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affiche 52 Festival du cinéma Américain de Deauville le Cru 2026

52 Festival du cinéma Américain de Deauville le Cru 2026

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Genre : Festival Cinéma

L'Actu

Cru 2026

Chaque année, Deauville prend les couleurs de l’été indien et de la liberté. Les lumières de fin de saison passent le relais à celles, particulières, aux airs d’automne, de septembre. Sur les planches, les parasols ouvrent encore leurs corolles aux couleurs de l’arc-en-ciel. Quelques baigneurs se lancent dans l’océan pour tutoyer les dauphins imaginaires des rêveurs. Le Palais des congrès se donne des airs de Cannes avec son tapis rouge et ses vedettes venues d’Amérique. Depuis quelques années, le festival fait la part belle à un cinéma qui explore l’âme profonde d’un pays aux multiples paysages.

Depuis quelque temps, nous pouvons nous demander : qu’est-ce que l’Amérique ?

Depuis quelque temps, nous pouvons nous demander : que devient le rêve de Martin Luther King ?

« Je fais un rêve qu'un jour, sur les collines rouges de la Georgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité. [...] Je fais un rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau mais sur la valeur de leur caractère. » Martin Luther King.

Nous ne rêvons plus de l’Amérique de la même façon, comme une terre de tous les possibles, plus du tout : c’est ailleurs que nous rêverons de jours meilleurs. Et pourtant, elle est encore bien présente. C’est ce que la sélection de films indépendants de la compétition nous dévoilera toute la semaine. Ce cœur brisé, meurtri, des Américains qui, loin des clowns du grand cirque populiste et médiatique, tentent de survivre. Une fois de plus, elle nous entraîne à explorer ces petites vies, ces parcelles d’espérance qui nous ressemblent tant.

Cette année, le rêve américain ne se pare plus des ors et lumières des grandeurs perdues mais de la quête d’une vie simple. La compétition nous parle d’épidémie, d’enfants perdus en quête d’amour, de pères dépassés, de mères aussi solides qu’un phare dans la tempête, de migrants et de travailleuses du sexe : à travers le chœur antique des drames et misères de la vie, ils devront tous se reconstruire et trouver le chemin de leur rêve. 

Une série de documentaires viendra renforcer cette impression avec des parcours d’hier et d’aujourd’hui, de Faye Dunaway aux pêcheurs du Maine. Vous pourrez replonger dans le passé à travers une sélection « Il était une fois l’Amérique », de Dr Folamour aux Plus belles années de notre vie, une galerie de films qui ont imprégné le cinéma hollywoodien et indépendant. Les premiers vous donneront une idée des grands films de l’Oncle Sam attendus sur nos écrans. Catherine Deneuve viendra présenter son Amérique à travers un choix de films. 

Vous pourrez croiser sur les planches ou dans la ville les silhouettes de légendes, ces stars qui nous ont fait rêver : Faye Dunaway, Ethan Hawke à la filmographie particulière, jamais en reste pour se mettre en danger dans des films loin des blockbusters, Brendan Fraser, un acteur qui connut les sunlights des grosses productions, qui revient dans une seconde vie dans des rôles surprenants. Nous n’oublierons pas la jeune génération, Sophie Tatcher, beaucoup plus charmante, qui n’a rien à voir avec Margaret. Un autre, Patrick Schwarzenegger, la relève de la vieille génération, loin d’un cinéma « gros muscles ». Enfin, celle qui a fait battre notre cœur, femme engagée dans ses films et dans la vie : Susan Sarandon.

De nombreuses autres surprises vous attendent. Mais avant de conclure sur ce cru qui est une bonne cuvée en perspective (seul l’avenir nous le dira) vous pourrez aussi croiser les membres du jury et son président, des acteurs et actrices que nous apprécions beaucoup : Roschdy Zem, Simon Abkarian, Camille Chamoux, Cécile de France, Laura Smet, Lola Quivoron, Raphaël Personnaz, Euzhan Palcy et bien d'autres, de passage, pour savourer sur l’écran noir de nos nuits blanches, comme le chantait Nougaro, l’Amérique sur pellicule. 

Mais en ce qui concerne notre question de départ : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. » disait André Malraux. J’ai bien peur que la réponse ne soit négative. Pourtant, dans les coulisses, la folie ne semble pas encore de mise, chère marquise. « Et qu’est-ce que c’est qu’un siècle ? Une minute dans la nuit. » Gustave Flaubert. 

Patrick Van Langhenhoven