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affiche Un Havre de paix

Un Havre de paix

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Un film de Yona Rozenkier ,
Avec Yona Rozenkier , Micha Rozenkier, Yona Rozenkier,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h31
Israël

En Bref

C’est l’histoire de trois frères au cœur d’un kibboutz dans les années deux mille. C’est le retour de Yoav marqué par la guerre qui fait rage à l’extérieur. Le lieu semble être ce havre de paix craignant le chaos mais encore préservé des violences. On a éteint les sirènes pour permettre aux vieillards de dormir puisque le conflit dehors sommeille. Les gardes se succèdent. Au loin, le bruit des canons résonne et tonne dans l’air sec du désert. Avishaï, le plus jeune, se prépare à quitter le lieu pour rejoindre le conflit. Il oscille entre l’appel du fusil et la peur de quitter la vie pour la mort. Itaï l’ainé l’endurcit, le prépare à la violence qui l’attend à l’extérieur. Il est en conflit avec Yoav, traumatisé par ce qu’il a vu dans l’autre monde, au-delà du havre de paix. Il connaît la colère des canons, la folie des batailles. Il n’en parle jamais, se refuse à laisser partir le plus jeune. Ils se retrouvent autour de la mère, de la tante, des femmes bien plus fortes et plus réalistes à propos de cette tragédie qui se joue. Ils sont là pour enterrer le père mort il y a un an et réaliser une promesse énoncée au fond des eaux sombres de la grotte. C’est le moment où les choses tapies dans le cœur des hommes éclatent comme la guerre et troublent la paix.


Le premier film Yona Rozenkier ressemble à une tragédie, une légende antique. C’est un pays entouré par la violence des batailles, un roi mort qu’il faut honorer une dernière fois. C’est le plus jeune des fils, condamné au chaos de la guerre. Dans cette espace d’une utopique promesse d’un monde nouveau s’affrontent la mort et la vie. Pour Yoav, partir c’est mourir et rester c’est vivre. Les trois frères sont peut-être une image, une métaphore d’Israël. C’est comme la figure du père que l’on ne voit pas, comme la guerre au-dehors. C’est la vieille histoire d’Abel et Caïn, quand la perte de l’innocence débouche sur la violence du monde. On quitte le paradis pour un monde où la guerre est toujours omniprésente comme une épée de Damoclès au-dessus du pays.

Une autre métaphore apparaît, celle du traumatisme d’un peuple marqué par la discrimination et l’errance. Le film, dans son cœur, explore à travers les trois frères le poids de la guerre et leurs remous intérieurs. Comment elle nous change, nous façonne pour grandir autrement. Il est peut-être temps de quitter le néant pour construire la paix. Enterrer le père, plonger au cœur de la grotte des origines, c’est peut-être achever le temps de la guerre. L’auteur utilise les symboles, comme ces vieillards endormis que l’on découvre à la fin. Ils lèvent les yeux vers les étoiles, entre espérance de l’ailleurs et la peur de la bombe. On pense au western pour sa forme tels L’homme des vallées perdues, Les quatre fils de Katie Elder, avec le même questionnement sur le monde. La figure de Clint Eastwood devient une image récurrente, portée par les frères d’une façon différente. Yona Rozenkier parsème son film de nombreux symboles que le spectateur découvre au fur et à mesure. C’est bien ce que l’on peut construire quand on choisit l’espérance.

Havre de paix est loin d’être un film machiste, donnant la parole aux hommes en oubliant les femmes. Il commence par la nuit, le plus jeune s’enfonce en son cœur. Elle est plus présente que le jour qui peu à peu gagne sur elle pour chasser la peur de l’inconnu. Il donne la parole aux femmes, fragiles et si fortes à la fois, comme la mère et la tante. À la fin, la mère dénoue ses cheveux dans un geste annonçant que demain, le rêve de l’Eden est de nouveau possible. Un havre de paix est un film intemporel et universel qui se savoure et qui, à chaque lecture, nous ouvre de nouvelles portes sur nous-mêmes et le monde.

 Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
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Sous-titres :
Edition :


Titre : Un Havre de paix

Genre: Drame

Pays: Israélien  

Durée: 1h31

Acteurs et actrices

Yoel Rozenkier : Yoav

Micha Rozenkier : Avishai

Yona Rozenkier : Itai

Claudia Dulitchi : Franca la mère

Miki Marmor : Hava la tante

Daniel Sabag : Deuxième classe

Shmuel Edelman : Uzi, le père de Deuxième classe

Equipe technique

Scénariste : Yona Rozenkier

Compositeur : Israel Bright

Producteur : Efrat Cohen, Kobi Mizrahi

Producteur délégué : Raz Yosef, Yaron Bloch, Dubi Rubinstein, Reuven Hecker, Dominique Welinski, Ben Karniel

Directeur de la photographie : Oded Ashkenazi

Monteur : Or Lee-Tal

Directeur artistique : Yonatan Bereskin

Directeur de production : Efrat Cohen, Kobi Mizrahi

Chef costumier : Rachel Ben-Dahan

Ingénieur du son : Ami Arad

Maquilleur : Carmit Buzaglo

Production : Gaudeamus Productions

Distributeur France (Sortie en salle) : Pyramide Distribution