Chaque matin sur la place où j’habite, les mamans conduisent leurs enfants, cartable Hello Kitty ou d’un autre héros de nos sociétés aisées. Ailleurs dans le monde, des enfants parcourent chaque jour des kilomètres pour le prix du savoir acquis. Le film s’ouvre sur Jackson, 10 ans, Kenya au pied de l’Afrique là où paissent les éléphants, 15km, deux heures de route. Il n’a pas de chambre aux posters ornés des idoles du petit écran. Il ne possède même pas de télé. Comme tous les enfants de ce film, il aide ses parents ou entreprend la longue route menant à l’école.
Pour Jackson, l’eau ne coule pas du robinet, il faut creuser le sol pour remplir son bidon, car l’école n’en fournit pas. Ensuite c’est la longue traversée de la brousse où les grands pachydermes regardent ces deux petites fourmis passer quand l’envie ne les prend pas de les courser. S’ils survivent aux éléphants capricieux, aux braconniers prompts au coup de fusil, aux soldats rebelles qui pourraient les enrôler, Jackson et sa petite sœur profiteront d’un jour de plus de savoir. Dans le haut Atlas du Maroc, Zahira, 22 km, 4h pour avec ses copines, par des chemins sinueux et dangereux, arriver au pied des montagnes. C’est une semaine, loin de leurs parents pour dévorer le savoir qui demain leur permettra une vie moins pénible et plus libre.
Samuel 11 ans, handicap, Inde, 4km , 1h15, dans un fauteuil brinquebalant, fait de bric et de broc, qu’il ne changera même pas pour un de luxe offert par la production. Réponse du gamin : « c’est trop mou ! » La pièce de métal et d’une chaise en plastique que poussent vaillamment ses petits frères pour qu’il se saoule du savoir. Enfin Carlos, 11 ans et sa petite sœur, 18 km, 1h30 dans la pampa à cheval que finira par conduire la petite avec les yeux remplis de bonheur.
Chaque matin sur la place où j’habite, les mamans conduisent leurs enfants, cartable Hello Kitty ou d’un autre héros de nos sociétés aisées. Ailleurs dans le monde, des enfants parcourent chaque jour des kilomètres pour le prix du savoir acquis. Le film s’ouvre sur Jackson, 10 ans, Kenya au pied de l’Afrique là où paissent les éléphants, 15km, deux heures de route. Il n’a pas de chambre aux posters ornés des idoles du petit écran. Il ne possède même pas de télé. Comme tous les enfants de ce film, il aide ses parents ou entreprend la longue route menant à l’école.
Pour Jackson, l’eau ne coule pas du robinet, il faut creuser le sol pour remplir son bidon, car l’école n’en fournit pas. Ensuite c’est la longue traversée de la brousse où les grands pachydermes regardent ces deux petites fourmis passer quand l’envie ne les prend pas de les courser. S’ils survivent aux éléphants capricieux, aux braconniers prompts au coup de fusil, aux soldats rebelles qui pourraient les enrôler, Jackson et sa petite sœur profiteront d’un jour de plus de savoir. Dans le haut Atlas du Maroc, Zahira, 22 km, 4h pour avec ses copines, par des chemins sinueux et dangereux, arriver au pied des montagnes. C’est une semaine, loin de leurs parents pour dévorer le savoir qui demain leur permettra une vie moins pénible et plus libre.
Samuel 11 ans, handicap, Inde, 4km , 1h15, dans un fauteuil brinquebalant, fait de bric et de broc, qu’il ne changera même pas pour un de luxe offert par la production. Réponse du gamin : « c’est trop mou ! » La pièce de métal et d’une chaise en plastique que poussent vaillamment ses petits frères pour qu’il se saoule du savoir. Enfin Carlos, 11 ans et sa petite sœur, 18 km, 1h30 dans la pampa à cheval que finira par conduire la petite avec les yeux remplis de bonheur.
Ces quatre routes nous apprennent le prix du savoir, son importance pour des familles qui souvent envoient leurs enfants à l’école, richesse qu’ils n’ont jamais eue. Ils connaissent le coût, l’importance, qu’ils glaneront, préserveront comme des trésors plus précieux que l’or ou l’argent. Dans ce monde, la survie est une question de tous les jours où l’eau, la nourriture sont des biens plus importants que tout ce que nous gaspillons. Grâce à une petite équipe, le réalisateur refait le parcours plusieurs fois, pour saisir dans le moment les rires, les caprices, les difficultés prises sur le vif.
Il amasse de nombreuses images pour piocher dans sa malle au trésor, les moments les plus savoureux. Le film s’enrobe de spontanéité, une roue casse, on se rend chez le réparateur sans changer ses habitudes pour ces étranges animaux harnachés de micros et d’objectifs. Dans le monde, plus d’une trentaine d’histoires de ce genre ont été recueillies, le producteur et Pascal Plisson n’en retiendront que quatre, le cœur gros pour le reste. Un projet d’une série est en cours, pour une chaine de télévision où l’on retrouverait les autres récits. Ils n’oublient pas les enfants et leur objectif, et une partie des fonds sera réinvestie dans des associations pour faciliter le droit à l’école.
Tous les parents du film acceptent sans réserve, au contraire, parfois même ce sont eux qui devancent la demande du droit à l’éducation de leur enfant. Dans ces territoires reculés, leur travail leur permet tout juste de survivre. Ils connaissent le prix du savoir qui aide à s’émanciper d’une condition archaïque. Dans nos petites vies dorées, nous oublions souvent le bonheur que nous avons d’aller à l’école. Issu d’une famille pauvre, au plus bas de l’échelle j’en connais le prix et mon parcours pour me rendre en classe n’a jamais été question de survie.
Il me permettait d’acquérir les outils pour me sortir de ma condition et m’élever au sein de la société. Il serait important que tous les enfants découvrent ce film pour se rendre compte, sans long discours, de la nécessité d’apprendre. Chaque route parle d’elle-même, elle nous dévoile combien, pour ces enfants qui prolongent leurs études, une autre vie se dessine.
Patrick Van Langhenhoven
César 2014 : meilleur film documentaire
Prix Henri-Langlois du film documentaire 2014
Prix INIS du 17e festival du film pour enfants de Montréal3
Bonus:
Reportage sur Jackson à Paris et lors de l'avant première du film en France
BA