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affiche Suzanne

Suzanne

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Un film de Katell Quillévéré,
Avec Sara Forestier, François Damiens, Adèle Haenel,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h34
France

En Bref

Suzanne comme une chanson qui perd les sens, s’envole et s’efface dans la nuit pour rugir son destin brisé et son amour trop grand. Suzanne, petite fille, n’a jamais quitté la piste du spectacle de danse où, du regard, elle cherchait celle qui n’est plus. Il reste le père, toujours sur les routes, il faut bien qu’on bouffe la vie et nourrisse le corps. Il reste Maria, sa grande sœur, complice de toujours, des premiers jours, des premiers regards aux garçons qui passent, des premières escapades et de la première rencontre, de ce rêve d’amour dans la lueur des spots de la piste de danse. Vient la saison des escapades, du premier enfant, du premier amour, de l’abandon pour s’enfuir dans la nuit au bras de cet inconnu qu’on aime. L’amour, horizon sans limite, fracture, blessure et baume du cœur, ça tape au rythme de ses mots, de ses baisers, de ces mains explorant votre corps. L’amour, ça bouffe tout, ça ronge ça emballe, ça vous conduit dans des territoires impossibles que personne ne comprend. Elle le suivra jusqu’au bout du monde comme dans les goualantes de la môme Piaf. Il est beau et ténébreux, un mauvais garçon, on s’en fout ! Elle aime, elle vit ! Elle trouve ce manque qui la comble, remplit ses espaces de solitude de désespoir, de ténèbres, ses fractures que le père, la grande sœur n’avaient pas réussi à combler complètement. Un jour viendra le temps des comptes, le solde de l’existence, des blessures, fautes aux autres, du temps perdu que l’on ne rattrapera jamais. Le temps où on pèse le poids de petits riens d’une vie ordinaire ou la folie d’un amour extraordinaire. Le petit feu près de la cheminée ou le grand feu qui emporte tout et ne laisse que cendres… 

Katell Quillévéré ne nous propose pas une nouvelle version de Bonnie et Clyde, le chemin qu’elle suit n’est pas celui de la poudre et du sang. Elle explore le cœur de ces pécheresses pour les braves gens, ces folles qui par amour se perdent dans le néant du mal. Elle trace le long sillon qui marque une vie quand l’amour efface toute raison et vous fait commettre l’irréparable. Elle s’est d’ailleurs inspirée de plusieurs de ces compagnes de voyous, dont celle de Mesrine.


Suzanne comme une chanson qui perd les sens, s’envole et s’efface dans la nuit pour rugir son destin brisé et son amour trop grand. Suzanne, petite fille, n’a jamais quitté la piste du spectacle de danse où, du regard, elle cherchait celle qui n’est plus. Il reste le père, toujours sur les routes, il faut bien qu’on bouffe la vie et nourrisse le corps. Il reste Maria, sa grande sœur, complice de toujours, des premiers jours, des premiers regards aux garçons qui passent, des premières escapades et de la première rencontre, de ce rêve d’amour dans la lueur des spots de la piste de danse. Vient la saison des escapades, du premier enfant, du premier amour, de l’abandon pour s’enfuir dans la nuit au bras de cet inconnu qu’on aime. L’amour, horizon sans limite, fracture, blessure et baume du cœur, ça tape au rythme de ses mots, de ses baisers, de ces mains explorant votre corps.

L’amour, ça bouffe tout, ça ronge ça emballe, ça vous conduit dans des territoires impossibles que personne ne comprend. Elle le suivra jusqu’au bout du monde comme dans les goualantes de la môme Piaf. Il est beau et ténébreux, un mauvais garçon, on s’en fout ! Elle aime, elle vit ! Elle trouve ce manque qui la comble, remplit ses espaces de solitude de désespoir, de ténèbres, ses fractures que le père, la grande sœur n’avaient pas réussi à combler complètement. Un jour viendra le temps des comptes, le solde de l’existence, des blessures, fautes aux autres, du temps perdu que l’on ne rattrapera jamais. Le temps où on pèse le poids de petits riens d’une vie ordinaire ou la folie d’un amour extraordinaire. Le petit feu près de la cheminée ou le grand feu qui emporte tout et ne laisse que cendres… 

Katell Quillévéré ne nous propose pas une nouvelle version de Bonnie et Clyde, le chemin qu’elle suit n’est pas celui de la poudre et du sang. Elle explore le cœur de ces pécheresses pour les braves gens, ces folles qui par amour se perdent dans le néant du mal. Elle trace le long sillon qui marque une vie quand l’amour efface toute raison et vous fait commettre l’irréparable. Elle s’est d’ailleurs inspirée de plusieurs de ces compagnes de voyous, dont celle de Mesrine. Elle commence par une petite fille perdue par la mort de la mère, un manque, un vide qui ne se comble pas. Un père qui ne sait pas, ou plutôt ne peut pas combler ce néant aussi profond que les abysses. François Damiens excelle dans le rôle du père, loin des personnages humoristiques plus cyniques qu’il joue d’habitude. Il donne tout le relief au personnage que l’on sent plein de bonne volonté, qui  parcourt les routes dans son camion pour offrir une vie normale à ses filles. Mais il manque une mère, celle qui comprend vos peines, vos désespoirs, vous guide, vous punit, vous aime. Nous sentons bien que la quête reste d’abord celle de l’amour, sa rébellion contre l’autorité.

C’est peut-être un appel à être aimée, cet abandon de son fils, c’est sans doute une incapacité à offrir ce qu’elle demande à d’autres. Le film raconte le long chemin pour trouver cette petite flamme qui vaut la peine de vivre, n’importe comment, à n'importe quel prix comme le chanterait le poète. Avant, il faut qu’elle se perde dans les bras d’un garçon qu’elle aime et qu’elle suivra en enfer. Le film saute les époques pour marquer chaque moment important de la vie de Suzanne, de la première séquence où la petite fille cherche du regard presque affolé, déjà perdu, une mère qui ne viendra pas. Dans ce dernier, la réalisatrice nous résume tout le film, l’histoire de Suzanne qui ne trouvera peut-être jamais ce qu’elle cherche. Nous pensons au personnage de Pialat, Loulou ou plus précisément, et assumé par la réalisatrice, la Suzanne de A nos Amours interprétée par Sandrine Bonnaire.

Elle aussi en quête d’un improbable amour, placé trop haut. Leur Graal relève de l’utopie, car il est si fort, si immense que personne ne peut le combler. La fin de la quête s’achève quand elle comprend enfin que les amours de contes de fées n’existent pas. Les histoires d’amour sont bien plus belles et bien plus grandes. Elles nous appartiennent,  elles sont ce que nous bâtissons jour à après jour dans le secret de notre âme. Il faudra des blessures, des morts, des vivants et des enfants retrouvés, pour qu’enfin Suzanne puisse accepter et quitter « la vie rêvée des anges » pour son propre rêve à illuminer chaque jour. La mise en scène s’apparente aussi à celle de Pialat, à un cinéma saisissant l’instant, une fiction nourrie au sang, au sens de la vie. 

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9, Film
Langues Audio : Audiodescription (pour malvoyants) Français Dolby Digital 5.1, 2.0
Sous-titres : aucun
Edition : TF1 vidéo

bonus:

Interviews :
- Katell Quilévéré (9')
- Sara Forestier (7')
- Adèle Haenel (4')
- François Damiens (5')