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LES SORTIES DU 14 JANVIER 2026

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Genre : Ciné région

L'Actu

LES SORTIES DU 14 JANVIER 2026

LES COUPS DE CŒUR

L’AFFAIRE BOJARSKI (France) - 2025

(2h08) de Jean-Paul Salomé

avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon, Pierre Lottin, Quentin Dolmaire, Victor Poirier, Olivier Loustau, Lolita Chammah, Camille Japy, Arthur Teboul

Après deux films consécutifs avec Isabelle Huppert, Jean-Paul Salomé revient sur la vie d’un des plus grands faux-monnayeurs de tous les temps, cependant plus proche de l’artiste que de l’escroc. L’histoire est vraie donc, et méritait bien que l’on s’y intéressât. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ceslaw Bojarski, dit Jan Bojarski (Reda Kateb), jeune ingénieur prometteur, quitte sa Pologne natale pour se réfugier en France. En 1943, à Lyon, Bojarski fabrique des faux-papiers, c’est l’époque qui veut cela. Repéré pour son talent d’imitation parfaite, il se laisse embarquer par un gangster qui souhaite fabriquer des faux billets. De son côté, le faussaire, malgré lui, cherche en vain à obtenir des vrais papiers français – comble de l’ironie -, afin de faire breveter ses inventions (stylo à bille jetable, capsule de café à usage unique...)

La reconstitution historique parfaite, nous plonge dans la France des années d’après-guerre, poursuites en Citroën Traction Avant, la radio passe Tiens, Tiens, Tiens le succès de Ray Ventura et ses Collégiens, les petits pavillons de banlieue fleurissent et les familles s’équipent en électro-ménager moderne. Côté enquête, les flics piétinent, mais comme chez Melville, les inspecteurs se nomment Mattei (nom du personnage interprété par Bourvil dans Le cercle rouge). Le jeu du chat et la souris peut commencer. Car notre homme, insaisissable, est malin, il a ses propres règles, travailler seul (un peu comme Le Samouraï, oui encore Melville), écouler très peu de billets à la fois. La Banque de France contre-attaque, les billets seront infalsifiables ! C’est sans compter sur notre surdoué, ce n’est pas pour rien qu’il est surnommé Cézanne ! Pour le rôle, Jean-Paul Salomé dirige un Reda Kateb, sobre, calme, élégant, l’homme n’est ni un héros ni un délinquant, c’est un artiste !

Si vous aimez Le cave se rebiffe (1961) de Gilles Grangier et Le jardinier d’Argenteuil (1966) de Jean-Paul Le Chanois

ABEL (Kazakhstan) - 2024

(1h56) d’Elzat Eskendir

avec Yerlan Toleutay, Nurzhan Beksultanova, Alikhan Lepesbaev, Ulan Nusipali

En 1993, le Kazakhstan subit les contre-coups de l’ère post-soviétique. Les fermes collectives sont démantelées et les propriétés vont être privatisées, les dirigeants locaux profitent largement de cette situation. Abel, éleveur vieillissant, voudrait simplement récupérer ce qui lui revient, c’est-à-dire le fruit de son travail.

Le film commence par un long plan séquence incroyable, on suit tout d’abord un éleveur à qui on a fourgué des moutons sans dents, un autre vient pour les chevaux, puis Abel (Yerlan Toleutay) apparaît à l’écran, chapka en peau de mouton sur la tête. Il a vendu 380 moutons et doit s’expliquer auprès des autorités locales de ce qu’il a fait des six moutons manquants. Tout le monde trinque dans un chaos total. Le paysage est à l’image de la pauvreté des éleveurs, sec et aride. Abel doit gérer toutes les situations - son fils a des dettes, il lui quémande un mouton -, et savoir lutter contre une corruption qui gangrène le pays. Pour son premier film de fiction, Elzat Eskendir - né en 1987 dans le sud du Kazakhstan –, a mis la barre très haut, tant son propos est percutant et en dit long sur cette époque, assez méconnue par chez nous, et servi par une mise en scène parfaite au plus près du quotidien des bergers. On y verra des billets de banque qui sèchent sur la corde à linge. On est si riche ? Demandera Abel. Non, mais tu ne vides jamais tes poches, répond sa femme.

Grand Prix du Jury, Prix du Jury de la Critique et Prix du Jury Netpac au Festival international des cinémas d’Asie de Vesoul 2025

A VOIR CETTE SEMAINE

LES COURAGEUX (CH) - 2024

(1h20) de Jasmin Gordon

avec Ophélia Kolb, Jasmine Kalisz Saurer, Paul Besnier, Arthur Devaux, Michel Voïta, Roger Bonjour, Claudia Grob, Sabine Timoteo

Jule (Ophélia Kolb), maman quelque peu hors norme, élève seule ses trois enfants, nés probablement de trois pères différents. Parfois, elle les laisse seuls, ils sont débrouillards. Un jour, elle leur annonce qu’il n’y aura pas d’école et ils partent visiter une maison dont elle a les clés. Une nouvelle vie s’annonce-t-elle ?

