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affiche Valérian et la Cité des mille planètes

Valérian et la Cité des mille planètes

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Un film de Luc Besson ,
Avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen,

Genre : Science-fiction
Durée : 2h18
France

En Bref

C’est au cœur de l’espace que tout commence, sur une petite station orbitale de bric et de broc. Peu à peu l’amas de métal grandit, et une à une les nations se serrent la main pour oublier leur conflit et regarder l’avenir ensemble. Elles sont rejointes, des milliers d’années plus tard, par d’autres peuples venus des galaxies lointaines. Station orbitale qui menace de s’écraser sur la terre et quitte son orbite pour filer dans l’espace porteuse d’un message de paix. Elle se transforme en Alpha, la première pièce d’un immense échiquier réunissant des milliers de peuples en son sein. Alpha, la cité des mille planètes se construit cellule par cellule comme un corps cosmique.

Notre histoire peut prendre enfin son envol, des milliers d’années plus tard en 2740. Les agents Valérian et Laureline ont pour mission de récupérer un animal particulier volé à la fédération des planètes. Il est capable de reproduire la matière, le transmetteur. C’est au cœur du Big Market, le souk, centre commercial gigantesque que la petite bestiole est retenue prisonnière par des trafiquants peu scrupuleux. Leur mission s’accomplit avec succès et un pas mal de casse. La suite se passe sur Alpha lors d’un conseil extraordinaire. Le commandant Arün Filitt se retrouve kidnappé par de mystérieuses créatures. Valérian se lance à leur poursuite pendant que Laureline assure au poste de commande le suivi. Elle finit par rejoindre notre héros perdu au coeur de la cité des mille planètes. C’est dans une zone isolée à cause ses radiations que nos héros trouveront la réponse à ce traquenard et éviteront la fin d’un monde.


Luc Besson, comme Jean Jacques Annaud aime les projets ambitieux, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Une certaine critique trouvera toujours à redire dans la volonté de construire un cinéma populaire de qualité. Nous ne répondrons pas aux anti-Besson primaires qui se contredisent en glorifiant l’oncle Sam et refusant à un Français d’avoir du talent. Nous savons, reconnaître comme pour Beineix, Jean Jacques Annaud, Lelouch et bien d’autres, une volonté de construire une œuvre cohérente. Depuis le premier combat avec son compère Beineix, ils bousculaient le cinéma, ouvrant la porte à de jeunes réalisateurs qui viendraient bien plus tard finir le travail. La science-fiction et la bande dessinée marquent profondément l’œuvre de Luc Besson, Le cinquième élément, Adèle Blanc Sec et aujourd’hui Valérian. Nous pouvons dire que le projet remonte à la découverte de la bande dessinée par le petit Luc, l’imaginant déjà sur grand écran. Il faudra attendre la révolution technologique d’Avatar pour qu’enfin le rêve ébauché dans Le cinquième élément voie le jour. À cette époque Mézières et un autre maître des petits Mickey Moebius participent à la création de l’univers du film. Le budget de 197 millions d'euros pour Valérian et la cité des mille planètes dépasse les 78 000 000 € d’Astérix aux Jeux olympiques suivis de peu par  Le Cinquième Élément (75 000 000 €).

Cela explique en partie la qualité visuelle du film pour les effets spéciaux. Il fait appel aux deux plus gros studios du moment ILM, Weta Digital, et Scott Stokdyk aux manettes. Nous retrouvons l’univers créé par Mézières dans la saga comptant aujourd’hui plus de vingt-deux albums. Le titre vient de L’Empire des mille planètes et de l’Ambassadeur des ombres pour le récit.  Les deux premières séquences ne sont dans aucun album. On apprend la capture du Transmuteur Grognon de Bluxte capable de reproduire à volonté n’importe quoi. Seul Laureline est capable de calmer l’animal avec des perles d’Ebébé. L’autre modification est la fin avec cette bataille finale digne du Space opéra. Luc Besson modifie légèrement le rôle des habitants de Müls. Il ne trahit pas l’œuvre de Mézières et Christin. Il reste dans ses grandes interrogations thématiques. Comme le disait Abel Gance à un historien sur Austerlitz, je ne fais pas de l’histoire, mais du cinéma. C’est donc plus dans un esprit de narration cinématographique qu’il apporte ses petits changements. La première partie rappelle la thématique de solidarité entre les peuples, comme dans la saga. La deuxième est une mise en image de la capture du Grognon qui ne doit pas déplaire aux créateurs. La saga sous ses airs de Space opéra est anti militariste, féministe, ouvert sur le monde. Des sa parution en 1967, il porte les prémices des idées qui agiteront mai 68. Pour la première fois une héroïne est mise en avant, la liberté des peuples, la discrimination, le racisme et bien d’autres choses d’avant garde à l’époque. Dans les années soixante-dix, le bouddhisme apparaît en France et beaucoup rêvent de Katmandou. 

