"Saint-Loin-la-Mauderne" un petit village idyllique où il fait bon vivre, perdu au cœur des montagnes. Le saumon remonte la rivière et apporte la prospérité, la commune est réputée pour la saveur rose comme la vie de ses poissons. C’est l’irruption d’une usine de papier et la pollution qu’elle entraine qui achèvent le rêve d’une vie prospère à la campagne. Les derniers résistants cachetonnent au RSA, la honte pour des hommes d’honneur. Germain, le maire, réussit à lancer le projet de la dernière chance, le retour à la prospérité avec les aides de l’Union européenne et le retour d’une usine à Saint-Loin. Il y a juste un petit problème dans le plan parfait. Il manque un médecin pour que le dossier soit validé et estampillé.
Que nenni ! On bat le rappel dans toute la France pour attirer le brave docteur sur l’image du bonheur et du grand air. En fin de compte, c’est un ancien exilé à la ville, devenu gendarme qui, par un tour de passe-passe, oblige un pauvre toubib à se mettre au vert. Il faut dire qu’avec un peu d’alcool dans le sang et surtout un petit paquet de poudre, la cause est entendue. Il possède deux choix, la case prison sans passer par la case départ ou l’exil à Saint-loin. Il faut donc rendre le village charmant et attirant pour garder le brave Maxime, le nouveau médecin généraliste. Toute la populace n’hésite pas à mettre la main à la pâte pour que l’affaire soit dans le sac. Entre mensonges et vérité, chacun s’efforce à qui mieux mieux de satisfaire les désirs du toubib.
Le café propose le plat favori, le maire emmène à la pêche le quidam où l’on gagne à tous les coups, même si c’est du poisson congelé. On devient fan de cricket, oubliant le rugby, sport du terroir. Denis se met à la house musique, bref le village ment et espionne à tour de bras ! La farce risque de ne pas durer longtemps et de finir en arroseur, arrosé !
Nous ne vous mentirons pas. Un village presque parfait fleure bon le film de série B qui ne se prend pas la tête. Nous pensons au cinéma d’une certaine époque dont le fleuron du genre, Mon curé chez les nudistes devient le slogan d’un cinéma de genre. Comme souvent, c’est l’esprit d’équipe qui prédomine. Une bande de copains s’amuse et nous transmet cet esprit dans un film, autrement assez moyen. Film de gare, comme les romans, nous l’aurons oublié avant son prochain passage à la télévision où il réalisera le bonheur du 20H30. Plein de bons sentiments, aux personnages limite caricatures.
Nous retrouvons le médecin carriériste assoiffé d’argent et de renommée, le gars de la ville pensant que le bonheur est au cœur du pavé gris. Pour lui donner la réplique, nous retrouvons des gens simples, au bonheur fragile comme une fleur des champs. Le maire prêt à tout pour sauver le pays de son enfance, le postier un peu coincé, l’idiot du village, et le plus ou moins fort en gueule. Il manque la partie séduction proposée par Gwendoline Gourvenec, une jeune actrice à suivre, sympathique et pleine de ressources. C’est léger comme un zéphyr, le scénario s’appuie sur La grande séduction la version canadienne, le village se nommait déjà Sainte-Marie-La-Mauderne. Les gags s’enchainent comme les tours de manège à la foire, ciblant un public familial.
Au passage il en profite pour nous asséner quelques vérités sur les pollueurs, les joies de la campagne, les malheurs de la vie, le mensonge et les cocus. Il construit sa narration autour de l’opposition rat des villes, rat des champs. Il ne se prive pas d’un petit discours écologique sur la pollution et le grand air de la montagne. De la même façon, le médecin comprend que la nature a du bon et que les remèdes de nos grands-mères ne sont pas dépassés. C’est grâce à un petit livre trouvé dans la bibliothèque du pavillon, summum du mauvais goût du paysan jouant les bourgeois qu’il se lance dans la confection de pommades, sirops et vieux remèdes de notre enfance au goût parfois douteux, mais souvent efficace.
Un village presque parfait appartient à la catégorie de ces films sympathiques que le critique n’arrive jamais à détester complètement car ils possèdent toujours un petit je-ne-sais-quoi de nostalgique, d’un cinéma bon enfant.
Patrick Van Langhenhoven
Bonus:
Making of
Interviews
Titre : Un village presque parfait
Réalisation : Stéphane Meunier
Scénario : Jérôme L'Hotsky, Josselyn Bossennec, et Stéphane Meunier d'après le film La Grande Séduction de Jean-François Pouliot
Production : Djamel Bensalah
Directeur de Production: Thierry Cretagne
Image : Baptiste Nicolaï
Régisseur général: Nicolas Ploux
Distribution : Société nouvelle de distribution
Pays d'origine : France
Langue originale : Français
Genre : Comédie
Durée : 1 h 30 minutes
Distribution
Didier Bourdon : Germain, le maire
Lorànt Deutsch : Docteur Maxime Meyer
Carmen Maura : Carmen
Denis Podalydès : Henri
Élie Semoun : Denis
Annie Grégorio : Clothilde
Lionnel Astier : Yvon
Armelle : Josiane
Patrick Ligardes : Chavi
Pierre Ménès : Brice
Barbara Bolotner
Yvonne Gradelet