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affiche Riddick (-12 ans)

Riddick (-12 ans)

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Un film de David Twohy ,
Avec Vin Diesel, Jordi Mollá, Matt Nable ,

Genre : Science-fiction
Durée : 1h59
États-Unis

En Bref

Ici il n’existe rien qui vaille la peine. Il ne demeure qu’un long silence arraché par les vents hurlants et le soleil tapant comme Héphaïstos sur son enclume. A perte de vue, la désolation et la terre brulée où aucune empreinte ne s’inscrit dans la sécheresse du paysage. C’est ici que les Necromongers t’abandonnent à la rage des éléments et des bestioles. Riddick, prince élu, avalé par la secte religieuse folle comme Jonas, le voilà recraché sur cette terre hostile. C’est ici dans le feu de l’enfer comme Orphée qu’il abandonne les habits de la civilisation pour retrouver son instinct animal. Peu à peu, il redevient la bête à l’affut, carnassière qui ne connaît qu’un chant, la survie. Il apprend à s’immuniser contre des créatures, croisements entre le scorpion et l’alien. Personne ne vous entend crier ! Il trouve dans un de ces chiens sauvages, mi-hyène mi-cerbère, un compagnon silencieux avec qui partager sa rage de vivre. Au fond de son cœur, il garde le point d’horizon de son monde de naissance, Furya. La promesse du retour au berceau natal. Un jour l’orage gronde, la tempête s’annonce. L’eau, fille des origines, alchimie de la naissance, risque d’éveiller la peur et le cauchemar, en redonnant vie à des créatures endormies hurlant de faim. Il ne reste plus à Riddick qu’à activer la balise de secours d’un campement secret. Il existe juste un petit problème, mineur pour notre homme, des chasseurs de primes, attirés par l’odeur de l’argent. Comment échapper aux démons de l’enfer et à la fureur des hommes, la question se dissimule dans la suite de l’histoire sur vos écrans.


« J'ai enfreint la règle, je suis devenu civilisé, je dois retrouver l'animal qui est en moi. » Riddick

En 1999 à l’aube du troisième millénaire David Twohy et Vin Diesel, tous deux inconnus du grand public, imaginent un prisonnier en fuite, échoué sur une planète où déjà des bestioles peu sympathiques voulaient le grignoter au menu. Pitch Black, inspiré d’Alien et d’autres récits de science fiction, la petite série B devient rapidement un film culte. Nous sommes au début où la SF commence à se faire rare sur les écrans et en littérature. En 2004, les deux compères, forts du succès du premier composent une suite, un chant crépusculaire où apparait une secte religieuse de fous furieux, les Necromongers, Lovecraft n’est pas loin. Le film remporte de nouveau le cœur des fans et aujourd’hui, Riddick revient pour une nouvelle balade. La question se pose, que reste-t-il de nos amours, sous le pont des cités endormies et des mondes où l’homme lance sa fureur de vivre dans le cosmos immense ? Riddick  se perd en cours de route pour un troisième volet, je ne compte pas la version animée déjà trop entachée de l’odeur des dollars. Un décor remontant au bon vieux temps de la SF à deux sous, Jason et les Argonautes et ses rochers en carton pâte, décor trompe-l’œil où la fumée des volcans reste immobile. Nous pourrions parler de l’enfer, d’un Orphée revenu du monde des morts, si le film empruntait les territoires de la tragédie antique.

Nous revenons aux bons vieux films de Musclor, avec des personnages caricaturaux. Le père hanté par la mort de son fils, le chasseur de primes grande gueule, le gros muscle qui n’a peur de rien et la donzelle lesbienne comme il se doit et au langage de furoncle, que ne renieraient pas les maitres de l’argot. Nous revenons au bon vieux temps où les femelles de l’homo erectus en pinçaient pour le plus fort de la tribu, celui qui l’engrosserait pour que la race perdure. Comme le dit si bien Vin Diesel en parlant de son personnage : "Les gens se retrouvent facilement dans sa détresse, et c'est ce qui les attire chez lui. Ils se reconnaissent dans sa situation d'homme mis au ban de la société, condamné d'avance, abandonné de tous et sous-estimé : ce sont des sentiments que nous partageons tous, d'une manière ou d'une autre. Les spectateurs sont sensibles au fait que Riddick soit capable de surmonter ces handicaps grâce à sa force physique".

 Il fait le rapprochement avec Jeremiah Johnson, sauf que le personnage interprété par Robert Redford s’avère beaucoup plus complexe et le poids de la lutte contre la nature moins basique. C’est ce qu’aurait pu devenir ce nouveau Riddick, comme tiré vers l’univers  BD de Jodowrosky, les Technopères et autres, à découvrir aux Humanoïdes Associés, ou même Druillet, Délirius et autre Lone Sloane, chez Glénât. Nous pourrions même parler des univers de Vance, Farmer ou Resnick, en littérature. Hélas la profondeur manque cruellement et les thématiques chères à la Science fiction, comme la quête de la planète d’origine, l’animalité dans le cœur de l’homme, les sectes religieuses, etc. Riddcik oublie le fond, une toile qui comme les décors, demeure immobile et sans mouvement. De ce fait, il s’inscrit plus dans la série Bou Z que dans  une volonté de bâtir une saga en devenir. Riddick pèche par ce qu’avait le premier Pitch Black, qui à l’époque pouvait encore séduire. Il nous parle d’un temps révolu que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ! Il fallait persévérer sur la piste des Chroniques de Riddick, continuer à jouer sur le pouvoir qui étouffe, la quête du monde d’origine, mais  ça, c’est une autre histoire, peut-être à venir ? 

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9
Langues Audio : Audiodescription (pour malvoyants) Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Metropolitan vidéo

Bonus:

Le Riddick de Vin (9')
Rencontre avec les mercenaires (11')
"Riddick Blindsided" : les animatiques d'une scène du film (5')
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