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affiche The Operative

The Operative

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Un film de Yuval Adler ,
Avec Diane Kruger, Martin Freeman, Cas Anvar,

Genre : Espionnage
Durée : 1h56
Israël

En Bref

Rachel se voit recrutée par le Mossad pour une première mission test. Son instructeur et les agents plus haut placés décident de l’envoyer en Iran soupçonné de préparer l’arme nucléaire au début des années deux mille. Elle se fait passer pour une professeure d’anglais, une couverture parfaite. Elle réussit même à approcher le frère de l’un des dirigeants du pays. Peu à peu, la jeune femme s’infiltre dans la société iranienne, jouant de ses charmes. Bientôt la frontière entre la vraie vie et l’imaginaire devient si mince qu’elle finit par disparaître comme un fantôme. Le Mossad inquiet, après plusieurs années, cherche sa trace pour récupérer cet agent désobéissant. C’est son instructeur, mis de côté, qui se charge de cette mission délicate. Pour Rachel, il reste deux solutions, rejoindre la maison mère ou la solution finale… il existe peut-être une autre voie possible qu’elle seule connaît.     


Après Bethléem, Yuval Adler explore le même sujet sous un autre angle. Loin des James Bond, Mission impossible, il se rapproche de l’univers réaliste de John le Carré. Il s’appuie sur le roman de Yiftach Reicher Atir, ex-agent du Mossad. On peut reprocher à ce film d’espionnage son manque de tension et d’action. Ce n’est pas le sujet. L’idée est de pénétrer au plus près du cœur de l’espion. Diane Kruger compose un personnage dans la lignée d’Infiltrator, de Brad Furman, et surtout du caractère de celui d’In the Fade de Fatih Akin, avec brio. C’est bien ce jeu du mensonge et de la vérité, des apparences et des non-dits qui finissent par troubler Rachel au plus profond de son âme. C’est dans l’intime que se joue le dilemme intérieur, quand on finit par préférer sa vie fabriquée à la vraie. Yuval Adler nous dit : « Quand j’ai lu le roman d’Yiftach Reicher, j’ai été captivé.

Son soin à décrire les conséquences psychologiques du travail de l’espion, son extrême souci du détail et son exploration de l’aspect personnel du renseignement d’origine humaine m’ont fasciné. Le livre s’inspire de véritables agents et de faits réels, si bien qu’il a été fortement censuré lors de sa parution en Israël. » Le réalisateur prend son temps dans une mise en scène réaliste sous forme de flash-back expliquant le parcours de la jeune femme et son engagement. Il se rapproche du documentaire, de la partie d’échecs, pour installer ses personnages et creuser leur psyché. C’est entre les lignes qu’il faut traquer le mensonge et la vérité, les trahisons faites à soi-même et aux autres. C’est toutes les conséquences d’une vie finissant par ne plus nous appartenir et se dérobant parfois sous nos cœurs.

Rachel disparait pour ne plus jouer le jeu perfide de l’agent infiltré. En miroir, Thomas est pris dans un double piège, celui de l’agent qu’il a formé et de ses sentiments troubles pour elle. Le spectateur pénètre au plus près de ce qui se joue dans l’ombre, dans l’âme. La question de la limite est sans cesse au cœur du récit, la vie la mort, l’amour sincère, mensonger, le métier, la vie de façade. Est-ce que l’on ne finit pas par se perdre dans ce théâtre de l’existence ? Qu’est-ce qui pousse un agent à ce jeu terrible de la perte d’identité ? Qu’est-ce qui le pousse à abandonner la partie ? L’amour est la première réponse qui nous vient à l’esprit. En remontant le fil, nous nous apercevons que c’est bien plus complexe. Derrière, il existe aussi tous ces compromis, parfois terribles, que l’on doit supporter.

 Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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Le travail d’espion et le travail d’actrice se ressemblent-ils ? Entrer dans un personnage et le tenir ?

On m’a souvent posé cette question mais pas vraiment. Un acteur fait semblant et prétend être quelqu’un mais le soir, on en l’est plus. L’espion vit pendant des années une fausse vie, une fausse identité, et il faut un mental incroyable. J’ai fait des exercices et j’ai dû essayer de rentrer en Israël avec un faux passeport. Sans maquillage et avec des cheveux bruns, je passe inaperçu. C’est aussi cela un bon espion : être Monsieur ou Madame ToutleMonde, ne pas se faire remarquer.

 Votre personnage ne sait pas où est sa place. Vous Allemande, qui avez vécu en France, vivez aujourd’hui aux Etats-Unis, tourné à l’international, dans d’autres langues, avez-vous aussi des difficultés à trouver votre place ?

J’avais ça plus jeune mais plus aujourd’hui. Avec la maturité, je trouve bien de ne pas avoir d’attache. Mon attache, c’est ma fille, ma famille, ce n’est pas le lieu où je vis, la langue que je parle.

Est-ce que ce personnage d’espionne vous a davantage intéressée du coup, comme vous êtes vous-même une actrice multiculturelle ?

 Inconsciemment, peut-être, mais je ne l’ai pas recherché. Les personnages qui me fascinent sont d’abord des personnages complexes, qui se cherchent. Cette personne m’intéresse parce qu’elle pense avoir trouvé une raison d’être et se trouve finalement sans avoir une cause plus grande qu’elle.

Avoir joué un précédent rôle, dans In the Fade, une femme qui se venge après avoir perdu sa famille dans un attentat raciste… Il a la même force. Cela vous a servi ?

Je n’ai pas laissé ma peau avec ce personnage là comme dans In The Fade, où j’ai payé de ma personne. J’ai mis six mois à me préparer et j’avais passé tous les jours pendant six mois, avec les familles de victimes, dans leurs groupes de paroles. Cela me hante encore aujourd’hui, je ne sais pas si un jour je ne serai plus élue. J’ai encore des larmes qui montent en y repensant. On souffre tellement du malheur des autres, parfois, que ça remet en cause des choses dans votre propre vie. C’est aussi cela être vivant. Nul besoin d’être acteur pour être plus ouvert et plus à l’écoute des autres. C’est ce que j’ai appris avec ce film-là. Avant, je ne me posais pas les bonnes questions quand je voyais l’horreur, ce que ça veut dire dans notre société, et pour ceux qui restent.

    Titre français : The Operative

    Réalisation : Yuval Adler

    Scénario : Yuval Adler

    Costumes : Hamada Atallah et Verena Reuter

    Photographie : Kolja Brandt

    Son : Miroslav Babić

    Montage : Hansjörg Weißbrich

    Musique : Haim Frank Ilfman

    Pays d'origine : États-Unis, Israël, Allemagne, France

    Format : Couleurs - 35 mm

    Genre : thriller

    Durée : 120 minutes

    Date de sortie : 24 juillet 2019

Distribution

    Diane Kruger : Rachel

    Martin Freeman : Thomas

    Cas Anvar : Farhad

    Rotem Keinan : Daniel

    Yoav Levi : opérateur n°1

    Lana Ettinger : opérateur n°2