C’est quoi l’amour ?
Genre : Comédie
Pays : France
Durée : 1h48
Réalisateur : Fabien Gorgeart
Acteurs : Laure Calamy, Vincent Macaigne, Lyes Salem
Marguerite file le parfait amour avec son nouveau compagnon Sofiane et leur fille Raphaëlle. La petite dernière leur mène la vie dure avec la présence envahissante de son amoureux. Il est encore trop tôt pour les parents pour envisager une nuit mémorable. C’est le moment que choisit Fred, avec qui Marguerite a eu Léa, partie faire ses études. Pour des raisons que seul le Seigneur connaît, il a besoin de faire annuler leur mariage à l’église. C’est la condition sine qua non pour qu’il puisse de nouveau se présenter devant Dieu pour épouser Chloé, fervente catholique.
Cette démarche particulière ressemble à une simple formalité qui ne devrait poser aucun problème. Mais les voies du seigneur sont impénétrables. C’est donc suite à quelques bévues que toute la famille se retrouve à Rome pour demander l’annulation sacerdotale. Ce qui semblait un chemin bucolique devient rapidement un chemin de croix. Dieu se demande peut-être à quoi ça sert l’amour quand on renie sa promesse. Ils s’étaient juré de s’aimer pour l’éternité contre vents et marées et voilà. Hier ramène sa cohorte de souvenirs et de sensations et aujourd’hui, les voilà face à la réalité du présent.
Fabien Gorgeart aime les familles reconstituées, tracassées par la vie qui tiennent la barre malgré tout. Dans Diane a les épaules (2017), elle décide de porter l’enfant d’un couple d’amis. Elle ignore que l’amour bouscule ce qui paraissait si simple au départ. Dans La Vraie famille (2021), un petit bonhomme heureux dans son foyer d’accueil doit retourner vivre avec son géniteur. C’est quoi l’amour ? et par extension, c’est quoi une famille ? hante le cinéma de Fabien Gorgeart depuis le début.
Après l’avoir remise en cause sous différents aspects, il n’est pas étonnant qu’il s’attaque à son fondement, le mariage. En apparence, il n’est question que d’une bague au doigt et d’une vie à deux qui, un jour, décident de changer de cap. C’est l’occasion, à travers ses personnages, à travers une comédie amoureuse flirtant parfois avec les larmes, d’interroger, d’explorer ce noble sentiment. Comme le chantait justement Piaf qui ne regrettait rien, et voyait la vie en rose : « A chaque fois, j'y crois - Et, j'y croirai toujours - Ça sert à ça, l’amour. »
Autour du couple central qui n’existe plus, Marguerite et Fred, gravitent des planètes amoureuses, variations mélodiques que scrute cet entomologiste. C’est d’abord le couple recomposé, Marguerite et Sofiane, ébranlé par le retour de cette histoire ancienne, et celle de leur petite dernière. Ensuite, c’est celle furieuse de Raphaëlle, pleine de cette jeunesse, emportée par ce sentiment qui n’a pas eu le temps de constituer avec le temps. Enfin, l’histoire de Fred et Chloé, celle que l’on reconstruit pour le meilleur et le pire, devant Dieu.
Nous rajouterons une troisième qui arrive en fin de récit, plus apaisée. Ils devront tous à leur manière affronter la tempête que soulève cette formalité, renier un premier passage devant le Seigneur. Le réalisateur choisit la voie de la comédie, dans un parcours initiatique qui place ses personnages face à cette question existentielle : c’est quoi l’amour ? C’est l’occasion de s’interroger sur ce qui reste de la petite flamme qui faisait boum dans leurs petits cœurs.
Elle brûle dans celui des enfants qui s’aiment sans restriction ni question philosophique. Tout le monde, même les personnages secondaires, en soutane - ou pas - décortiquent malgré eux ou volontairement ce qui guide notre vie tout entière. Est-ce que l’on perd le feu sacré avec le temps ? C’est quoi être un beau-père, une belle-mère ? Est-ce que le premier amour résiste à tout ? C’est un maelström de questions, une tempête dans la tête et le corps de chacun, réveillant d’anciens souvenirs, des premiers baisers, de l’allégresse de ces deux âmes qui chantaient au rythme des étoiles.
C’est ce qu’entraine la nullité de ce mariage catholique dans une joyeuse symphonie teintée de mélancolie. La palette est parfaite entre une Laure Calamy tout feu flamme et un Vincent Macaigne plus calme, dans un film choral ressemblant à cette valse à mille temps qui s’offre encore le temps de faire des détours du côté de l’amour. Il y a fort à parier que Fabien Gorgeart n’en a pas fini avec lui. Est-ce que C’est quoi l’amour clôt une trilogie amoureuse ou ouvre de nouvelles questions ?
Patrick Van Langhenhoven
Fiche technique
Titre original : C'est quoi l'amour ?
Réalisation : Fabien Gorgeart
Scénario : Fabien Gorgeart
Musique : Gabriel des Forêts
Photographie : Jeanne Lapoirie
Son : Jean Mallet, Mathieu Descamps et Jean-Pierre Laforce
Montage : Jean-Christophe Hym
Décors : Louise le Bouc Berger
Costumes : Céline Brelaud
Production : Marie Dubas, Jean des Forêts et Amélie Jacquis
Sociétés de production : Deuxième Ligne Films, Petit Film et France 3
Sociétés de distribution : Zinc Films
Pays de production : France
Langue originale : français
Format : couleur
Genre : Comédie
Durée : 108 minutes
Dates de sortie : 6 mai 2026
Distribution
Laure Calamy : Marguerite
Vincent Macaigne : Fred
Lyes Salem : Sofiane
Mélanie Thierry : Chloé
Céleste Brunnquell : Léa
Saül Benchetrit : Raphaëlle
Grégoire Leprince-Ringuet : le père Olivier
Jean-Marc Barr : le père Manto
Antonino Bruschetta : Giovanni Lucattini
Aurélia Petit : Maître Labaki
Distinctions
Festival international du film de comédie de l'Alpe d'Huez 2026 :
Grand Prix
Prix d'interprétation féminine pour Laure Calamy