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affiche Furcy Né Libre

Furcy Né Libre

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Genre : Ciné région

L'Actu

Furcy Né Libre
Genre : Histoire
Pays : France  
Durée : 1h48
Réalisateur : Abd al Malik                                                                                                                         
Acteurs : Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot


« Art.1er Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.



A la mort de Madeleine, sa mère, Furcy découvre un acte d’affranchissement faisant de lui un homme libre. Il se lance dans une bataille juridique pour prouver qu’il n’est point un esclave mais un citoyen comme les autres. Il décide de faire valoir son bon droit en réclamant son statut d’homme libre. Il trouve un allié de choix en la personne du procureur Boucher, abolitionniste convaincu.
Lory, son maître, aidé des bourgeois de l’île Bourbon, réussit à maintenir Furcy dans sa condition d’esclave. Boucher part en métropole pour défendre la cause auprès du roi. Furcy est vendu au cousin de Joseph Lory à l'île Maurice, moins conciliante. Il devient confiseur pour éponger les dettes de ses maîtres. Il découvre que n’étant pas déclaré comme esclave, il est un homme libre sur l’île et prépare son procès qui aura lieu en métropole. Est-ce que les enfants de la Révolution reconnaîtront qu’il est né libre et donc égal en droit ? 


Film de procès, de liberté, engagé, Furcy né libre est tout cela à la fois, et bien plus. Abd al Malik aura mis dix ans avant de se décider à se lancer dans l’aventure. Lorsqu’il découvre le texte de Mohammed Aïssaoui, L'Affaire de l'esclave Furcy, il ne se sent pas prêt. C’est le scénario d’Étienne Comar et quelques films sur l’abolition qui le décident. C’est à la fois un film sur la parole, dans une mise en scène en abyme d’un chant des libertés porté par la Révolution.

Napoléon rétablit l’esclavage sous la contrainte des colons qui perdaient une main d’œuvre à bon marché. Ce qui intéresse le réalisateur, au-delà de la joute verbale pendant les procès, c’est nous rappeler le sens des engagements d’une nation. Cette question résonne encore plus profondément avec notre époque. Il choisit d’abord de faire un film de cinéma sur l’abolition en trois parties, la première à l’île Bourbon devenue l’île de la Réunion, les années d’esclavage et de lutte pour faire reconnaître son bon droit. Entre l’intime et les paysages bucoliques, il place la parole pour dire les maux d’une condition inacceptable. Il montre deux camps, celui des abolitionnistes avec Boucher et celui des maîtres avec Joseph Lory.

Dans cette première partie, les colons marquent leur pouvoir dans un monde qui change en métropole. Dans la seconde partie, c’est la condition d’esclave dans les plans de canne à sucre, au plus près de la vérité, qui nous est donnée à voir. Enfin le finale revient à la parole dans une mise en scène où la lumière et l’ombre s’affrontent, portées par la parole des avocats, de la Loi. Abd al Malik ne se laisse pas enfermer dans un huis clos sans âme, mais choisit la bataille des mots pour soigner et libérer les maux.

Alors que le roman sort de l’ombre la figure d’un personnage, le film s’en empare pour un discours plus universel, rejoignant en cela l’article premier des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Connaissant Abd al Malik, on n'est pas étonné de trouver une certaine symbolique, poésie, musicalité de la parole, mais aussi des images. Comme il nous le disait dans une interview : « Il y a beaucoup d’acteurs qui viennent du théâtre. »  Il nous dit aussi « Furcy aurait pu prendre le chemin de la violence, mais il choisit de prendre les armes du colon, pour montrer qu’il est civilisé, et que le rapport est basé sur la justice, et le droit. »  Furcy nous dit : « Je suis un homme libre et je veux faire valoir mes droits. »

Cette affaire, ce combat qui dure 27 ans est important car il devient une jurisprudence qui amène à l’abolition de l’esclavage. Furcy n’est pas un film politique, mais humaniste qui soigne les maux par les mots. C’est un film de cinéma pour le réalisateur : « Je ne suis pas un historien, ce n’est pas un film documentaire. Mon idée dès le départ avant toute chose, c’était l’importance de la fiction, et l’importance de la fiction au cinéma. Je vais vous donner un exemple, pour moi la violence, c’est un sujet.

 Un sujet important parce qu'on est dans des sociétés, une époque où il y a de la violence partout et pour rien, la violence gratuite à tous les étages. Moi ce qui m’intéresse, vous me posez des questions, on est là, on dialogue. Vous n’êtes pas en train d’écouter quelqu’un qui fait un discours. Pour moi, c’est la même chose quand un cinéaste fait un film. Je veux dire qu’imposer des images, ce n'est pas ça. Moi, mon idée, c’est de poser quelque chose et de laisser la place à l’esprit critique, à l’imagination du spectateur. »
Patrick van Langhenhoven       



Fiche technique

    Titre original : Furcy, né libre
    Titre de travail : L'Affaire de l'esclave Furcy
    Réalisation : Abd al Malik
    Scénario : Étienne Comar, d'après L'Affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui
    Musique : Bilal Al Aswad
    Décors : Stanislas Reydellet
    Costumes : Marie-Laure Lasson
    Photographie : Guillaume Deffontaines
    Son : Thomas Lascar
    Montage : Monica Coleman
    Production : Étienne Comar, Éric Jehelmann et Philippe Rousselet
    Production exécutive : Luc Bricault
    Production associée : Abd Al Malik et Fabrice Gianfermi
    Sociétés de production : Arches Films et Jerico Films, en coproduction avec France 3 Cinéma et ProdLab
    Société de distribution : Memento Distribution
    Pays de production : Drapeau de la France France
    Langue originale : français
    Format : couleur
    Genre : biographie, drame historique, film de procès
    Durée : 108 minutes
    Dates de sortie : Festival du film de sarlat  2025 14 janvier 2026

Distribution
    Makita Samba : Furcy Madeleine
    Romain Duris : le procureur général Boucher
    Vincent Macaigne : Lory
    Ana Girardot : Virginie
    Philippe Torreton : Aimé Bougevin
    Liya Kebede : Constance
    Frédéric Pierrot : Moreau
    André Marcon : Maître Moreau
    Micha Lescot : Pol Satin
    Moussa Mansaly : Brabant