La Maison des femmes
Genre : Drame
Pays : France
Durée : 1h50
Réalisateur : Mélisa Godet
Acteurs : Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara
C’est une maison adossée à un hôpital en Ile de France. On y vient à pied ceux qui vivent là soignent les corps et les âmes des femmes. C’est ici que ces corps meurtris, blessés par la violence des hommes et de la société trouvent un refuge pour soigner leurs peines. Elles trouveront l’écoute, les soins indispensables et la solidarité nécessaire à la reconstruction d’un long chemin de douleur. C’est ici que Diane, Manon, Inès et Awa trouvent chaque jour l’énergie nécessaire pour qu’il redevienne celui de l’espérance pour de nombreuses femmes.
Malgré leur fragilité, elles ne cessent de se battre pour accompagner chaque cas dans un chemin vers la lumière qui vacille au bout de ce tunnel parsemé d’obstacles à franchir. Elles se battent aussi pour trouver les moyens nécessaires à l’existence de ce projet devenu indispensable à la société. C’est leur histoire et celle de leurs patientes qui défile sur l’écran, portée par bien plus qu’une simple fiction. C’est celle de la vérité d’une société qui longtemps a fermé les yeux.
Ce film choral donne la parole à ce lieu emblématique à but non-lucratif créé en 2016 en Ile de France. Dans cette maison adossée à un hôpital, on y vient pour soigner les cœurs meurtris des victimes de violences conjugales, de viols, de mutilations sexuelles, de grossesses non désirées. Dans cette fiction aux allures de documentaire,
on suit le parcours de plusieurs femmes et de l’équipe des soignants. Pour les premières, c’est la difficulté de mettre des mots sur les maux du corps, le temps de la parole et de l’écoute s’avère essentiel. Pour l’équipe, c’est le combat de chaque jour avec souvent des moyens limités, à l’heure où la cause des femmes devient de plus en plus importante pour la société. Le film, dans l’esprit du docufiction, dresse à travers les différents cas et l’équipe d’inspecteurs venus évaluer la nécessité de maintenir ce lieu financièrement sur la corde raide, un portrait assez juste de la situation actuelle.
Il reste encore beaucoup à faire dans cette lutte qui a bien progressé depuis les années soixante. La maison des femmes évite les écueils d’un sujet délicat, dans une mise en scène épurée aux dialogues ciselés. Mélisa Godet nous entraîne dans un monde fragile avec ses douleurs et ses joies, avec une caméra au plus près de ses personnages, sans jamais les trahir.
À l’image des films engagés, pointant de plus en plus les discordances entre le discours politique et la réalité. Elle choisit de suggérer plus que de montrer les violences faites aux femmes. Elle s’appuie sur des comédiennes remarquables dans un chant, une symphonie de l’âme portée par toutes. Elles incarnent des personnages nuancés, entre la fragilité de la vie et leur combat. Karin Viard, dans le rôle de Diane, gynécologue-obstétricienne, répare les chairs blessées, les organes salis.
Laëtitia Dosch et Eye Haïdara sont celles qui écoutent et les guident dans ce parcours de résilience. Oulaya Amamra, jeune interne, représente le regard innocent qui nous permet de découvrir les lieux. Chacune dévoile un aspect de ces soignants et victimes, donnant à découvrir la face masquée du couple et la difficulté de ces femmes à s’intégrer dans une société qui, souvent, ne les voit pas.
Pierre Deladonchamps, en psychologue plein de douceur à l’écoute, et Jean-Charles Clichet, face aux tâches ingrates de l’administration, complètent l’équipe. Au début, nous sommes souvent dans des lieux fermés, à l’intérieur de la maison comme une métaphore de l’emprisonnement des femmes puis nous nous déplaçons sur la fin, à l’extérieur, pour une dernière séquence pleine d’espoir. Ce film indispensable est notre coup de cœur de la semaine.
Patrick Van Langhenhoven
Fiche technique
Titre original : La Maison des femmes
Réalisation : Mélisa Godet
Scénario : Mélisa Godet et Catherine Paillé
Musique : Audrey Ismaël
Photographie : Fabien Faure
Son : Rémi Chanaud, Pierre Bariaud, Jean Laborde, Charlotte Butrak et Niels Barletta
Montage : Loic Lallemand
Décorateur : Julia Lemaire
Costumes : Marité Coutard
Production : Emma Javaux
Sociétés de production : Une Fille Productions, France 2, Canal+ et Zinc Film
Sociétés de distribution : Pathé Films
Pays de production : France
Langue originale : français
Format : couleur
Genre : Drame
Durée : 110 minutes
Dates de sortie : 4 mars 2026
Distribution
Karin Viard : Diane
Lætitia Dosch : Manon
Eye Haïdara : Awa
Oulaya Amamra : Inès
Pierre Deladonchamps : Alexadre
Juliette Armanet : Lucie
Jean-Charles Clichet : Gilles
Laurent Stocker : l'inspecteur
Aure Atika