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LES SORTIES DU 16 SEPTEMBRE 2026

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Genre : Ciné région

L'Actu

LES SORTIES DU 16 SEPTEMBRE 2026

LES COUPS DE CŒUR

SHAM (Japon) - 2025

(2h09) de Takashi Miike

avec Gô Ayano, Kô Shibasaki, Kazuya Kamenashi, Kaoru Kobayashi

Seiichi Yabushita (Gô Ayano), instituteur respecté, marié et bon père de famille, est accusé par une mère (Kô Shibasaki) d’avoir harcelé, humilié et porté des coups à l’encontre de son fils. On assiste aux versions controversées de l’instituteur et de la mère, qui témoignent au cours du procès. Qui dit la vérité ?

Inspiré d’un fait divers qui a mobilisé l’opinion japonaise au début des années 2000, Takashi Miike (Ichi The killer, 13 assassins) revisite les codes du film procès. Pour cela, il s’est inspiré du livre « Fabrication : La vérité sur l’affaire du professeur meurtrier de Fukuoka » (publié en 2007) écrit par la journaliste Masumi Fukuda quelques années après un débat retentissant.

Utilisant l’effet « Rashômon » (les différents points de vue des personnages sont exposés les uns après les autres), Miike débute avec le témoignage à la barre de Madame Ritsuko Himuro, qui explique comment l’instituteur a traité son fils de « sang impur », à cause du sang américain de son grand-père qui coule dans ses veines, comment il le stigmatise en classe… Incroyable performance de l’acteur Gô Ayano, qui joue le personnage de l’instituteur, étant montré tour à tour comme le bourreau sadique de l’élève ou comme l’enseignant discret et professionnel, irréprochable, qu’il prétend être. Qui croire ? L’opinion publique ainsi que la presse le condamnent déjà, le traînent dans la boue. Il faut préciser qu’au Japon, il faut toujours s’excuser, ne pas faire de vagues, tel est le conseil du principal de l’école. Dans les deux versions, la mère, Kô Shibasaki, excelle également dans la  posture d’une femme froide, calculatrice et finalement très inquiétante.

Tout le récit de Miike repose sur un redoutable thriller psychologique dans lequel soit la plaignante soit l’accusé pourraient être le manipulateur, l’un ment, l’autre pas. Reste au milieu un pauvre élève, meurtri autant physiquement que moralement et qui est aussi la victime de l’histoire.

Présenté en Sélection Officielle Hors Compétition au Festival Reims Polar 2026

Prix Cannes Écrans Juniors, décerné par un jury de collégiens, lors du Festival de Cannes 2026

A VOIR CETTE SEMAINE

LES CONTREBANDIERS (USA/Allemagne) - 2026

(The weight) (1h52) de Padraic McKinley (1er long métrage)

avec Ethan Hawke, Russell Crowe, Julia Jones, Austin Amelio, Avi Nash, Sam Hazeldine, Luca Lynggard, Avy Berry

1933, la Grande Dépression (faisant suite à la Crise de 1929) fait des ravages en Oregon et partout aux Etats-Unis. C’est dans ce contexte précaire que Samuel Murphy (Ethan Hawke, force de la nature à la Jean Valjean), jeune veuf, élève Penny (Avy Berry) sa fille adorée. Sa logeuse les expulse, il est arrêté et condamné aux travaux forcés dans un camp de travail. Il ne pense qu’à une chose, faire son temps et retrouver Penny. Pour raccourcir sa peine, un surveillant (Russell Crowe, à la fois compréhensif et terriblement inquiétant) lui propose un coup.

Après avoir occupé les fonctions de chef monteur, producteur et réalisateur de séries, Padraic McKinley, a posé sa caméra en Bavière pour son premier long métrage. Partant d’un drame social, il nous entraîne dans la concrétisation d’un vol d’or pour finir dans un « survival » dans les forêts de l’Oregon. Il utilise les codes du genre, où chaque scène est plus ou moins attendue – le passage d’un pont branlant, des rôdeurs inquiétants qui les suivent, les trahisons… Malgré tout, on est séduit par le charisme d’Ethan Hawke, en père déterminé et stratège, qui emporte le morceau.

L’INVITATION (USA) - 2026

(1h47) de et avec Olivia Wilde

avec Seth Rogen, Penélope Cruz, Edward Norton

Angela (Olivia Wilde) et Joe (Seth Rogen) ont invité leurs nouveaux voisins (Penélope Cruz et Edward Norton) à dîner, ou peut-être qu’Angela a oublié de prévenir son mari qu’elle les avait invités. Point de départ d’une énième querelle dans ce couple qui bat de l’aile. Leur soirée commence mal, d’autant qu’ils ont un message à leur faire passer, leur faire comprendre qu’on entend tout de leurs ébats amoureux. De confidences en conseils intimes, le dîner prend une bien autre tournure.

