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affiche Zulu

Zulu

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Un film de Jérôme Salle ,
Avec Orlando Bloom , Forest Whitaker, Conrad Kemp ,

Genre : Thriller
Durée : 1h50
France

En Bref

« Pas la vengeance, la justice »

Afrique du Sud, ses plages, ses safaris et ses parcs où les grands prédateurs sommeillent en quête de la prochaine chasse. Dans ce pays encore sous le poids des fantômes de l’apartheid, on retrouve le corps d’une jeune fille, marqué par la sauvagerie. Ali, capitaine de l’unité criminelle de Cape Town et son bras droit, Brian, se retrouvent en charge de l’enquête. Le premier est marqué au fer rouge par l’apartheid et le second, divorcé de sa femme, erre sur la ligne entre le néant et ses enquêtes. Ils plongent tous les deux dans un monde qu’ils pensaient connaître, rude et sauvage, sans bonté. Très vite, ils pénètrent au cœur des townships, les bidonvilles où l’apartheid social remplace l’apartheid racial. Ils ouvrent les portes  de l’enfer et le prix à payer s’avère très cher. En remontant la piste écarlate semée de fleuves de sang, ils tombent sur des gangs sans pitié, animés par la mort, le pouvoir et l’argent. Derrière cet arbre, se cache une forêt plus nauséabonde, ramenant nos amis aux heures sombres de l’apartheid.

Jérôme Salle adapte avec brio le roman de Caryl Férey, Zulu, paru en série noire. Il s’attache d’abord au personnage, Ali, le capitaine hanté par l’apartheid et la mort de son père qu’il voudrait effacer de sa mémoire. Souvent silencieux, plongé dans les méandres de son âme, il avance, bravant les interdits de sa hiérarchie. À ses côtés, Brian, flic cassé, en bout de course, au bord du chaos, tenant par l’alcool et les enquêtes, ne se remet pas de la séparation d’avec sa femme. Ali et Brian trouveront, au bout d’une route où le sang et la violence tracent un fleuve de sang, la rédemption nécessaire pour continuer à vivre. Le film pose la question de la façon de se relever après un traumatisme, comme celui de la société afrikaner, dans un monde complexe où l’âme trouve difficilement son paradis pour croiser plus souvent les enfers. L’autre grande question qu’il soulève, le pardon, comme le dit Desmond Tutu : «Pas d’avenir sans pardon.» Zulu traite de la difficulté et de la nécessité de pardonner pour aller de l’avant.


« Pas la vengeance, la justice »

Afrique du Sud, ses plages, ses safaris et ses parcs où les grands prédateurs sommeillent en quête de la prochaine chasse. Dans ce pays encore sous le poids des fantômes de l’apartheid, on retrouve le corps d’une jeune fille, marqué par la sauvagerie. Ali, capitaine de l’unité criminelle de Cape Town et son bras droit, Brian, se retrouvent en charge de l’enquête. Le premier est marqué au fer rouge par l’apartheid et le second, divorcé de sa femme, erre sur la ligne entre le néant et ses enquêtes. Ils plongent tous les deux dans un monde qu’ils pensaient connaître, rude et sauvage, sans bonté. Très vite, ils pénètrent au cœur des townships, les bidonvilles où l’apartheid social remplace l’apartheid racial. Ils ouvrent les portes  de l’enfer et le prix à payer s’avère très cher. En remontant la piste écarlate semée de fleuves de sang, ils tombent sur des gangs sans pitié, animés par la mort, le pouvoir et l’argent. Derrière cet arbre, se cache une forêt plus nauséabonde, ramenant nos amis aux heures sombres de l’apartheid.

Jérôme Salle adapte avec brio le roman de Caryl Férey, Zulu, paru en série noire. Il s’attache d’abord au personnage, Ali, le capitaine hanté par l’apartheid et la mort de son père qu’il voudrait effacer de sa mémoire. Souvent silencieux, plongé dans les méandres de son âme, il avance, bravant les interdits de sa hiérarchie. À ses côtés, Brian, flic cassé, en bout de course, au bord du chaos, tenant par l’alcool et les enquêtes, ne se remet pas de la séparation d’avec sa femme. Ali et Brian trouveront, au bout d’une route où le sang et la violence tracent un fleuve de sang, la rédemption nécessaire pour continuer à vivre. Le film pose la question de la façon de se relever après un traumatisme, comme celui de la société afrikaner, dans un monde complexe où l’âme trouve difficilement son paradis pour croiser plus souvent les enfers. L’autre grande question qu’il soulève, le pardon, comme le dit Desmond Tutu : «Pas d’avenir sans pardon.» Zulu traite de la difficulté et de la nécessité de pardonner pour aller de l’avant.

