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affiche Mi Amor

Mi Amor

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Genre : Ciné région

L'Actu

Mi Amor
Genre : Thriller
Pays : France  
Durée : 1h53
Réalisateur : Guillaume Nicloux
Acteurs : Pom Klementieff, Benoît Magimel, Freya Mavor


C’est une île volcanique, entre le ciel et l’eau, née de la colère de la Terre. Elle se situe à quelques encablures de l’Afrique, noyée dans l’océan Atlantique. C’est ici que s’envole Romy pour une soirée endiablée, au rythme des remix secrets de sa composition. Chloé, son amie, l’accompagne dans une virée entre filles, pour échapper à un petit ami inquiétant. La soirée est un succès. Elle pulse comme le cœur souterrain de lave de l’île. Au petit matin, comme par enchantement, Chloé a disparu.

Romy se lance à sa recherche, dans une quête qui, peu à peu, relève de l’impossible. Elle trouve un allié en Vincent, le patron de boîte de nuit qui l’a invitée. La musique continue de plus en plus à envahir le paysage, dans cette piste les conduisant au cœur de l’île, entre l’urbanisme aux maisons pour touristes et les paysages aux multiples visages des Canaries. La fête devient une course contre la peur et peut-être la mort. Le paradis devient presque une quête d’Orphée descendant aux enfers. Alors pulse un chant de vie et de mort entre le ciel bleu, la couleur sang de la terre et des crocodiles… Si la route reste une promesse, le but final risque de surprendre Romy et Vincent.



Une fois de plus, pour notre plus grand plaisir, Guillaume Nicloux s’amuse à brouiller les genres et les pistes, dans un voyage déstabilisant, entre musique et dérives sectaires après avoir flirté avec tous les genres, composant une filmographie éclectique, atypique, le plus souvent décalée, hors des frontières. Mi Amor est l’occasion pour ce réalisateur pas si inclassable, car il existe bien (voir notre interview) un lien entre tous ses films.

C’est d’abord une séance psy pour guérir de ce que nous allons découvrir. Ça commence comme une série paradisiaque. Tout est en place, une île, des décors changeant entre petits bonheurs des plages pour touristes, et des paysages mystérieux, le tout dans des couleurs entre rouge, orange et le ciel bleu. Pour l’instant, le spectateur suit la balade de Romy et Chloé renouant avec la joie et l’oubli pesant d’une menace sur le continent pour Chloé. La soirée techno marque un point de passage. Tout à coup, le film bascule et emprunte un autre chemin.

C’est d’abord celui de l’enquête pour retrouver Chloé mystérieusement disparue. Vincent et Romy forment un autre couple et suivent une trace légère avec en toile de fond, agaçante, tonitruante, la musique. Pour certains, elle apparait comme une gêne, bruyante, les potards à fond. Pour nous, elle est le moyen de détourner, comme le magicien, notre attention. Plus nous avançons vers la résolution de cette énigme, plus le film dévie de sa course pour se transformer en quête.

Guillaume Nicloux ne déroge pas à la règle, depuis ses débuts, dans une écriture particulière. Il déconstruit le genre pour nous entrainer encore plus loin. Comme le dit l’adage : « ce qui compte, c’est bien plus la route que le but ». Bien que ce dernier nous révèle une autre part du récit, même s’il apparaît étrange et décalé. Le but, c’est de retrouver Chloé et les raisons de sa disparition. Est-ce que le paradis, la plage, la fête, et les matins calmes pour réparer la nuit ne sont qu’illusion ? Est-ce que derrière l’affiche paradisiaque ne se cache pas l’enfer ? Au vu des épreuves qui les attendent, la question se pose.


 Cette route plonge Vincent et Romy dans les profondeurs les plus insondables, celles de leurs âmes. Pour résoudre cette énigme, qui est un peu la leur, ils devront répondre à une question universelle. Elle est simple comme un lever de soleil sur cette île aux paysages changeant du tout au tout : « qui suis-je ? » C’est une quête identitaire qui peu à peu se dévoile. Est-ce qu’Orphée en descendant aux enfers n’est pas autant en quête de lui-même que de son Eurydice ?

C’est comme si la vie et ses épreuves se retrouvaient condensées sur cette île et cette recherche d’une disparue. La route est un moyen pour Romy et Vincent, deux âmes brisées, traumatisées, bancales, de renouer avec la vie, comme souvent chez le réalisateur. Le paysage se transforme, prend de plus en plus des couleurs différentes et un aspect surnaturel. Il est un personnage principal, au même titre que le duo Pom Klementieff et Benoît Magimel, que Guillaume Nicloux emmène plus loin dans un jeu sans frontières. Une fois de plus, les codes volent en éclats pour un conte moderne qui nous déstabilise et nous interroge à sa manière.

Patrick Van Langhenhoven






Fiche technique

         Titre original : Mi Amor
    •    Réalisation : Guillaume Nicloux
    •    Scénario : Guillaume Nicloux
    •    Musique : Irène Drésel et Sizo Del Givry
    •    Photographie : Romain Fisson-Edeline
    •    Son : Olivier Dô Hùu, Thomas Desjonqueres et Julien Gerber
    •    Montage : Guy Lecorne
    •    Décors : Olivier Radot
    •    Costumes : Anaïs Romand
    •    Production : François Kraus et Denis Pineau-Valencienne
    ◦    Production associée : Jean Labadie et Alice Labadie
    ◦    Production exécutive : Sylvain Monod
    •    Sociétés de production : Les Films du Kiosque et Le Pacte
    •    Sociétés de distribution : Le Pacte
    •    Pays de production :  France
    •    Langue originale : français
    •    Format : couleur
    •    Genre : Thriller
    •    Durée : 113 minutes
    •    Dates de sortie : 6 mai 2026

Distribution

    •    Pom Klementieff : Romy
    •    Benoît Magimel : Vincent
    •    Freya Mavor : Chloé
    •    Àstrid Bergès-Frisbey : Lina
    •    Anaël Snoek
    •    Elina Löwensohn