A l’origine, il y a la pièce de théâtre du scénariste et réalisateur espagnol Gesc Gay, « Les voisins d’en haut » (« Los vecinos de arriba »). Quatre ans plus tard, fort du succès de ladite pièce, il en fait une adaptation pour le cinéma sous le titre « Sentimental », sorti en 2021, avec Javier Camara et Griselda Siciliani. L’histoire connaît un tel succès que des remakes se succèdent, ou faudrait-il ici parler de  « nouvelle adaptation ». Une version italienne tout d’abord, suivie d’une suisse, russe, tchèque, sud-coréenne (sans sortie en France) et bien sûr d’une version française « Et plus si affinités » d’Olivier Ducray, en 2024. Sans compter une version belgo-néerlandaise et une portugaise à venir.

Dans l’adaptation américaine, on retrouve Olivia Wilde (loin, très loin de son rôle dans « I want your sex » de Gregg Araki) devant et derrière la caméra. On a quitté l’Espagne pour un immeuble situé à San Francisco. La réalisatrice conserve le côté très théâtral pour sa mise en scène et profite largement de l’espace qu’offre cet appartement fabuleux, en n’omettant pas les coins et recoins et les fenêtres propices au voyeurisme. Moins convaincante que son modèle ibérique, cette histoire libertine assez sage permet aux quatre acteurs d’offrir une palette de jeu allant du burlesque à l’hystérie et fait tomber les masques.

MA FAMILLE DE SAMOURAIS (Japon/Brésil) - 2025

(Eu e Meu Avô Nihonjin) (2h04) de Celia Catunda

Animation, avec les voix de Justine Hostekint, Laurent Pasquier, Angélique Heller, Anny Vogel, Madison Vossius, Emilie Charbonnier – à partir de huit ans

Noboru, jeune garçon d’origine japonaise, est élève dans une école de Sao Paulo, dans les années 80. Il a deux super amis, une fillette blanche et un camarade de couleur. La classe doit préparer un exposé sur leur famille. A contre cœur, il se renseigne auprès de son grand-père Hideo, assez rétif lui-même à l’idée de se remémorer son arrivée au Brésil. Contre toute attente, un lien particulier va se nouer entre l’aïeul immigré de la première génération (arrivée en 1920) et cet enfant né au Brésil.

C’est à une réalisatrice brésilienne, Celia Catunda, dont c’est le premier film, que l’on doit l’adaptation du roman « Nihonjin » (publié en 2011) d’Oscar Nakasato, lui-même descendant d’immigrants japonais. Elle propose une lecture à hauteur d’enfant, de cet épisode d’immigration nippone assez méconnu (l’immigration japonaise vers l’Amérique du Sud a débuté dès 1908). Composée de flash-back, l’histoire suit le parcours d’Hideo, depuis la traversée en cargo de deux mois jusqu’au Brésil, où il va travailler dans une plantation de caféiers. La vie rude, l’hostilité des habitants envers des « étrangers », son remariage et l’omerta sur un troisième enfant. Ce film au joli graphisme (inspiré de l’œuvre du peintre nippo-brésilien Oscar Oiwa) est une belle proposition de devoir de mémoriel, au-delà de la mémoire familiale.

Présenté en Sélection Officielle, au Festival d’Annecy 2025

ET AUSSI

CHIEN BLEU et autres belles histoires de l’école des loisirs (France) - 2026

(0h33) de Dominique Pochat, Jean-Christophe Ribot et Benoît Laborde

Cinq histoires animées, d’après les succès littéraires de l’École des Loisirs

LE CYGNE ET L’ENFANT (France) - 2026

(0h39) de Miyoung Baek (Sud-Coréenne)

Trois courts métrages d’animation, très peu dialogué.

HISTOIRES DE LA NUIT (Belgique/France) - 2026

(1h54) de Léa Mysius

avec Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon, Monica Bellucci, Tawba El Gharchi, Paul Hamy, Alana Delhaye, Servane Ducorps, Tatia Tsuladze

D’après le roman éponyme de Laurent Mauvinier, paru aux Éditions de Minuit.

Présenté en Sélection Officielle en compétition, au Festival de Cannes 2026

RESIDENT EVIL (USA) - 2026

(1h37) de Zach Cregger

avec Austin Abrams, Paul Walter Hauser, Zach Cherry, Kali Reis, Johnno Wilson, Devon Stewart

SI TU PENSES BIEN (Belgique/France) - 2026

(1h34) de Géraldine Nakache

avec Monia Chokri, Niels Schneider, Clémentine Célarié, Rudgy Pajany, Christian Benedetti, Mina Kavani, Ousssama Kheddam, Sébastien Pouderoux

Présenté dans la section Cannes Première, au Festival de Cannes 2026

DOCUMENTAIRES

LA LIGNE BLEUE (Allemagne/France) - 2025

(2h04) de Marie Dumora

Documentaire

MAQUISARDS (France) - 2026

(1h30) de Christian Philibert

Documentaire

LA VIE EN RELIEF (France) - 2026

(1h28) de Denis Gaubert

Documentaire avec les voix de Luana Bajrami, Hervé Pierre, Milo Machado-Graner + le court métrage « Stereodrome »

Véronique REGOUDY-BAZAIA