Genre : Ciné région
Fausse note
Genre : Drame
Pays : France
Durée : 1h30
Réalisateur : Alexandre Arcady
Acteurs : Kad Merad, Benoît Poelvoorde, Caterina Murino
C’est le dernier concert parisien pour le chef d’orchestre Alexandre Miller avant de prendre la direction du Philharmonique de Berlin. C’est un homme rigoureux qui déteste les fausses notes et demande à ses musiciens le meilleur d’eux-mêmes. Nathan Dinkel est un de ses grands admirateurs et c’est l’occasion de voir enfin cet homme qu’il vénère. Il se montre même excessif, voulant voir son idole pour lui montrer une photo. Mais est-ce que Denkel ne cache pas autre chose derrière cet empressement à voir en particulier le Maître ? Alexandre le trouve trop envahissant ; que lui veut-il ? Peu à peu, la vérité apparaît et c’est une autre facette que révèle Nathan. Cette nuit et ce brouillard, quand tombe la neige à l’extérieur, ramènent nos deux hommes des années en arrière. Plus le mensonge s’efface, plus la tension monte pour un final réparateur, mais pour qui ?
Après Le Petit Blond de la Casbah en 2023, Alexandre Arcady revient avec un film minimaliste sur l’affrontement entre deux personnages sur fond d’une histoire noire. Le cinéma d’Alexandre Arcady couvre tous les genres et se trouve souvent lié à sa propre histoire. Comme il le dit, à une époque où les idées noires tentent de nous détourner de ce troisième millénaire qui devait être spirituel ou pas : « C’est à mes yeux un film nécessaire pour combattre les contrevérités et l’oubli. » Il choisit un duo d’acteurs que l’on n’attend pas forcément dans cet espace, et qui, dès le début, nous égare.
C’est un remarquable duo qui passe de la première partie, proche de la comédie, à un ton plus sombre. Pour Benoît Poelvoorde : « L’idée de jouer le mensonge : j’adore ça ! J’aime incarner ces personnages qui ne disent pas tout, qui ont des secrets. » Pour Kad Merad : « J’ai vite compris que ce rôle était effectivement fait pour moi : il correspondait à ce que j’étais à ce moment de ma vie, même physiquement d’ailleurs. Les ressorts de l’intrigue faisaient écho à ma sensibilité et c’est un projet qui m’a vite passionné. » Dans une première partie, Denkel apparaît comme un fan un peu trop enthousiaste. Le film est un huis clos épuré jouant sur l’essentiel. Tout repose à la fois sur les mots et sur les maux que laisse le passé et qui rongent un cœur.
Les silences ont leur importance, portant le poids d’une histoire ancienne. Il y est question de musique et de fausses notes. Denkel veut absolument montrer à Miller qu’il sait jouer du violon. La réponse du Maitre tombe comme un couperet, Nathan est un piètre violoniste. C’est à cet instant que le film bascule dans une autre tonalité plus inquiétante. Nous sommes en 1990, le Mur est tombé il y a peu et libère la parole. On ne parle plus musique, mais des années sombres sans trop dévoiler le sujet. On devine rapidement qu’il s’agit des camps de concentration.
Le ton devient plus dramatique et le jeu des comédiens bascule dans un duel pour que la vérité triomphe. Toute la stratégie de Nathan est de faire avouer la vérité à Alexandre. Les mots deviennent le centre du récit et développent un discours complexe où se dessinent le bien et le mal. L’époque, l’âge et la condition de certains n’excusent pas tout. C’est là tout l’enjeu du film et son intérêt. La mise en scène d’Alexandre Arcady touche, elle aussi, à l’essentiel. Il n’y a pas un plan de trop et certaines images viennent avec justesse renforcer la parole sobre. Le lieu devient un autre personnage par son aspect baroque, l’opéra-comique était l'endroit idéal. Le tout sur fond de classique, l’ouverture de Tannhäuser de Wagner, suivi par Beethoven, Mozart et Chopin. Nous en avons déjà trop dit au risque de gâcher votre plaisir.
Patrick Van Langhenhoven
Fiche technique
Titre original : Fausse Note
Réalisation et scénario : Alexandre Arcady, d'après le texte original de Didier Caron
Musique : Philippe Sarde et Rolland Romanelli
Direction musicale : Anne Gravoin et Nicolas Guiraud
Décors : Tony Egry
Costumes : Agnès Noden
Photographie : Gilles Henry
Son : Ahmed Maalaoui
Montage : Manuel De Sousa
Directeur de production : Olivier Sarfati
Producteur éxécutif : Claude Fenioux
Production déléguée : Diane Kurys et Alexandre Arcady
Coproducteurs : Gaëtan David et André Logie
Sociétés de production : New Light Films, Panache Productions et La Compagnie Cinématographique
Société de distribution : Maverick (France)
Pays de production : Drapeau de la France France
Langue originale : français
Genre : drame psychologique
Durée : 90 minutes
Date de sortie : 7 octobre 2026
Distribution
Kad Merad : Nathan Dinkel
Benoît Poelvoorde : Alexandre Miller
Caterina Murino : Annah Dinkel
Pascale Louange : Sophie Miller
Matthias Van Khache : le régisseur
Pierre Abbou : Pierre, le machiniste
Jean-Claude de Goros : Strauss
Sarah Desanges : Emma Miller
Enaëlle Dion : Élise Miller
Rafaël Krauze : le fils de Keitel
Christian Morin : Christian Morin
Stefan Sattler : Rudolph Keitel