5 centimètres par seconde
Genre : Comédie romantique
Pays : Japon
Durée : 2h01
Réalisateur : Yokiyushi Okuyama
Acteurs : Hokuto Matsumura, Mitsuki Takahata, Nana Mori
« On n'a pas besoin de 50 000 mots, juste un. »
Un cerisier perdu au cœur de l’hiver, deux amoureux sous les branches couvertes de givre. C’est le temps du premier amour, celui qui s’imprime à jamais au fond de notre âme. C’est celui que porte encore aujourd’hui Takaki Tono, jeune homme silencieux, à la vie monotone, économisant les mots fragiles de l’amour. C’est celui que porte en elle Akari Shinohara, jeune fille souriante, employée aujourd'hui dans une librairie. Que reste-t-il de ce serment jeté au pied d’un cerisier couvert de givre, paroles de l’innocence, de l’enfance ? Serments que parfois on oublie avec les années.
À l’âge adulte, Tono a toujours rêvé d’espace et intervient dans un planétarium comme programmateur. Il parle de cette comète traversant le ciel de son serment qui revient aujourd’hui. Ils se sont promis, même si le temps les sépare, de se retrouver sous le cerisier blanc au prochain passage. Est-ce qu’ils seront au rendez-vous, ou les années auront-elles effacé cet amour d’enfance devenu un fantôme dans leur errance sur le chemin de la vie ?
« Et nos amours - Faut-il qu’il m’en souvienne - La joie venait toujours après la peine » Le Pont Mirabeau Guillaume Apollinaire.
5 centimètres par seconde, c’est d’abord le premier film d’animation de Makoto Shinkai, œuvre fondatrice de son univers. Il refusait jusqu’à présent les propositions d’adaptation en live. Yokiyushi Okuyama l'a convaincu de son choix personnel sans trahir l’original. 5 centimètres par seconde nous rappelle nos serments de jeunesse, cet amour diaphane s’évanouissant dans les méandres du temps. Ce que nous laissons derrière nous, ce que nous chérissons encore d’hier sur nos autels intérieurs.
C’est la vitesse à laquelle tombe un pétale de fleur de cerisier sur le sol. Le film nous interroge. Avons-nous tous des histoires singulières qui nous hantent, et qui tombent, comme un pétale rose sur le sol, pour disparaître à jamais ? C’est le temps qui nous éloigne de cet amour inatteignable, comme une comète passant dans le ciel, avec l'espérance des retrouvailles. Le film explore le sentiment amoureux, celui que nous chérissons et qui nous fait perdre d'autres occasions.
« Vienne, la nuit, sonne l’heure - Les jours s’en vont, je demeure » Le Pont Mirabeau Guillaume Apollinaire.
Tono, à plusieurs moments de la vie, aura l’occasion de se laisser emporter dans ces histoires d’amour qui ne finissent pas forcément, mal. Il refuse de s’engager, sans doute fidèle à une parole de gosse qui ne vaut pas grand-chose pour les adultes. C’est cet amour sublimé, ce lien, qui reste jusqu’au dernier souffle. À travers les rencontres, les tentatives d’aimer une autre, c’est bien l’amour le sujet du film. Comment nous construisons nos vies dans cette quête de l’autre, de cet ailleurs où se niche le bonheur.
La ville où l’on se perd se pose en miroir de la campagne traversée par les trains récurrents, revenant comme un leitmotiv, métaphore du temps qui file et nous éloigne de notre idéal. C’est une romance comme nous les aimons, quand les cœurs font boum, au risque du silence. C’est le soleil levant brassant les nuages, la pluie, la mer et ses vagues revenant éternellement au rivage.
« Vienne, la nuit, sonne l’heure - Les jours s’en vont, je demeure » Le Pont Mirabeau Guillaume Apollinaire.
Ce sont les herbes caressées par le vent, un cerisier à toutes les saisons. Les mots accrochés dans le planétarium que l’on enverra dans l’espace en espérant une réponse. En quelques histoires traversant les époques et le temps, c’est le chemin qui nous éloigne de cette promesse de gamins romantiques qui meurt ou s’ancre aux racines de notre cœur. Entre la vie quotidienne, hier et aujourd’hui, 5 centimètres par seconde nous entraîne à la quête d’un Graal impossible.
Dans ces conditions, comment trouver sa place parmi les autres quand on est orphelin de l’amour. Chaque histoire devient un écho, un miroir de cette recherche du bonheur, portée par une comète traversant le ciel et l’espace fragile où se perdent les serments de l’enfance. 5 centimètres par seconde est un film remarquable qui se savoure au rythme de l’instant présent, de la chute d’un pétale pour rejoindre sa conclusion finale. Il existe des liens ineffables qui durent au-delà des saisons et du temps, pour toujours.
Patrick Van Langhenhoven
Fiche technique
Réalisé par Yokiyushi Okuyama
D’après l’oeuvre de Makoto Shinkai
Producteurs exécutifs Hirotsugu Usui, Noritaka Kawaguchi,Minami Ichikawa
Producteurs Hiromasa Tamai, Dai SanoScénario Ayako Suzuki
Musique Ayatake EzakiImage Keisuke Imamura
Lumières Koshiro Ueno
Décors Shimpei Inoue
Montage Kenichi Hirai
Mixage Masayuki Sato
Premier assistant réalisateur Yuta Suzuki
Producteur délégué Yusuke Kobayashi
Costumes Koji Oyamada
Maquillages et coiffures Shinji Konishi, Atsuko Shoda
Accessoiristes Yoshito Endo, Masaki OwaCasting Toshie Tabata, Yoko Yamashita
Direction de production Hironori Okawa, Sukeyuki Itoh
Régie Motoki Masuda
Chanson-thème “1991” Kenshi YonezuChanson additionnelle “One more time, One more chance”Masayoshi Yamazaki
Presented by FUJI TELEVISION NETWORK, INC.CoMix Wave Films Inc.TOHO CO., LTD.Une production SPOON©
Distribution
Hokuto Matsumura Takaki Tono (adulte)
Mitsuki Takahata Akari Shinohara (adulte)
Nana Mori Kanae Sumida
Yuzu Aoki Takaki Tono (lycéen)
Mai Kiryu Risa Mizuno
Haruto Ueda Takaki Tono (enfant)
Noa Shiroyama Akari Shinohara (enfant)
Aoi Miyazaki Midori Koshimizu
Hidetaka Yoshioka Ryūichi Ogawa