La roue des existences ne serait-elle qu’un éternel recommencement ? Au cœur de la galaxie, elle se remet en marche et de nouveau éveille les grains qui se rejoindront en son cœur. Bien des années après la chute de la force noire, des Siths et de leur maitre sombre, ils ne sont plus qu’une légende pour faire peur aux enfants. Le cycle recommence, le cercle tourne de nouveau pour reprendre le chant de la lutte des ténèbres et de la lumière. Un robot perdu, abandonné au cœur du désert, cherche une âme charitable pour le conduire à une princesse de nouveau en lutte. C’est une jeune fille, elle aussi abandonnée, en attente d’un retour hypothétique d’on ne sait qui.
Elle le protège des sombres jours qui s’annoncent. C’est un jeune déserteur fuyant les forces obscures pour rejoindre la lumière. Un vieux mercenaire et son compagnon retrouvent la trace des jours anciens quand le bonheur ne menait pas à la peine. C’est un vieux chevalier Jedi perdu au cœur du système au fin fond des confins cosmiques. Tous le cherchent comme la carte de son repaire qui mène au réveil de la lumière quand les ténèbres étendent leurs ombres de plus en plus loin. Les amants se retrouvent pour de nouveau partir en guerre dans un combat qui ne prendra peut-être jamais fin. La jeune fille et le jeune déserteur ignorent encore où se trouvent leurs places.
La magie renait de ses cendres, la force s’active, mais rien n’est encore joué. Entre bien et mal, le jeu commence, prenant sa source aux larmes des souvenirs. Quelle voie choisit le destin ? Au-dessus de la partie, il tire les ficelles de ces petites marionnettes se débattant entre ombre et lumière. Une fois de plus, ce qui fut désuni retrouve son identité, les jours sombres et les soleils pimpants verront leur affrontement pour qu’émerge une nouvelle voie. Père et fils, mère et fils, orphelin perdu, âme noire, parcelle de lumière dans le cœur d’une jeune fille, amour frémissant, lame noire jouant le frémissement de la mort, chacun lance la roue de son existence. Pareilles aux moulins à prières des temples tibétains, elles s’animent et chantent pour qui pour quoi, résonnant encore dans le cosmos.
Nous ne vous révèlerons rien de ce qui vous attend quand vous prendrez place pour être, comme nous, émerveillé et surpris. C’est juste une vague idée, un murmure dans le chant global pour vous donner envie. Plus tard, nous reprendrons plus à fond les thématiques et le rôle de chacun pour les inscrire dans cette roue des existences. Ce que l’on peut déjà dire sans trahir le fond, c’est que le réveil de la force reprend le cœur de la saga. Nous allons essayer de vous expliquer pourquoi toute une génération se reconnaît dans le film.
En 1977, elle s’empare de La guerre des étoiles pour en faire son film de chevet. Elle retrouve dans celui-ci toutes ses aspirations, ses choix de vie, son idéologie qui perdure encore aujourd’hui. La guerre des étoiles devient son Graal, son Seigneur des anneaux, son film des origines. Il rejoint les mythes fondateurs auxquels s’accrochent les rêveurs pour bâtir et espérer un monde nouveau. D’où viennent-ils ceux que l’on nomme à l’époque les babas cool ? Ils sont issus du mouvement hippie qui trouve sa source dans l’ouvrage Sur la route de Jack Kerouac, la Beat Génération. Elle lit de la science-fiction, Asimov Les robots, Fondations, Philip José Farmer Les amants étrangers, Vance, le cycle des Tschaï, Le Château de Lord Valentin de Robert Silverberg et Le Maître des ombres de Roger Zelazny.
Dans un autre genre, elle s’accroche au mythe du Graal, Aldous Huxley Le meilleur des mondes, les contes, au cinéma Zardoz, Délivrance, 2001 l’Odyssée de l’espace, Silent Running, etc. Elle parle beaucoup du Tao et du Bouddhisme, zen en particulier qui commence à gagner les consciences d’une partie de la jeunesse dans les années 70.
La guerre des étoiles raconte l’initiation d’un jeune garçon qui, au cœur de la tempête, de la lutte du bien et du mal, trouve sa voie. Un empire unique se trouve séparé en deux. D’un côté les forces noires, les Siths conduits par Dark Vador et de l’autre, les forces blanches, les chevaliers Jedi conduits par Obi Wan Kenobi. Au-dessus, deux maitres : Yoda pour la lumière et Dark Sidious pour les ténèbres. C’est en résumé la philosophie du Tao : « Ces deux choses ont une même origine et reçoivent des noms différents. On les appelle toutes deux profondes. » Ils utilisent tous deux une partie de la force que nous pourrions traduire par l’énergie cosmique. C’est le principe de l’éveil bouddhique, se fondre dans le cosmos. Le fameux « Connais-toi, toi-même » que le maitre du zen Soto Dogen traduit par « S’étudier soi-même c’est s’oublier soi-même. S’oublier soi-même c’est être certifié par toutes les existences. » Voilà en résumé pour la partie concernant la force et les chevaliers Jedi.
