Genre : Ciné région
The Dog Stars
Genre : SF
Pays : USA
Durée : 1h59
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Jacob Elordi, Margaret Qualley, Josh Brolin
Dans le lointain, les montagnes dressent leurs silhouettes comme une barrière à ce dernier espace d’espérance. C’est ici que Hig, un mécanicien et pilote d’avion, se réfugie aux côtés de son chien Jasper et d’un vieux baroudeur, Bangley, loin de la folie du monde marqué par une nouvelle pandémie, une méchante grippe qui se répand comme la pluie sur le blé au printemps. Les villes ne sont plus que des tombeaux et les hommes des sauvages retournés à l’âge des ravages. Hig tente de garder sa place et d’échapper à la folie qui s’abat. Une voix traverse les ondes, portant la promesse d’un dernier paradis « Grand Junction ». À quelques pas de leur base, une communauté mennonite, paysans paisibles oubliés du chaos, tente de survivre. En bon voisin, il leur apporte quelques produits de première nécessité contre des légumes. Un jour, à la suite d’une attaque de plus, il s’envole avec son Cessna en quête de l’Éden. Bangley préfère résister sur place, car pour lui il n’existe aucune terre accueillante. Dans son errance entre ciel et terre, il croise la route de Cima et Pops, son père, le temps d’un bout de piste ensemble. De nouveau en fuite, le trio se dirige vers Grand Junction. Est-ce qu'ils trouveront la terre promise ou l’enfer ?
Après sa vision de Napoléon et Gladiator 2, Ridley Scott, maître d’un cinéma souvent nihiliste, s’essaie à l’apocalypse dans un mélange des genres qui pourrait surprendre. Il adapte La Constellation du chien, premier roman de Peter Heller paru en 2012 chez Actes Sud pour l'édition française. Nous noterons que l’on trouve régulièrement dans la filmographie du réalisateur cette idée de fin d’un monde et d’un autre à venir, Alien, Gladiateur, Le dernier duel, etc. La première partie joue la carte de la mélancolie et du souvenir d’un amour mort avec la pandémie.
Certains reprocheront cette séquence très classique d’une femme fantôme. Le héros partage son temps entre quelques escapades pour trouver de quoi survivre, des soirées tranquilles avec Bangley, et des visites aux mennonites. Il se retranche dans le silence de sa mémoire, se raccrochant aux jours heureux d’avant. Pour tenir, l’un choisit le présent, l’autre, le passé. Le film joue la carte du temps qui s’étiole, des paysages défilant sous la carlingue, les balades avec son chien, seul confident des jours perdus.
Le côté intime du récit passe difficilement pour certains, plus habitués à ses hordes sauvages, rugissantes, zombies, derniers vivants sur Terre à l’image de Mad Max. Ce n’est pas étonnant de la part de Ridley Scott, capable de glisser dans le fracas du blockbuster, des séquences plus émouvantes. Souvenez-vous de l’une des plus remarquables, celle de Blade Runner, ce discours du répliquant sur le toit. Il glisse, entre deux séquences tonitruantes, de nombreux moments où les héros prennent le temps de s’interroger sur eux-mêmes et sur le monde.
Il faut attendre une première vague de faucheurs, une bande plus nocive que les autres, pour que les films prennent plus de rythme. Dans la deuxième partie, nous retrouvons le réalisateur et ses atmosphères particulières qu’il sait si bien mettre en images. Il joue entre ces deux genres antagonistes, celui de la violence, d’un monde à la Walking Dead et celui du silence et de la mélancolie, plus intimiste, sur la perte d’un être cher. On ne lui reprochera pas de tenter de nous faire comprendre, à travers cette première partie, qu’autrefois c’était mieux. Faut-il voir un message sur ce monde qui fonce tête baissée vers le néant ?
Trois discours s’entrechoquent : celui de Hig, il n’existe plus rien de bon dans cette galère. Bangley, en bon soldat, ici ou ailleurs, il te faudra sortir les flingues, et les mennonites, contre toute violence et technologie moderne. Le film prend des allures de western avec cette vision d’un monde à reconstruire, comme pour Naissance d’une nation et l’attaque sur le ranch de Cima. Les méchants Indiens sont remplacés par ces groupes de maraudeurs qui ne manquent visuellement pas de punch.
S’il fallait chercher un sens, un discours au film, pour ma part, il me semble que c’est l’esprit des pionniers, plus proche du western que de l’apocalypse. On découvre ces derniers dans une séquence spectaculaire propre au talent de Ridley Scott. On retiendra qu’il n’existe pas de Paradis ailleurs et que le monde à venir est celui que l’on construira ici. On le sait, Ridley Scott n’est pas près de raccrocher les gants, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Dommage que depuis un certain temps, il se repose sur un savoir-faire qui ne nous surprend plus.
Patrick Van Langhenhoven
Fiche technique
Titre original : The Dog Stars
Titre québécois : La Constellation du chien
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Mark L. Smith et Christopher Wilkinson, d'après le roman La Constellation du chien de Peter Heller
Musique : Harry Gregson-Williams
Décors : Chris Seagers
Costumes : Janty Yates
Photographie : Erik Messerschmidt
Montage : Sam Restivo et Claire Simpson
Production : Michael Pruss, Cliff Roberts, Ridley Scott et Mark L. Smith
Producteurs délégués : Lily Brooks-Dalton, Peter Heller et Brandon Scott Smith
Société de production : Scott Free Productions
Sociétés de distribution : 20th Century Studios (Etats-Unis), The Walt Disney Company France (France)
Budget : 110 millions de dollars
Pays de production : États-Unis, Royaume-Uni
Langue originale : anglais
Format : couleur
Genre : science-fiction post-apocalyptique, action, thriller, survie
Durée : 118 minutes
Dates de sortie :26 août 2026[6]
Distribution
Jacob Elordi (VF : Jim Redler) : Hig
Margaret Qualley (VF : Kelly Marot) : Cima
Josh Brolin (VF : Philippe Vincent) : Bangley
Guy Pearce (VF : Philippe Valmont) : Jack dit "Pops"
Allison Janney (VF : Marie Vincent) : Darlene
Benedict Wong (VF : Enrique Carballido) : Aaron
Ewen Bremner (VF : Jean-François Vlérick) : le chasseur à l'arbalète
Sam Spruell (VF : Jérôme Pauwels) : John
Sebastian Rokison-Woodall : Ben
Sai Bennett : Melissa