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affiche Night Moves

Night Moves

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Un film de Kelly Reichardt,
Avec Jesse Eisenberg, Dakota Fanning, Peter Sarsgaard,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h47
États-Unis

En Bref

Pour eux le monde se désagrège.  Le plus grand prédateur, le mammifère à deux pattes nommé l’homme, n’en finit pas de détruire son environnement sans complexe. Grand seigneur il se donne tous les droits, pour piller, polluer le monde naturel, les saumons ne remontent plus la rivière, nos enfants ne verront plus les longs corps argentés parcourir à bout de souffle des milliers de kilomètres pour aimer, se reproduire et mourir. Le constat reste sans appel, et là-haut le grand constructeur semble s’en foutre allègrement, pas de Noé et de déluge ! Dena présente son film cri d’appel et de douleur à un monde où l’eau se transforme en poison. Josh travaille dans une ferme biologique, nouvel espoir pour un monde nouveau où la culture respecte les saisons et le sens de la vie. Harmon a déjà choisi une voie plus radicale, celle de l’action, mais quelques antennes ne lui suffisent plus.

Tous les trois réunissent leurs forces pour passer à un acte plus conséquent, organiser la lutte, ouvrir la voie aux saumons. Ils décident de faire sauter un barrage libérant la voie pour que les poissons puissent retrouver les terres de leur naissance, vivre, se reproduire  et mourir. Ils avaient tout prévu sauf le hasard. Ils ne sont pas des tueurs, leur objectif reste uniquement le matériel et non l’humain. La mort d’un campeur bouscule au plus profond de leur âme les trois personnages qui réagiront de façon différente. Pour certains cela fait partie de la lutte, dommages collatéraux, pour d'autre, une vie ne possède pas de prix.

 Kelly Reichardt utilise l’espace naturel comme décor pour parler des sentiments humains. River Of Grass, Wendy et Lucy, changer de vie, tout balancer pour recommencer, Old Joy l’amitié, l’enfance et les responsabilités d’adulte, la dernière piste, la survie en milieu hostile et le mensonge, Night moves, le poids de l’engagement et un cadavre encombrant. Elle regarde nos états d’âme, nos douleurs, nos espérances à l’aune des paysages qui étendent sur le récit le poids de l’infini. C’est la bonne vieille idée que nous demeurons peu de chose face à l’univers. Nos petits tracas, nos battements d’ailes de papillon, semblent avoir peu d’intérêt face à la marche de l’univers.


Pour eux le monde se désagrège.  Le plus grand prédateur, le mammifère à deux pattes nommé l’homme, n’en finit pas de détruire son environnement sans complexe. Grand seigneur il se donne tous les droits, pour piller, polluer le monde naturel, les saumons ne remontent plus la rivière, nos enfants ne verront plus les longs corps argentés parcourir à bout de souffle des milliers de kilomètres pour aimer, se reproduire et mourir. Le constat reste sans appel, et là-haut le grand constructeur semble s’en foutre allègrement, pas de Noé et de déluge ! Dena présente son film cri d’appel et de douleur à un monde où l’eau se transforme en poison. Josh travaille dans une ferme biologique, nouvel espoir pour un monde nouveau où la culture respecte les saisons et le sens de la vie. Harmon a déjà choisi une voie plus radicale, celle de l’action, mais quelques antennes ne lui suffisent plus. Tous les trois réunissent leurs forces pour passer à un acte plus conséquent, organiser la lutte, ouvrir la voie aux saumons.

Ils décident de faire sauter un barrage libérant la voie pour que les poissons puissent retrouver les terres de leur naissance, vivre, se reproduire  et mourir. Ils avaient tout prévu sauf le hasard. Ils ne sont pas des tueurs, leur objectif reste uniquement le matériel et non l’humain. La mort d’un campeur bouscule au plus profond de leur âme les trois personnages qui réagiront de façon différente. Pour certains cela fait partie de la lutte, dommages collatéraux, pour d'autre, une vie ne possède pas de prix.

 Kelly Reichardt utilise l’espace naturel comme décor pour parler des sentiments humains. River Of Grass, Wendy et Lucy, changer de vie, tout balancer pour recommencer, Old Joy l’amitié, l’enfance et les responsabilités d’adulte, la dernière piste, la survie en milieu hostile et le mensonge, Night moves, le poids de l’engagement et un cadavre encombrant. Elle regarde nos états d’âme, nos douleurs, nos espérances à l’aune des paysages qui étendent sur le récit le poids de l’infini. C’est la bonne vieille idée que nous demeurons peu de chose face à l’univers. Nos petits tracas, nos battements d’ailes de papillon, semblent avoir peu d’intérêt face à la marche de l’univers.

Pourtant elle ne brade pas ce qui agite le cœur de ses personnages ainsi dans leur combat pour un monde meilleur,  chacun se définit d’une façon particulière. Harmon apparaît comme un personnage trouble, quelles sont ses motivations, personnelles ou idéologiques ? Dena représente la jeune fille emportée par sa volonté de changer un monde qu'elle pense voué à l’échec. D’ailleurs ce passage du film est un plaidoyer pour changer nos mentalités.

En quelques images, la réalisatrice, à travers son personnage, nous donne sa position. Humaniste, fragile, elle sera la première à basculer dans le remords, pour elle la destruction d’un barrage ne vaut pas une vie. Elle place l’humain au-dessus. Josh, peu loquace, se retranche dans ses pensées, Cela ne lui suffit plus. Il s’implique dans une ferme biologique changeant ses habitudes, passant du discours à l’acte, libérer la route des saumons devient son objectif. La mort d’un innocent ne le laisse pas indifférent, mais nous ne pouvons pas revenir en arrière semble être son choix.

 Pour Harmon la mort d’un homme ne représente rien au niveau de ce que leur acte apporte. Kelly Reichardt balaye tous les aspects du sujet au travers de ses trois personnages, que ce soit sur l’impact de la mort, les choix de vie, l’écologie comme un gène, ou découvert comme une voie nouvelle.

La nuit joue un rôle important dans le cœur du récit à la fois l’espace de la forêt où dans les ténèbres résonnent la voie de l’inconnu, les peurs des hommes du premier jour du monde. Souvent les lumières apparaîtront lointaines, halo, porte vers un monde rempli de promesse. La caméra épouse l’espace, les arbres millénaires dressés vers le ciel, un nuage, une branche se transforment en une métaphore du monde. Nous retrouvons son style, sa façon de s’emparer de l’espace naturel qui devient un personnage supplémentaire, plus qu’un décor, un élément du film. La deuxième partie du film prend des allures de suspens comme dans ses polars où le couple d’amants tue le mari et se retrouve avec le poids du pêché sur le cœur. De la même façon elle joue sur le campeur mort qui vient hanter l’âme de nos trois révolutionnaires.

C’est bien plus que l’écologie mode à deux balles véhiculées par des arrivistes ayant trouvé un bon filon, que défend le film. Il rejoint ce discours des années 70, de l’après-hippy, des coopératives et de l’idée d’une terre vivante  aux ressources épuisables, que nous ne cessions de crier aux sourds qui polluent notre monde aujourd’hui. Nos héros sont les enfants de ces générations, las de se voir mutiler, repousser comme des doux rêveurs, ils passent à l’acte. Il serait dommage de se priver d’un film qui non seulement porte à réfléchir sur notre attitude vis-à-vis du monde qui nous entoure mais possède aussi toutes les qualités d’un bon suspens.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9
Langues Audio : Anglais, Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Potemkine

Bonus:

Entretien avec la réalisatrice Kelly Reichardt (17')
Vande-annonce (2')