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affiche Mama

Mama

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Un film de Andres Muschietti,
Avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier,

Genre : Fantastique
Durée : 1h50
Espagne

En Bref

Ça commence dans un bain de sang, dans les cris et l’horreur, la peur et la mort chevillées au corps comme le chant d’un pardon qui ne viendra pas. Il n’ y aura pas de temps de l’innocence pour Victoria et Lilly, juste l’heure blafarde de la fuite, pour préserver quoi ? quand tout est perdu, quand la faute cruelle marque la première pierre d’une vie. Au cœur de la forêt, ils pensaient échapper aux hommes et leurs lois. Leur père croyait trouver au cœur de la maison perdue un havre de paix, l’effacement de son crime. C’est le néant qui l’attend.

 Des années plus tard, Lucas reste encore marqué par le meurtre de la mère des enfants et la disparition de leur père, son frère, avec les deux petites. Il n’abandonne pas les recherches, devenues sa quête. Un jour les pisteurs retrouvent la trace des innocentes, mais la forêt les a transformées en deux sauvageonnes. Le retour à la vie semble difficile. Elles cachent au fond de leurs âmes tant de douleurs, tant de secrets et peut-être autre chose. Les médecins proposent un retour en douceur et au sein du foyer où l’oncle et sa compagne Annabel recueillent, accueillent les vierges perdues. Peu à peu des choses étranges accompagnent les demoiselles. Elles parlent aux murs, murmurant un chant, mantra d’un autre monde, lien aux portes de la réalité pour ne pas sombrer dans la folie. Elles scandent «  mama, maman ? », un appelle à leur mère morte ou cette chose qui les accompagnent. Est-ce un fantasme pour se raccrocher au passé oublié, une créature mythique surgie des légendes de la forêt, un fantôme, un compagnon invisible. Une certitude, elle commence, à devenir envahissante, provocante, en colère !

Depuis une paire d’années, le cinéma espagnol s’empare du fantastique à travers ses jeunes réalisateurs pour le secouer comme un arbre et en récolter les fruits. Il nait sous l’impulsion de façon un peu anarchique d’ Alejandro Amenábar, Nacho Cerda, Jaume Balagueró ou encore Alex de La Iglesia, tout nourri de contre-culture et du cinéma de genre américain. On devrait plutôt parler de renaissance, car l’âge d’or du cinéma fantastique espagnol se situe dans les années 68,75, avec Narciso Ibañez Menta, Paul Naschy, Narciso Ibañez Serrador, Vicente Aranda et Jesús Franco Manera. Peut-être influencé par Bunüel, c’est une de mes hypothèses. Andres Muschietti s’inscrit dans ce courant qui grâce à la législation actuelle peut se lancer dans des projets comme Mama.


Ça commence dans un bain de sang, dans les cris et l’horreur, la peur et la mort chevillées au corps comme le chant d’un pardon qui ne viendra pas. Il n’ y aura pas de temps de l’innocence pour Victoria et Lilly, juste l’heure blafarde de la fuite, pour préserver quoi ? quand tout est perdu, quand la faute cruelle marque la première pierre d’une vie. Au cœur de la forêt, ils pensaient échapper aux hommes et leurs lois. Leur père croyait trouver au cœur de la maison perdue un havre de paix, l’effacement de son crime. C’est le néant qui l’attend.

 Des années plus tard, Lucas reste encore marqué par le meurtre de la mère des enfants et la disparition de leur père, son frère, avec les deux petites. Il n’abandonne pas les recherches, devenues sa quête. Un jour les pisteurs retrouvent la trace des innocentes, mais la forêt les a transformées en deux sauvageonnes. Le retour à la vie semble difficile. Elles cachent au fond de leurs âmes tant de douleurs, tant de secrets et peut-être autre chose. Les médecins proposent un retour en douceur et au sein du foyer où l’oncle et sa compagne Annabel recueillent, accueillent les vierges perdues. Peu à peu des choses étranges accompagnent les demoiselles. Elles parlent aux murs, murmurant un chant, mantra d’un autre monde, lien aux portes de la réalité pour ne pas sombrer dans la folie. Elles scandent «  mama, mama », un appelle à leur mère morte ou cette chose qui les accompagnent. Est-ce un fantasme pour se raccrocher au passé oublié, une créature mythique surgie des légendes de la forêt, un fantôme, un compagnon invisible. Une certitude, elle commence, à devenir envahissante, provocante, en colère !

