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affiche Upside  Down

Upside Down

___

Un film de Juan Solanas,
Avec Jim Sturgess, Kirsten Dunst, Timothy Spall,

Genre : Science-fiction
Durée : 1h45
États-Unis

En Bref

L’amour plus fort que la gravité, tel est le postulat de Upside Down, objet filmique non identifié qui sort dans les salles champardennaises ce mercredi 1er mai. Pour son second long métrage —après le remuant Nordeste—, le photographe argentin Juan Solanas nous propose en effet une expérience de cinéma au carrefour du film de science fiction, du thriller, de la fable sociale et de la romance.


Dans un univers extraordinaire vit un jeune homme ordinaire, Adam, qui tente de joindre les deux bouts dans un monde détruit par la guerre. Tout en luttant pour avancer dans la vie, il est hanté par le souvenir d’une belle jeune fille venant d’un monde d’abondance : Eden. Dans cet univers, son monde se trouve juste au-dessus de celui d’Adam - si près que lorsqu’il regarde vers le ciel, il peut voir ses villes étincelantes et ses champs fleuris. Mais cette proximité est trompeuse : l’entrée dans son monde est strictement interdite et la gravité de la planète d’Eden rend toute tentative extrêmement périlleuse.


Partant d’une idée originale plutôt gonflée, opposer deux mondes qui dépendent de leur propre gravité, le réalisateur tient là l’occasion de jouer de l’image, de miser sur son potentiel illustratif et d’épuiser tous les ressorts imaginaires qu’offrent les variations de pesanteurs. En d’autres termes, produire du cinéma flagrant, ne serait-ce que dans la forme. Et force est de constater que malgré son budget moyen pour une production (franco-canadienne) si ambitieuse (60M$), le résultat à l’écran est bluffant. Solanas, qui fixe ses bases logiques avec aplomb dans une intro habile, a vraisemblablement des idées plein la tête et ose la démesure dans des oppositions cocasses. Sa mise en scène, bourrée de trouvailles visuelles, impose son univers de science-fiction et tient le coup malgré des décors numériques parfois mal incrustés (flous disgracieux), des effets spéciaux approximatifs et un montage un peu brutal. D’autant que l’environnement pictural est rapidement rattrapé par une direction photo pour le moins envahissante. Tandis que le monde d’en bas et le niveau zéro bénéficient d’un filtre bleuté esthétisant, celui d’en haut vomit des couchés de soleil aveuglants et des couleurs pop et rétro lavasses qui annihilent toute tentative d’émotion.


L’amour plus fort que la gravité, tel est le postulat de Upside Down, objet filmique non identifié qui sort dans les salles champardennaises ce mercredi 1er mai. Pour son second long métrage —après le remuant Nordeste—, le photographe argentin Juan Solanas nous propose en effet une expérience de cinéma au carrefour du film de science fiction, du thriller, de la fable sociale et de la romance.

Dans un univers extraordinaire vit un jeune homme ordinaire, Adam, qui tente de joindre les deux bouts dans un monde détruit par la guerre. Tout en luttant pour avancer dans la vie, il est hanté par le souvenir d’une belle jeune fille venant d’un monde d’abondance : Eden. Dans cet univers, son monde se trouve juste au-dessus de celui d’Adam - si près que lorsqu’il regarde vers le ciel, il peut voir ses villes étincelantes et ses champs fleuris. Mais cette proximité est trompeuse : l’entrée dans son monde est strictement interdite et la gravité de la planète d’Eden rend toute tentative extrêmement périlleuse.

Partant d’une idée originale plutôt gonflée, opposer deux mondes qui dépendent de leur propre gravité, le réalisateur tient là l’occasion de jouer de l’image, de miser sur son potentiel illustratif et d’épuiser tous les ressorts imaginaires qu’offrent les variations de pesanteurs. En d’autres termes, produire du cinéma flagrant, ne serait-ce que dans la forme. Et force est de constater que malgré son budget moyen pour une production (franco-canadienne) si ambitieuse (60M$), le résultat à l’écran est bluffant. Solanas, qui fixe ses bases logiques avec aplomb dans une intro habile, a vraisemblablement des idées plein la tête et ose la démesure dans des oppositions cocasses. Sa mise en scène, bourrée de trouvailles visuelles, impose son univers de science-fiction et tient le coup malgré des décors numériques parfois mal incrustés (flous disgracieux), des effets spéciaux approximatifs et un montage un peu brutal. D’autant que l’environnement pictural est rapidement rattrapé par une direction photo pour le moins envahissante. Tandis que le monde d’en bas et le niveau zéro bénéficient d’un filtre bleuté esthétisant, celui d’en haut vomit des couchés de soleil aveuglants et des couleurs pop et rétro lavasses qui annihilent toute tentative d’émotion.

Une émotion qui a effectivement bien du mal à s’installer, comme l’action d’ailleurs, la faute à un manque cruel d’enjeu dramatique et à quelques culs-de-sac narratifs qui mettent à mal un scénario déjà bancal. Sur fond de fracture sociale entre monde d’en haut (villes étincelantes telles des étoiles, richesse) et monde d’en bas (paysages post-apocalyptique post-crise-économique), Solanas nous impose une vision métaphorique un peu maladroite de l’exploitation de l’or noir du Tiers Monde par le puissant Occident. Une opposition entretenue par la multinationale tentaculaire qui exploite les matières premières du monde d’en bas et qui fait régner une répression terrifiante. L’idée ici aurait été de partir de cette dualité comme intrigue d’un thriller haletant à la Blade Runner. Au lieu de ça, Solanas choisit de s’appuyer sur une bluette certes mignonne mais un peu légère et peu subtile appuyée par une bande originale envoutante et sirupeuse (dans laquelle on nous ressert un bon vieux classique de Sigur Rós).

Devant cette débâcle technique et créative, les deux acteurs principaux semblent peu concernés. Jim Sturgess, affublé d’une coupe hirsute peu flatteuse, laisse son petit minois inoffensif et lunaire faire le boulot tandis que Kirsten Dunst, égérie du cinéma indépendant américain, semble faire de la figuration dans son propre film. Malgré leur peu d’entrain, la mayonnaise émotionnelle arrive à prendre et à distiller un vent romantique agréable.

Si la subtilité n’est pas franchement au rendez-vous de ce Upside Down, le sujet est étrangement sauvé d'un trop plein d’incohérences et le résultat arrive à faire la différence. Pour profiter du spectacle, il faut être capable de lâcher prise et ne pas passer son temps, comme c’était notre cas, à scruter les ficelles techniques pour en déceler les failles, au risque de passer complètement à côté de la romance. Ainsi, vous ressortirez sans aucun doute la tête à l’envers mais le cœur léger.

Eve BROUSSE

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9
Langues Audio : Audiodescription (pour malvoyants) Français, Anglais Dolby Digital 2.0, 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Warner vidéo

Bonus : Making of (26')