Mül est une planète spirituelle où la violence et la guerre ont disparu au profit de l’harmonie cosmique. Les pearls le peuple de Mül ressemblent à des guerriers Massaï autre destination prisée de la jeunesse en quête d’un nouveau sens à donner à leur vie. Dans l’album c’est un peuple de sages qui veille sur l’harmonie chaotique de Grand central, devenu Alpha dans le film. Certains reprocheront la romance entre Laureline et Valérian, la trouvant un rien archaïque. Pour ma part elle s’inscrit dans le cadre de la saga à relire avant de dire n’importe quoi. Il ne faut pas oublier que la jeune femme vient du Moyen-âge. Le reste est un voyage initiatique permettant de découvrir plus à fond les peuples de la galaxie. L’ambassadeur des ombres marquait un point de rupture dans la série. Il existe un avant et un après : elle s’ouvre sur l’espace, quitte un peu plus le temps pour gagner l’infini. Des clins d’œil aux autres albums parsèment le film, à vous de les découvrir. De même pour les nombreuses apparitions d’acteurs venus prêter leur silhouette, le temps d’une séquence.

Il ne faut pas oublier pour finir, qu’inconsciemment ou de façon voulue, Star Wars s’inspire beaucoup dans son iconographie de l’œuvre de Mézières et de Moebius. Je vous renvoie au documentaire sur Jodorowsky's Dune où vous comprendrez pourquoi certains éléments se retrouvent dans des films de science-fiction américains. Le plagiat est bien à l’inverse, pour preuve le faucon Millénium ressemble beaucoup au vaisseau de Valérian. Pour une fois que nous avons une saga rivalisant avec Star Wars, ne nous en privons pas et reconnaissons sa qualité.  Ne donnons pas raison au dicton qu’en France le succès gêne et souhaitons plutôt beaucoup de petits Valérian et Laureline.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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    •       Titre original : Valérian et la Cité des mille planètes

    •       Réalisation : Luc Besson

    •       Scénario : Luc Besson, d'après les bandes dessinées de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières

    •       Direction artistique : Ben Mauro

    •       Costumes : Olivier Bériot

    •       Décors : Hugues Tissandier

    •       Photographie : Thierry Arbogast

    •       Montage : Julien Rey

    •       Musique : Alexandre Desplat

    •       Production : Luc Besson et Virginie Silla

    •       Sociétés de production : EuropaCorp ; Fundamental Films ; Gulf Films ; Novo Pictures ; Orange Studio ; River Road Entertainment ; TF1 Films Production ; Universum Film (coproductions)

    •       Société de distribution : EuropaCorp Distribution (France) ; STX Entertainment (États-Unis) ; Lionsgate (Royaume-Uni) ; Fundamental Films (Chine) ; Universum Film (Allemagne)

    •       Budget : 197 470 000 euros

    •       Pays d'origine : France

    •       Langue originale : anglais

    •       Format : couleur

    •       Genre : science-fiction, space opera

    •       Durée : 138 minutes

    •       Dates de sortie3 :  26 juillet 2017

Distribution

    •       Dan DeHaan (VF : Xavier Dolan) : Valérian

    •       Cara Delevingne (VF : Stéphanie Sokolinski) : Laureline

    •       Clive Owen (VF : Eric Herson-Macarel) : le commandant Arün Filitt

    •       Rihanna (VF : Marie Tirmont) : Bubble

    •       Ethan Hawke (VF : Jean-Pierre Michaël) : Jolly

    •       Herbie Hancock (VF : Thierry Desroses) : le Ministre de la défense

    •       Kris Wu : le capitaine Neza

    •       Rutger Hauer (VF : Féodor Atkine) : le Président de la Fédération Humaine

    •       John Goodman: Igon Siruss (voix)

    •       Aymeline Valade : l’empereur Haban Limaï

    •       Elizabeth Debicki : l’empereur Haban Limaï (voix)

    •       Pauline Hoarau : l’impératrice Aloï

    •       Sam Spruell : le général Okto Bar

    •       Alain Chabat : Bob le pirate

    •       Alexandre Nguyen : un membre de la délégation japonaise

    •       Claire Tran : le sergent de la salle de contrôle

    •       Benoît Jacquot

    •       Louis Leterrier

    •       Xavier Giannoli

    •       Olivier Megaton

    •       Gérard Krawczyk

    •       Éric Rochant

    •       Sylvain Despretz

    •       Thalia Besson

    •       Max von der Groeben

    •       Sasha Luss

    •       Ola Rapace

    •       Éric Lampaert : Thazzit

    •       Mathieu Kassovitz : Hawker