 Depuis une paire d’années, le cinéma espagnol s’empare du fantastique à travers ses jeunes réalisateurs pour le secouer comme un arbre et en récolter les fruits. Il nait sous l’impulsion de façon un peu anarchique d’ Alejandro Amenábar, Nacho Cerda, Jaume Balagueró ou encore Alex de La Iglesia, tout nourri de contre-culture et du cinéma de genre américain. On devrait plutôt parler de renaissance, car l’âge d’or du cinéma fantastique espagnol se situe dans les années 68,75, avec Narciso Ibañez Menta, Paul Naschy, Narciso Ibañez Serrador, Vicente Aranda et Jesús Franco Manera. Peut-être influencé par Bunüel, c’est une de mes hypothèses. Andres Muschietti s’inscrit dans ce courant qui grâce à la législation actuelle peut se lancer dans des projets comme Mama.

  Comme son nom l’indique, il est imprégné d’une fibre maternelle qu’il explore sous tous les angles. Il démarre sur la perte de la mère, qu’il faudra donc remplacer. Dans la forêt les petites orphelines trouvent une créature. Elle deviendra leur mère. La mama marque cette île, ce port où l’on trouve refuge ou la vie, la survie deviennent possibles. Le réalisateur joue avec le cinéma fantastique et son bestiaire, nous ne savons pas ce que ces deux enfants apportent avec elles. Un fantôme, une amie imaginaire, une créature de légende, un démon des enfers tout semble possible. C’est avec habileté qu’il utilise cette question « qui est mama ?» pour trimbaler le spectateur de rebondissement en rebondissement. Il colle sur cette figure la thématique de l’enfant sauvage, des monstres des enfers, des créatures des bois, des fantômes, là aussi tout paraît possible. Une à une, ces hypothèse s’écroulent, mais ouvrent d’autres portes jusqu’au coup de théâtre final. Annabel amoureuse de Lucas leur oncle, n’est pas prête pour la maternité, l’accueil se fait donc avec un certain recul. Peu à peu elle découvre le pouvoir d’être mère à travers Victoria et Lilly. Nous survolons donc tous les possibles, les axes, les angles et points de vue de la maternité et du thème de la mère. Cette déesse mère des origines qui n’est jamais loin, ce matriarcat des premières civilisations, plane comme une ombre sur le film.

 C’est l’image de la mère protectrice avant tout, libératrice en second, et en troisième ce cordon ombilical jamais coupé. Dans la forme, Andres Muschietti s’amuse habilement des codes et références que nous connaissons pour nous balloter, de séquence en séquence. Le film prend au début des allures de thriller sanglant, d’enfant sauvage plus social, et de film fantastique. Il s’habille peu à peu de sa thématique maternelle, comme la créature il emprisonne le spectateur  dans son ambiance et son sujet. Il terminera dans une très belle séquence proche du noir et blanc des débuts du fantastique imprégné du clair obscur. Ombre et lumière finissent à travers l’image et les personnages par se livrer ce combat des origines de l’humanité quand Caïn tua Abel, quand un père tua la mère, ce jour ou le démon devint diable. Un mot de Jessica Chastain, actrice montante, méconnaissable dans un look gothique et un rôle qui évolue à travers son jeu mais aussi ses costumes. Les deux fillettes suivent un tempo parfait pour deux rôles très difficiles, le film reposant en partie sur l’art de nous convaincre.

Andres Muschietti, un réalisateur à suivre. Il nous montre ici toute l’étendue de son savoir-faire dans un premier film abouti et brillant. Il trouvera à s’exprimer dans des sujets plus novateurs comme pour de la Iglesia que nous attendons chaque fois avec impatience.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9
Langues Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : universal

Bonus:

Court métrage original de Andrés Muschietti, avec introduction de Guillermo del Toro et commentaire de Andrés Muschietti
6 scènes coupées commentées
Making of
Making of effets spéciaux