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affiche Tokyo Fiancée

Tokyo Fiancée

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Un film de Stefan Liberski ,
Avec Pauline Etienne, Taichi Inoue, Julie Le Breton,

Genre : Comédie romantique
Durée : 1h40
Belgique

En Bref

Amélie, 20 printemps, revient au Japon de son enfance pour en trouver le cœur. Elle décide pour vivre de donner des cours de français. Elle ne se doute pas que cette petite annonce débouchera sur une romance qui lui fera toucher l’âme de son rêve. Petit à petit, par touches, par tous ces riens gorgés de tout, leur romance s’élance dans le ciel de Tokyo.

Rinri l’élève et Amélie la professeure apprennent à écouter vibrer leurs cœurs, à écouter vibrer un pays, à saisir l’âme de l’autre. Rinri l’entraîne sur les chemins de traverse d’un Japon qu’elle ne connaissait pas. Elle l’emmène sur les chemins de traverse de l’esprit de la France et de la Belgique. La petite fille qui voulait être écrivaine finit par trouver sa voie et le jeune garçon, l’ineffable tendresse d’un passé qui ne vous quittera plus.

 L’initiation passe par les étoiles que la vie lance sous les pieds du voyageur. Il lui faut écouter le chant de son cœur à l’unisson avec le monde pour saisir sa voie. Une rencontre, un apprentissage se transforme en une autre musique que celle que l’on distingue dans les brumes du Fuji Yama. La jeune maîtresse devient la porte à ouvrir sur un pays qu’elle ne connaît que dans l’imaginaire d’une petite fille née dans un pays d’Oz ! Amélie découvre avec Rinri plus que l’amour, l’âme d’un univers qu’elle adore encore plus.

Rinri le jeune Japonais épris de l’esprit d’un pays lointain découvre le chant cosmique de l’amour. Il envahit votre cœur pour le porter dans l’infini vide d’où tout peut prendre naissance. De cette histoire, source jaillissante naitra un torrent paisible et deux petites rivières qui se noieront dans l’océan de l’existence.   


Stefan Liberski saisit à ravir l’âme du roman d’Amélie Nothomb, l’initiation d’une jeune fille à travers une histoire d’amour et le rêve d’un pays. La naissance d’une romancière et de son univers surréaliste nait sur les pentes du Fuji-Yama et dans cette histoire d’amour. Léger comme un nuage, entre réalité et onirisme dans la veine de Jaco Van Dormael, le cinéma belge réinvente les codes de la romance. Délicat et tendre comme une cérémonie du thé où l’imprévu et le rêve se glisseraient pour mieux nous surprendre.

 L’écriture d’Amélie Nothomb plonge sa plume à la fois dans le Mu du zen japonais, le vide d’où tout peut jaillir,  et la lignée des surréalistes. Nous retrouvons à la fois cette légèreté de l’âme, ce petit rien qui se grave dans notre âme, résonne en écho sur la table de nos sentiments et désirs. C’est aussi cet imaginaire, onirisme, folie douce des surréalistes quand une séquence s’efface pour toucher la partition de la poésie. Geisha ou écrivaine en kimono, mille pages s’envolent pour épouser le merveilleux de l’auteur. Elles évolueront demain en romans quand le cercle de la métamorphose s’achèvera. C’est le choc d’une petite fille de retour au pays de sa naissance, elle retrouve un pays différent de ce que son imaginaire de petite fille imprimait dans son cœur. La relation de professeur à élève prend vite une autre tournure.

Le réalisateur utilise le Japon comme territoire de découverte, trace une double ligne de vie, celle du cœur et des sentiments que nous voyons grandir et devenir réalité. Ils se jouent dans les gestes, les regards, les mots : Rinri parlant d’Amélie dit sa « Maîtresse ». C’est le double sens de la langue française, l’amoureuse interdite, inconnue, inaccessible, souvent l’initiatrice des jeux du corps dans la littérature occidentale. C’est aussi celle qui enseigne, souvent employé pour le primaire, les premiers pas. On parlera plus de professeur par la suite. Le film est parcouru d’un bout à l’autre par cette notion de l’origine, de la première fois, de ce Tao qui se divise et prend de multiples formes. L’amour bien entendu !  Rinri apparaît comme la vraie aventure, le premier pas sur le sentier amoureux qui détermine tous les autres à venir. Le Japon des premiers émois, des enfants en arrière-plan jouant au bas de l’appartement d’Amélie, des passants, de ce chanteur, etc.

Cette Voie lactée des petites choses, de ce Mu cité plus haut prend le plein de notre démesure et nous forme comme la glaise du potier. Le film nous amène donc à la rupture, à la fin de l’initiation, de l’enfance, en bas de la montagne au sens propre et figuré. Au Japon c’est l’incontournable Fuji Yama, immortalisé par les dessins d’Hokusai. Amélie dit : on n’est complètement Japonais qu’après avoir grimpé au sommet du volcan endormi. Elle accomplit seule cette ascension, noyée dans la douceur des flocons virevoltant comme autant de pages à laisser derrière soi qui finissent par se fondre dans le sol rejoindre l’univers comme nos âmes au dernier jour. Le Fuji Yama, volcan endormi en apparence, mais dont le cœur bouillonne comme nos petites existences lucioles éperdues d’infinis.

Amélie revient du voyage enfin femme, c’est l’heure des choix, de tous ces possibles à venir  nourris par le vide de notre passé. La caméra de Stefan Liberski épouse avec grâce son univers, la métamorphose à son tour tout en plongeant son cadre dans l’esprit surréaliste, onirique, poétique et merveilleux, avec une touche d’Ozu. Les deux réalisateurs ont en commun le Mu gravé sur la tombe d’Ozu, et leur histoire simple, si riche qu’elle touche notre âme. Ils s’interrogent aussi sur la famille et l’amour, thématiques communes que nous retrouvons dans leurs œuvres. Il faut aussi regarder au-delà du cadre, derrière les personnages, saisir ce qui surligne le récit : les petites scènes de rue, les enfants, passage récurrent qui marque la progression d’Amélie, les paysages, les lieux de la source au sommet de la montagne et retour à la ville. Pour tout cela, Tokyo Fiancée est pour nous la meilleure des comédies romantiques et bien plus que cela de ce début d’année.

 Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Eurozoom vidéo


    Genre : Comédie dramatique

    Durée : 100 minutes

    Image : Hichame Alaouié

    Musique : Casimir Liberski

    Production : Versus Production

    Société de distribution : O'Brother (Belgique), Eurozoom (France)

    Ventes internationales : Films Distribution

    Pays : Belgique, France, Canada

    Langue : Français

Distribution

     Pauline Etienne : Amélie

    Taichi Inoue : Rinri

    Julie Le Breton : Christine

    Alice de Lencquesaing : Yasmine

    Akimi Ota : Hara

    Tokio Yokoi : Le père de Rinri

    Hiromi Asai : La mère de Rinri