Cine-Region.fr
affiche Rush

Rush

___

Un film de Ron Howard,
Avec Chris Hemsworth, Daniel Brühl, Olivia Wilde,

Genre : Drame psychologique
Durée : 2h03
États-Unis

En Bref

RUSH retrace le passionnant et haletant combat entre deux des plus grands rivaux que l’histoire de la Formule 1 ait jamais connus, celui de James Hunt et Niki Lauda concourant pour les illustres écuries McLaren et Ferrari. Issu de la haute bourgeoisie, charismatique et beau garçon, tout oppose le play-boy anglais James Hunt à Niki Lauda, son adversaire autrichien, réservé et méthodique. RUSH suit la vie frénétique de ces deux pilotes, sur les circuits et en dehors, et retrace la rivalité depuis leurs tout débuts.

En 2008, on découvrait l’étincelle provoquée par la rencontre entre Ron Howard et le scénariste Peter Morgan, grand spécialiste des biopics remarqués (The Queen, The Deal, Le Dernier Roi d’Ecosse), à l’occasion du magistral Frost/Nixon, l’heure de vérité. Cette étincelle, c’est intacte qu’on la retrouve dans Rush où le tandem se reforme pour observer une nouvelle dynamique de rivalité dans une discipline boudée par le cinéma, le sport et plus précisément, la course automobile. Il faut dire que la rivalité entre Hunt et Lauda, deux champions de Formule 1 à l’individualité diamétralement opposée, portée par la jalousie et le respect mutuel, était du pain bénit pour ces deux faiseurs. Mais c’est tout de même pari tenu pour Howard qui part en pole position avec Rush, certainement une de ses meilleures réalisations.


S’il part avec un tour d’avance grâce à deux personnages au fort potentiel cinématographique, Rush est un pari en soi. D’abord parce que son propos s’articule autour d’un drame sportif (rabattu) dans le milieu des grands prix de F1 (trop peu représenté, si ce n’est par des oeuvres qui commencent à avoir de la bouteille : Le Mans ou Grand Prix) et presque méconnu aux Etats-Unis. Ensuite, parce qu’il met à l’écran deux légendes, qui propulsés par l’engouement de l’époque, sont perçus comme de véritables rock stars, des gladiateurs de la route qui risquent leur vie à chaque instant pour gagner. Et puis, il y a l’univers, qui passionne certains mais qui dénombre bien des profanes, peu enclins à se plonger dans la mécanique et les rouages de ce sport exigeant. Tout ça pour dire que l’ancien héro de la série culte Happy Days (ndlr. Ron Howard) se voit assigner une mission de taille : respecter le sport et ses légendes tout en communiquant l’adrénaline aux non-initiés.

Dans un schéma assez basique du drame sportif : duel entre deux pilotes que tout oppose, Howard et Morgan tissent une narration ample autour de véritables enjeux dramatiques, à savoir l’exploration de leur quête, proche de la quête artistique et l’exploitation des antagonismes et des points communs qui lient ces deux personnages à la fois dans leur vision de la course, du sport, de la victoire et du succès. Cet amour vache qui habitent Hunt et Lauda, à mi-chemin entre le respect et la jalousie, va être l’occasion pour Ron Howard d’évoquer de façon limpide un certain nombre de valeurs qui animent l’humain : l’honneur, l’entraide, la bravoure, la combativité, l’humilité… et, par extension, de dépeindre un monde où le sport n’était pas corrompu par l’argent et où les pilotes, épris de liberté et d’inconscience conférées par l’époque des seventies, partageaient cette même ivresse du de la vitesse et du danger en gardant le sens des réalités. En cela, Rush illustre parfaitement l’esprit de cette époque diablement cinégénique et trouve un écho dans le présent à travers un parcours humain à la portée universelle.

A l’aise dans la comédie humaine donc, Ron Howard s’en sort aussi très bien quand il va s’agir de s’immiscer du côté du film sportif. Celui qui se qualifiait comme novice en matière de F1 va faire preuve d’un sens parfait de l’équilibre entre dramaturgie et spectaculaire. Les scènes de courses sont filmées avec un sens du rythme qui force l’immersion (et l’admiration), faisant passer les rendez-vous F1 dominicaux pour un ronron inoffensif. Pour ce faire, le réalisateur a mis les moyens : plus de 30 caméras postées à tous les endroits de la piste, qui shootent en simultané, des caméras embarquées sur les casques et les carrosseries… La mise en scène brillante de Howard se réinvente à chaque plan dans un découpage énergique et un montage nerveux ponctué de vrombissements assourdissants et de gros plans de pistons, balayant la piste, les panneaux d’affichage, le public et les écuries à un rythme éreintant, permettant ainsi de distiller une atmosphère grisante, voire même effrayante lorsqu’on en arrive au terrible accident de Lauda au grand prix d’Allemagne. Et pourtant, dans cette succession d’accélérations et de moments en apesanteur, jamais Howard n’atteint la surdose et arrive même à retranscrire cette ivresse à chaque grands prix de cette fameuse saison 76. Le tout accompagné et sublimé par la musique de Hans Zimmer (The Dark Knight Rises, Inception) particulièrement inspiré.

Mais la véritable force de Rush tient dans sa propension à donner un sens à sa narration tout en ne perdant pas de vue ses vecteurs essentiels, ses personnages, qui bénéficient d’ailleurs d’un véritable travail d’écriture. Passée la ressemblance physique troublante avec leur modèle, Chris Hemsworth et Daniel Brühl composent avec une conviction troublante et transcendent littéralement leurs personnages. Tandis que l’un surprend par son charisme enfin dévoilé (après une succession de rôles de gros bras : Thor, Avengers…), l’autre confirme son talent en s’imprégnant de son modèle à s’y méprendre, jusqu’à adopter sa façon de parler et de se mouvoir. Il faut dire aussi que Brühl a eu l’avantage de côtoyer le vrai Niki Lauda, consultant sur le film.

En se focalisant sur l’aventure humaine et l’émotion davantage que sur les fondements de la course automobile, Rush prend une dimension universelle bienvenue et évite les écarts habituels du côté du sentimentalisme facile ou du spectaculaire stérile. Viscéral et cinématographique, Rush assure le show tout en servant le réalisme et en évoquant des tonalités chevaleresques. Assurément l’un des meilleurs films de Ron Howard et peut être une des plus belles réussites de l’année.

Eve BROUSSE

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9
Langues Audio : Anglais , Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Pathé Vidéo

Bonus:

Scènes inédites (15')
Bande-annonce (VF/VOST)

EN Blu-Ray

La course pour le drapeau à damier : Les coulisses de Rush
La véritable histoire de Rush
Scènes inédites (15')
Bande-annonce (VF/VOST)

Titre original : Rush

Réalisation : Ron Howard

Scénario : Peter Morgan

Direction artistique : Mark Digby

Décors : Patrick Rolfe

Costumes : Julian Day

Musique : Hans Zimmer

Photographie : Anthony Dod Mantle

Production : Andrew Eaton, Eric Fellner, Brian Grazer, Ron Howard et Brian Oliver

Sociétés de production : Cross Creek Pictures, Egoli Tossell Film, Action Concept Film- und Stuntproduktion, Exclusive Media Group, Imagine Entertainment, Revolution Films, Merced Media Partners et Working Title Films

Sociétés de distribution : StudioCanal, Universal Pictures, Pathé Distribution

Pays d’origine : États-Unis/ Royaume-Uni/ Allemagne

Format : Couleurs - 35 mm - 2.35:1 - Son Dolby numérique