Star Wars le Mandalorien et Grogu
Genre : SF
Pays : USA
Durée : 2h12
Réalisateur : Jon Favreau
Acteurs : Pedro Pascal, Sigourney Weaver, Jeremy Allen White
Din Djarin le Mandalorien et son jeune disciple Gogu sont envoyés par la colonelle Ward, au nom de la nouvelle République, à la poursuite d’un ancien sbire de l'empire moribond. C’est donc au cours d’une réunion mafieuse où l’Al Capone du futur ne manie plus la batte de baseball, mais le flingue laser, qu’ils interviennent. Cette première mission d’exfiltration tourne rapidement au carnage avec une pléiade de monstres en tout genre qui ne vous veut pas que du bien. La suite de leur quête se corse un peu plus avec cette fois, un objectif plus sensible.
Après avoir négocié avec l’oncle et la tante Hutt, les remplaçant de Jabba, le Mandalorien et Grogu se lancent à la recherche de Rotta, leur neveu et héritier du trône, pour obtenir une information cruciale. Ils ignorent que les deux maîtres de la pègre du fin fond de la galaxie n’ont pas forcément de bonnes intentions. Ils retrouvent le pauvre Rotta, gladiateur pour payer sa dette. Je vous laisse découvrir ce qui se passe dans l’arène, après un nouveau carnage au pays des voyous et de la capture d’un des personnages les plus influents pour la résurrection du nouvel Empire. Il est temps de mener la dernière bataille au pays des Hutt…
C’est dans un feu d’artifice digne des meilleures ouvertures de James Bond que s’ouvre la nouvelle franchise Star Wars. Une galerie de monstres aussi cruels les uns que les autres, de l’honneur, de la vengeance, des batailles épiques, de la trahison en veux-tu en voilà ! Ce sont tous les ingrédients du chaudron de cette nouvelle saga sur grand écran, 20 ans après Le réveil de la force en 2015. Il faut dire que les fans piaffent d’impatience. C’est tout ce que l’on aime. Est-ce suffisant pour renouer avec ce qui a fait son succès ? Nous ne sommes pas loin de l’esprit du western et de la rédemption d’un héros à terre qui se relève pour achever le combat.
Nous sommes plus proches de l’aventure que de la force et toute la symbolique s’y rattachant, malgré la présence d’un nouveau Yoda. Comme toujours, une bataille finale d’envergure achève cette histoire. Il manque toutefois le côté philosophique et spirituel qui faisait la force de l’univers Star Wars et son originalité. C’est en 1977 que débarque sur les écrans le premier volet de la saga. Elle embrasse les préoccupations de l’époque et imprègne celle-ci profondément, avec un soupçon de mythe du Graal, de la force proche de la philosophie zen et du Tao, sans compter un soupçon de conte, avec sa princesse à délivrer. Elle continuera à explorer de nombreuses thématiques, notamment celle de la filiation du père au fils et du disciple à son mentor.
En 2019, une nouvelle trilogie tente de nous expliquer la genèse de l’Empire et le soulèvement de la nouvelle République.
Le cœur du récit et ses thématiques se diluent dans l’ombre, mais touchent une nouvelle génération. En 2015, Star Wars, épisode VII : le Réveil de la Force, ouvre la dernière trilogie qui s’achève avec Star Wars, épisode IX : l'Ascension de Skywalker (2019). Depuis, la franchise a choisi de se développer en séries et quelques épisodes indépendants sur grand écran. Ce n’est pas moins de sept séries télévisées en prises de vues réelles et trois d'animation depuis le dernier film. Elles explorent des personnages secondaires comme le Mandalorien en inaugurant la plateforme Disney+. Jon Favreau est à l’origine la création de la série télévisée qui connaît un beau succès.
Elle se déroule un peu après Le Retour du Jedi et vingt-cinq ans avant Le Réveil de la Force. Nous suivons les aventures d'un mercenaire mandalorien au fin fond de la galaxie, loin les territoires de la nouvelle République. Il en découle deux séries parallèles, Le Livre de Boba Fett en 2021 et Ahsoka en 2023. Dans la première saison, le redoutable chasseur de primes, Mando, doit ramener un bébé de 50 ans de l’espèce du Yoda. Le petiot commence à manier la force et dans les deux saisons suivantes, il suivra son mentor, Mando. Après avoir retrouvé son peuple et sa planète, le Mandalorien se met au service de la nouvelle République.
Il n’est pas nécessaire d’avoir vu les trois saisons pour comprendre le film. Depuis son origine, les premiers fans ont bien vieilli, tout comme notre époque, plus préoccupée par un certain individualisme, le retour des forces noires et l’oubli de ce qui nous réunissait à travers leurs choix thématiques. Le cinéma a lui aussi vieilli choisissant aujourd’hui la forme plus que le fond. Pour la forme, il faut saluer la qualité de l’image avec un retour à l’animatronix pour Gogu, des décors réels, rendant l’univers plus crédible.
Star Wars, le Mandalorien et Grogu n’est pas décevant, mais vidé de sa substantifique moelle pour emprunter les chemins de l’aventure. Il coche toutes les cases du genre, avec ses rebondissements, ses scènes d’action, des courses-poursuites en vaisseau, un remarquable bestiaire extraterrestre, des planètes exotiques, et ses thématiques liées au genre, évoquées plus haut. Il s’apparente plus au western avec son chasseur de primes et ses gangs de malfrats.
Il ressemble plus à une bonne série B qui ne révolutionnera pas l’époque. Pourtant, tout est là en gestation, et pointe rapidement la filiation père et fils, maitre à disciple, la force, un clan et ses règles guerrières, les Mandaloriens, etc. Dans un monde plus occupé à survivre, il correspond complétement à son époque. Il nous montre, nous qui avions dans les vingt ans en 1977, que nos rêves se sont perdus dans une galaxie lointaine...
Patrick Van Langhenhoven
Fiche technique
Titre original et français : The Mandalorian and Grogu
Titre québécois : Le Mandalorian et Grogu
Réalisation : Jon Favreau
Scénario : Jon Favreau, Dave Filoni et Noah Kloor, d'après les personnages créés par George Lucas
Musique : Ludwig Göransson
Décors : Doug Chiang et Andrew L. Jones
Costumes : Mary Zophres
Photographie : David Klein
Montage : Rachel Goodlett Katz et Dylan Firshein
Production : Ian Bryce, Jon Favreau, Dave Filoni, Karen Gilchrist et Kathleen Kennedy
Société de production : Lucasfilm
Société de distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Pays de production : États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur - D-Cinema (Cinémascope) (Panavision) - 2,39:1 - son Dolby Atmos | IMAX 6-Track | DTS (DTS: X) | Auro 11.1 | SDDS
Genre : science-fiction, action, aventures, fantastique, space western
Durée : 132 minutes
Dates de sortie :20 mai 2026
Distribution
Pedro Pascal (VF : Dominique Guillo) : Din Djarin / le Mandalorien
Grogu
Sigourney Weaver (VF : Véronique Augereau) : la colonelle Ward
Jeremy Allen White (VF : Melki Izzouzi) : Rotta le Hutt (voix)
Steven Blum (VF : Olivier Cuvellier) : Garazed « Zed » Orrelios
Jonny Coyne (VF : Éric Herson-Macarel) : le seigneur Janu
Martin Scorsese (VF : Michel Mella) : Hugo Durant, un Ardennien (voix)
Matt Willig (en) (VF : Christophe Jeannel) : Hogsbreth
Hemky Madera (en) : un seigneur de guerre impérial