lovetand Julebæk
    •    Costumes : Loa Miller
    •    Photographie : Morten Søborg
    •    Montage : Anne Østerud
    •    Budget : 6 millions de couronnes danoisesDKK
    •    Pays d’origine :  Danemark
    •    Langue originale : danois, suédois, serbo-croate
    •    Format : couleur — 35 mm
    •    Genre : Film criminel
    •    Durée : 105 minutes
    •    Dates de sortie : 28 juin 2006
    •    Public : Interdit aux moins de 16 ans en  France.
              Coffret  Version 4K ( nouvelles versions), Blu Ray, DVD

Distribution
    •    Kim Bodnia (VF : Cyrille Monge) : Frank
    •    Zlatko Burić (VF : Paul Borne) : Milo
    •    Laura Drasbæk (VF : Delphine Rivière) : Vic
    •    Slavko Labović (da) (VF : Bruno Magne): Radovan
    •    Mads Mikkelsen (VF : Jean-Michel Fête) : Tonny
    •    Peter Andersson : Hasse
    •    Vanja Bajicic : Branko
    •    Lisbeth Rasmussen : Rita
    •    Levino Jensen (da) : Mike
    •    Thomas Bo Larsen : Un toxicomane
    •    Nicolas Winding Refn : Brian