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Genre : Festival Cinéma

L'Actu

33 Festival international du film Fantastique de Gérardmer

Est-ce que la peur nous accompagne depuis toujours ? Depuis le premier cri en sortant du ventre de nos mères. Est-ce la première crainte au monde ou l’émerveillement face à un nouvel univers en quittant la nuit de leurs entrailles ? Nous sommes enfin libres. La peur n’est pas forcément dans les recoins obscurs que repousse la petite lumière sur le berceau. Elle est peut peut-être derrière le faisceau blafard de la lampe perçant la nuit sous le lit. Elle se tapit dans nos cauchemars et dans les peurs que nous glanerons tout au long de nos existences.

Est-ce pour cela que nous avons commencé par jouer à nous faire peur, pour l’apprivoiser, la dompter ? Nous l’aimons et la haïssons pour ces dilemmes quelle plante dans nos cœurs. Alors nous avons sans doute, à travers quelques grognements autour du feu de camp, puis des mots inventés, des récits où elle était reine, appris à la dompter. Elle finissait toujours vaincue ou au pire, repoussée dans son territoire nocturne, le néant. Le cinéma s’en est emparé très tôt, un train jaillit de l’écran puis, plus subtil, des histoires de diable et autres porteurs de peur.

Ce n’était pas suffisant. Nous en avons fait un genre à part entière où d’innocentes jeunes filles subissaient le pire par des monstres imaginaires inspirés par la réalité. Nous avons pris le parti d’en rire, parodie, rire glacé, masques et visages charmeurs. Elle est devenue gore, sanguinolente, sans espoir de nous retrancher dans un espace où elle n’existe pas. Elle connaît son heure de gloire presque chaque semaine sur nos écrans, des salles spéciales tournant en boucle. Elle revient toujours. Il faut bien nous résoudre, accepter qu’elle ne soit jamais vaincue.

 Car tant que nous aurons peur, c’est que nous serons toujours vivants… C’est elle qui nous attend au cœur de la sélection d’un festival qui, depuis plus de 34 ans, ne cesse de la chérir, bouh ! On a bien tenté de l’exorciser, jeune fille hébergeant un démon, voire le prince des ténèbres, sorcières toujours à la mode, mythes et religions la nourrissant de leurs symboles, démons, vampire, loups-garous, banshees et tant d’autres. Elle vous appelle de nouveau quand vient l’hiver à Gérardmer, entre la fin janvier et le début février. Et croyez-moi, elle ne vous lâchera pas.

Patrick Van Langhenhoven