Pour son premier film, Jasmin Gordon dresse le portrait d’une jeune femme que la vie n’a pas épargnée, elle est en retard dans le règlement de son loyer et surtout elle paie encore ses erreurs passées, mais elle est mue d’une volonté à nulle autre pareille pour relever la tête. Un cinéma qui louche du côté de Loach ou de ses cousins belges, les Dardenne. Ophélia Kolb, au physique qu’on penserait fragile, apporte un petit grain de folie contagieux dans une société déshumanisée, emportant dans son sillage ses trois enfants - Jasmine Kalisz Saurer, Paul Besnier et Arthur Devaux - également parfaits.

ELEONORA DUSE (Italie/France) - 2025

(Duse) (2h03) de Pietro Marcello

avec Valeria Bruni Tedeschi, Noémie Merlant, Fanni Wrochna, Fausto Russo Alesi, Edoardo Sorgente, Vincenzo Nemolato, Vincenzo Pirrotta, Noémie Lvovsky

 

Le film démarre à la fin de la Première Guerre mondiale, la Duse (Valeria Bruni Tedeschi) monte sur une scène improvisée en pleine campagne en haut d’une colline. Les soldats italiens l’acclament. L’avion de Gabriel d’Annunzio, l’écrivain, poète, journaliste, homme politique et amant de la comédienne, survole l’évènement.

Pas vraiment un biopic, l’histoire s’attarde plus sur la fin de carrière de la diva, sur sa volonté de remonter sur scène après dix ans d’absence, alors qu’en toile de fond la montée du fascisme menace la liberté. Valeria Bruni Tedeschi donne à Eleonora Duse la fantaisie qu’il convient, avec ses failles, ses relations conflictuelles avec sa fille (Noémie Merlant), ses dettes accumulées et ses petits arrangements avec Mussolini, lui-même ! On ne parlait pas encore de star à l’époque, pourtant s’en fut une, tout comme sa rivale, mais néanmoins amie Sarah Bernardt (Noémie Lvovsky – déjà au générique du précédent film de Pietro Marcello, L’envol en 2022).

Si vous aimez Sarah Bernardt, La Divine (2024) de Guillaume Nicloux

Ludmilla Pitoëff jouera le rôle de la Duse dans Le comédien (1948) de Sacha Guitry, dans lequel elle vient admirer Lucien Guitry au théâtre.

FURCY, NE LIBRE (France) - 2025

(1h48) d’Abd Al Malik

avec Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot, Vincent Macaigne, Liya Kebede, Frédéric Pierrot, André Marcon, Micha Lescot

C’est l’histoire vraie de l’esclave Furcy Madeleine - racontée dans l’ouvrage L’affaire de l’esclave Furcy (Gallimard, 2010 et prix Renaudot) de Mohammed Aïssaoui -, dont s’inspire le rappeur Abd Al Malik pour son deuxième long métrage.

En 1817, sur l’Ile Bourbon (actuelle Ile de la Réunion), Furcy (Makita Samba, vu dans Les Olympiades de Jacques Audiard), découvre à la mort de sa mère Madeleine, que celle-ci avait été affranchie par la veuve Routier en 1789. Commence alors des années de procédure pour qu’on lui reconnaisse enfin la condition d’homme libre. Furcy porte l’affaire au tribunal sous le motif qu’un enfant né d’une mère affranchie est automatiquement libre. Évidemment, les propriétaires de plantations ne voient pas cela d’un bon œil - alors que l’esclavage a été rétabli par le Premier Empire -, un esclave affranchi c’est de la main d’œuvre en moins. Et ils ne veulent surtout pas de précédent.

Le film retrace les quelque vingt-sept années de combat, de démarches interminables, d’humiliation, pendant lesquelles Furcy pourra compter sur le soutien indéfectible de Louis Gilbert-Boucher (impeccable Romain Duris), alors procureur général de la cour royale de Bourbon, avant d’être gentiment envoyé en Corse, puis à Poitiers. L’excellent Vincent Macaigne, dans un contre-emploi, endosse le rôle de Joseph Lory, propriétaire de Furcy. Il y révèle sa capacité à incarner un homme odieux et arrogant, sans jamais montrer le moindre signe d’emportement. 

Si vous aimez Ni chaînes ni maîtres (2024) de Simon Moutaïrou

JUSQU’A L’AUBE (Japon) - 2024

(Yoake no subete) (1h59) de Sho Miyake

avec Mone Kamishiraishi, Hokuto Matsumura, Kiyohiko Shibukawa, Sawako Fujima, Haruka Imō, Ken Mitsuishi, Ryō

Misa (Mone Kamishiraishi) souffre des symptômes du syndrome prémenstruel, ce qui la rend très agressive. Filmée en train de faire une scène au bureau, elle est contrainte de démissionner, abandonnant ainsi toute possibilité d’une carrière prometteuse. Cinq ans plus tard, elle a quitté Tokyo et a intégré une petite entreprise spécialisée en matériel scientifique. Elle y fait la connaissance de Takatoshi (Hokuto Matsumura), qui lui, souffre de crises de panique. Le jeune homme est suivi par un psychiatre qui lui donne des exercices, comme prendre le train…

Sho Miyake, qui adapte ici le roman éponyme de Seo Maiko, brosse le portrait de deux personnalités inadaptées à une société japonaise bien réglée. Ces deux-là étaient fait pour se rencontrer. Par des petites touches très subtiles et sensibles, le film passe du chaos d’une vie handicapante à une entraide mutuelle, chacun aidant l’autre à gérer le stress. Comme si leur mal-être pouvait s’adoucir au contact l’un de l’autre. Loin de basculer dans une romance amoureuse, le scénario tisse les liens d’une amitié platonique que la présence des astres brillants dans la nuit rapproche jusqu’à l’aube.

