Depuis toujours, Bob ne conçoit la vie que dans un poste au sein de Monstre et Cie, Sulli, lui, marche sur les pas de son père, un ténor en frousses en tous genres pour garnements. C’est le temps des études, de l’université et de son campus, des confréries d’étudiants, des jolies étudiantes et des jeunes années qui nous laissent croire que tout est possible. Sulli n’éprouve aucune difficulté entre la gloire de son père et sa facilité, avec sa gueule à effaroucher n’importe quel gosse. Bob doit bosser dur, apprendre ses cours, revoir ses devoirs et bucher comme un malade, loin des fêtes en tout genre. Cela ne suffit pas pour impressionner la doyenne Hardscrabble, responsable de l’option frayeur en tout genre. Il ne faut pas longtemps à nos deux compères pour se faire rayer de la liste et renvoyer de l’université. Il leur reste malgré tout une dernière chance, participer au concours de frayeur de fin d’année des confréries. Il existe juste un petit hic, trouver la fraternité qui les accepte et sera capable de gagner. Il ne reste plus que le bas du panier, les loosers du campus, les Oozma Kappa, un ramassis de bras cassés sur lequel personne ne mise un kopek. Et si malgré tout cette troupe bancale, hétéroclite, se révélait surprenante, mais le haut du podium n’est pas encore gagné !
Monstre Academy s’inscrit sans pâlir comme une suite excellente à Monstre et Cie. Il n’était pas facile au premier abord de faire revivre nos deux compères dans de nouvelles aventures. Très vite l’idée de remonter aux jeunes années s’impose et de jouer sur l’aspect du parcours initiatique. Pour une fois, le héros devra apprendre que son rêve n’est pas forcément fait pour lui, mais qu’il peut en choisir un autre. La base du film de campus, avec les fraternités d’élèves et les cursus à suivre où chacun joue la carte de la compétition, sert de toile de fond. Ainsi Sulli représente le sportif, le type à qui tout sourit, qui sort avec la blondinette de service et se voit enrôlé par la fraternité des cracs sans bouger un petit doigt. Bob est le portrait du bucheur, du petit gars à lunettes, avec son pull à carreaux. C’est en voulant se dépasser et montrer qu’ils sont les meilleurs qu’ils se font jeter. Il ne suffit pas de bosser comme un malade, connaître ses cours par cœur. Il faut aussi ce petit plus que possède Sulli, ce don à la sale gueule qui, rien qu’en bougeant un sourcil, lance le cri qui effraie les mômes. La morale nous dit que ni le don, ni le savoir ne suffisent, la vie c’est un mélange des deux et ce que nous en faisons. C’est bien en comprenant cela, en éveillant chez chacun des Oozma Kappa le petit plus qui transforme, qu’ils gagneront à être enfin eux-mêmes. Le film se divise en deux parties. Dans une première, c’est tout l’univers des campus à la American Graffiti, les cours, les fraternités et leurs fêtes, les blagues de mauvais goût etc.
Les réalisateurs, tout en s’appuyant sur le genre et ses incontournables, arrivent à nous entrainer sans problème dans leur histoire en jouant sur les figures incontournables : nos héros, mais aussi une doyenne légendaire, exceptionnelle, un chef des ROR, roi d’oméga, la confrérie plus vraie que nature et une galerie de monstres qui en veulent. Dans ce premier temps chacun apprendra que le temps de l’enfance s’achève et qu’il faut donner les moyens à nos rêves de se concrétiser. C’est le temps où le héros accepte ce qu’il est, prend conscience de ce qui lui manque pour réussir. Dans la seconde partie, c’est le temps de l’éveil, de la famille reconstituée, du principe de réunir ses forces pour être plus fort. Nous retrouvons des monstres et des rivalités qui s’ébauchent déjà et que nous retrouverons dans Monstre et Cie. Nous regretterons Boo, la gamine qui éveillait un monde de tendresse dans un cœur de brute. Si nous ne retrouvons pas la profondeur, la ferveur et le questionnement des autres films de Pixar, Wall-E par exemple, celui ci n’en est pas moins un bon volet. Nous avons un bon film où l’humour et la drôlerie trouvent un petit peu de tendresse et de réflexion sur comment construire son avenir.
Patrick Van Langhenhoven
Bonus:
Court métrage : "Le parapluie bleu" de Saschka Unseld ("The Blue Umbrella" - 2013 - 7')
En BR/
1 Blu-ray de bonus
Blu-ray 3D :
Court métrage : "Le parapluie bleu" de Saschka Unseld ("The Blue Umbrella" - HD 3D - 2013 - 6'46")
Blu-ray 2D :
Commentaires audio de Don Scanlon, Kori Rae (prod.) et Kelsey Mann
Court métrage : "Le parapluie bleu" de Saschka Unseld ("The Blue Umbrella" - HD - 2013 - 6'46")
Blu-ray de bonus :
10 reportages :
- Dans la peau des créateurs de Monstres Academy
- L'écriture du scénario
- Se divertir en travaillant
- Monstropologie ou la création des personnages
- La création du campus
- L'écriture de la musique
- Donner vie aux personnages
- Couleurs et lumières
- Les chemins qui mènent à Pixar
- La création de jeunes monstres velus
4 scènes coupées :
- Rivalité
- Reconnaissance
- Soirée cinéma
- Cours de théâtre
La
visite virtuelle de la Monstres Academy avec son campus, son
Département de la Peur, son quartier des fraternités et le QG d'Oozma
Kappa
Les outils promotionnels :
- Un mash-up monstrueux
- La campagne promotionnelle de l'université
- La campagne promotionnelle cinéma
La recherche graphique