« Si tu veux faire la paix avec ton ennemi, travaille avec ton ennemi, il deviendra ton partenaire » Mandela.

C’est aussi un regard sur l’Afrique du Sud violente comme les parcs nationaux, la mort ne joue pas dans la dentelle, mais dans l’horreur du chaos. Le film joue sans cesse du contraste entre les paysages magnifiques et la violence qu’inscrit l’homme. Dès la scène d’ouverture, le film donne le ton, avec le cadavre marqué de la jeune femme et au loin, la plage paradisiaque de sable blanc, rêve des touristes. Comme si deux Afrique du Sud s’affrontaient, celle onirique des cartes postales et celle de la réalité cruelle et sans pitié. Nos héros entament une route initiatique où chaque pas les confronte avec leur part sombre, le passé d’un pays encore meurtri par ses blessures et au loin, l’avenir prometteur. Autour d’Ali gravitent les autres membres de l’équipe, plus stables. Ils ne seront pas épargnés par le tsunami et en paieront parfois le prix cher. Comme si l’innocence ne pouvait pas trouver sa place dans le renouveau qui s’annonce, ou pas maintenant. Les malfrats, gangsters du township, fauves sans cesse motivés, conduits par la violence, menés en laisse par des êtres plus fourbes. A leurs côtés, manipulateurs, nous trouvons les bons bourgeois encore animés de ce vieux rêve d’une Afrique du Sud blanche aux idées racistes, sans partage avec le frère zulu. Ce sont les plus dangereux, sous des apparences respectables, ils nous font penser aux nazis et leurs expériences nauséabondes. C’est ce qui marque une partie du récit, tout ce que l’ennemi d’hier n’a pas affranchi, encore prisonnier de ses vieilles idées. Dans ce climat peut-on véritablement faire la paix, arriver à une union où l’ennemi d’hier devient un partenaire ? Non répond le film, mais la vengeance est-elle la seule route à emprunter ? Dans cette idée de bien et de mal, alors qu’une minorité s’enferme dans sa vision archaïque, la majorité comme la mère d’Ali construit un autre avenir.

Dans le principe du polar, il s’git avant tout de regarder, d’examiner une société ou un microcosme, comme Chabrol ses petit-bourgeois de province. Jérôme Salle nous entraine dans son sillage au cœur des bidonvilles de l’Afrique du Sud, lieu de misère où, comme le lotus plongeant ses racines dans la boue, un nouveau monde prend racine. Avant d’émerger, il lui faut s’émanciper de son âme noire, de la bête qui sommeille en son cœur. Parfois nous côtoyons les univers de l’écrivain d’Afrique du Sud, Deon Meyer, dans une version plus trash. Le réalisateur joue à la fois entre les couleurs sombres ou ocres pour appuyer sa vision du bidonville, des plages et autres paysages, eux aussi marqués par la dureté des hommes. Il oppose de grandes plages  ou montagnes où le soleil s’élance comme une respiration avant la tempête, entre nuits où le diable et rit et jour où dieu appose sa main protectrice. Le film finit d’ailleurs par une fin ouverte où chacun donne sa vision de l’espoir ou du néant, du pardon. La caméra, vive dans les scènes d’actions, sous speed, se calme dans les moments où elle saisit les protagonistes dans leurs tentatives de trouver une voie différente à la violence qui les marque. La notion du pardon agit de façon différente sur chacun des personnages. Pour Ali c’est accepter ce qui lui est arrivé. Pour Brian c’est accepter ce qu’il est, et changer pour avancer et reconstruire ce qu’il a détruit. Il faut forcément en passer par la mort pour comprendre combien la vie n’a pas de prix. L’autre point fort du film est de montrer cette société qui s’annonce, marquant de plus en plus l’écart profond entre riches et pauvres. Découvert avec Anthony Zimmer, après des films d’action comme Largo Winch, Jérôme Salle nous prouve qu’il est un réalisateur prometteur qui nous étonnera encore.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9
Langues Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Pathé Vidéo

bonus

Making of (26')
Bande-annonce