Si vous aimez Différente (2025) de Lola Doillon.

PALESTINE 36 (Palestine/UK/France/Danemark/Norvège/Qatar/Arabie Saoudite/Jordanie) - 2025

(1h59) d’Annemarie Jacir

avec Saleh Bakri, Karim Daoud Anaya, Hiam Abbass, Kamel El Basha, Yasmine Al Massri, Jeremy Irons, Liam Cunningham, Jalal Altawil, Robert Aramayo

1936, la Palestine est toujours sous mandat britannique. Les tensions s’exacerbent, les ouvriers du port pensent qu’ils sont remplacés par des ouvriers juifs, et même qu’ils sont plus payés qu’eux. Il n’en faut pas plus pour déclencher une grève générale qui va s’étendre à tout le territoire, avec l’espoir de fonder un État indépendant et sortir du joug des Britanniques.

La Grande Révolte arabe (1936-1939) sert de toile de fond au récit de la réalisatrice palestinienne, Annemarie Jacir. Elle s’attarde sur plusieurs histoires individuelles fictionnées, tel le parcours du jeune Yusuf (Karim Daoud Anaya), chauffeur à Jérusalem, celui de Khalid (Saleh Bakri), ouvrier sur le port, qui va devenir le chef des rebelles ou encore celui de Khuloud Atef (Yasmine Al Massri), femme journaliste qui signe d’un pseudonyme masculin ses articles, emportés qu’ils sont dans le courant d’un chaos politique inévitable avec ses promesses, ses trahisons, ses exécutions et son ironie « la moitié d’un pain vaut mieux que rien » assurera Lord William Pell. Émaillé d’images d’archives colorisées, le film relate la lamentable gestion (particulièrement violente) des terres par le gouvernement colonialiste britannique et la lutte armée (ou pas) des Palestiniens pour la conservation de leur territoire. Comme un écho à la situation politique actuelle.

Le film est dédié au peuple de Gaza.

Saleh Bakri tourne pour la quatrième fois avec Annemarie Jacir, après avoir joué dans son tout premier long métrage Le sel de la mer. Il sera bientôt à l’affiche de Ce qu’il reste de nous de Cherien Dabis.

28 ANS PLUS TARD : Le temple des morts (USA/UK) - 2026

(28 years later : The bone temple) (1h49) de Nia DaCosta

avec Ralph Fiennes, Jack O’Connell, Alfie Williams, Erin Kellyman, Chi Lewis-Parry

 

Quelques mois après la sortie de 28 ans plus tard (2025) de Danny Boyle, c’est au tour de Nia DaCosta (réalisatrice de Candyman) de s’atteler à ce nouveau volet de la saga, qui a débuté avec 28 jours plus tard en 2003, suivi de 28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo, en 2007.

On y retrouve donc le Dr. Kelson (Ralph Fiennes, habité par le rôle) à la recherche d’un traitement contre le virus de la fureur, dans son palais d’ossements, alors que dehors, ce sont les rescapés qui se montrent les plus terrifiants par leur méthode barbare.

ET AUSSI

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : dive in Wonderland (Japon) - 2025

(Fushigi no Kuni de Alice to : Dive in Wonderland) (1h35) de Toshiya Shinohara

Animation fantaisie

FORET ROUGE (France) - 2025

(1h44) de Laurie Lassalle

Documentaire

GREENLAND MIGRATION (USA/UK) - 2026

(Greenland 2 : Migration) (1h39) de Ric Roman Waugh

avec Gerard Butler, Morena Baccarin, William Abadie, Roman Griffin Davis, Tommie Earl Jenkins, Trond Fausa, Amber Rose Revah, William Abadie

LAGUNA (France/Lituanie) - 2025

(1h42) de et avec Sharunas Bartas

avec Ina Marija Bartaité, Una Maria Bartaite, Bryan Ordonez Ruiz

MAXIMILIEN (Mexique) - 2023

(1h56) de Donovan Cook

Animation avec les voix d’Asley Greene Khoury, David Henrie, Hector Elizondo, Weronika Rosati, Piotr Adamczyk

SANS PITIE (France/Belgique) - 2025

(1h35) de Jules Hosmalin (1er long métrage)

avec Adam Bessa, Tewfik Jallab, Jonathan Turnbull, Laura Sépul, Bérangère McNeese, Wim Willaert

Véronique REGOUDY-BAZAIA