Elle nous narre, comme dans les contes d’autrefois, l’histoire d’une princesse prisonnière qu’un jeune paladin vient délivrer du mal. Elle reprend le principe du Graal et de toute la mythologie celtique, le masculin, le féminin, la force de la nature qu’utilise Merlin. Quatre ans plus tard, Boorman, un des réalisateurs phares de cette génération sort Excalibur. Nous retrouvons dans les deux films un début sur une planète où le désert est omniprésent. Plus rien ne pousse, la terre est stérile. Elle retrouve son aspect verdoyant une fois la reine de retour. C’est l’égalité des sexes dans le principe du Tao. Dans leur union, ils redeviennent le « un » des origines. C’est la symbolique de l’épée tirée du rocher, du garçon ou de la fille un peu naïve, Perceval dans le mythe du Graal qui finit par trouver le château mythique, le temple où vit le maître. C’est à tout cela et bien plus encore que se raccroche la génération de la Guerre des étoiles, un nouvel espoir.
Elle se focalise sur ce nouvel espoir, cette quête que certains abandonneront et qui semble de retour. C’est pourquoi, à mon avis, le film dépasse son créateur, il devient l’objet des fans et de la société. Qu’en est-il aujourd’hui pour le réveil de la force ? Un réveil. Pour un sursaut, il faut attendre d’en savoir plus, mais cela me semble bien parti. Le réveil de la force n’est pas un reboot comme le pensent certains, la roue tourne et elle bouge, elle évolue. Tout ce qui est dans le premier opus se retrouve en son sein, toutes les thématiques évoquées plus haut. Mais il faudrait éviter de regarder le doigt qui montre la lune ! Nous reviendrons sur le film beaucoup plus tard pour l’analyser plus à fond. Nous vous proposerons, en attendant, un autre article sur la révolution technique du premier et ce que laisse présager le réveil de la force.
Patrick Van Langhenhoven
Titre original : Star Wars Episode VII: The Force Awakens
Titre français : Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force
Réalisation : J. J. Abrams
Scénario : J. J. Abrams, Lawrence Kasdan et Michael Arndt
Direction artistique : Ashley Lamont, Andrew Palmer et Stephen Swain
Décors : Rick Carter et Darren Gilford
Costumes : Michael Kaplan
Photographie : Daniel Mindel
Son : Matthew Wood
Montage : Maryann Brandon et Mary Jo Markey
Musique : John Williams
Production : Kathleen Kennedy, J.J. Abrams et Bryan Burk
Coproduction : Tommy Gormley, Lawrence Kasdan, Michelle Rejwan, Ben Rosenblatt et John Swartz
Production déléguée : Tommy Harper et Jason D. McGatlin
Sociétés de production : Lucasfilm et Bad Robot
Société de distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International
Budget : 200 000 000 USD (au minimum)
Pays d’origine : Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur - 35 mm14 - 2,35:1 - son Dolby Digital / Dolby Atmos
Genre : science-fiction
Durée : 135 minutes
Dates de sortie : 16 décembre 201519,20
Distribution
Daisy Ridley (VF : Jessica Monceau) : Rey
John Boyega(VF : Jean-Baptiste Anoumon) : FN-2187 / Finn
Oscar Isaac (VF : Benjamin Penamaria) : Poe Dameron
Adam Driver (VF : Valentin Merlet) : Kylo Ren / Ben Solo
Domhnall Gleeson (VF : Jean-Pierre Michaël) : général Hux
Harrison Ford (VF & VQ : Richard Darbois) : Han Solo
Carrie Fisher (VF : Béatrice Delfe ; VQ : Anne Caron) : Leia Organa
Mark Hamill : Luke Skywalker
Peter Mayhew : Chewbacca
Gwendoline Christie : capitaine Phasma
Lupita Nyong'o (VF : Marie Tirmont) : Maz Kanata
Andy Serkis (VF : Féodor Atkine) : leader suprême Snoke
Max von Sydow (VF : lui-même) : Lor San Tekka
Anthony Daniels (VF : Jean-Claude Donda) : C-3PO
Kenny Baker : R2-D2
Tim Rose : amiral Ackbar
Mike Quinn : Nien Nunb
Greg Grunberg : Snap Wexley
Ken Leung (VF : Laurent Morteau) : amiral Satura
Simon Pegg (VF : Michel Vigné) : Unkar Plutt
Jessica Henwick : Jessika Pava
Warwick Davis : Wollivan
Billie Lourd : lieutenant Connix
Ewan McGregor : Obi-Wan Kenobi (caméo vocal)
Daniel Craig : le stormtrooper contrôlé par Rey (caméo)