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affiche Lone Ranger

Lone Ranger

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Un film de Gore Verbinski,
Avec Johnny Depp, Armie Hammer, Tom Wilkinson,

Genre : Western
Durée : 2h29
États-Unis

En Bref

Le chemin de fer file à travers l’ouest sauvage, bientôt le cheval de fer reliera d’est en ouest les territoires des États-Unis. Celui qui sera maitre du chemin de fer tiendra le destin d’une nation par le pouvoir de l’argent et du modernisme. Latham Cole, visionnaire et grand ordonnateur de la progression des rails sur le désert, n’en doute pas un instant. Dans l’ombre, masqué, invisible, il prépare son heure sur les actionnaires de la compagnie et sur le monde. Pour l’instant la machine de métal garde en son sein un dangereux criminel, Butch Cavendish, et un Indien à moitié fou, Tonto, la caboche frappée par le soleil. Dans les wagons où une bande de hors-la-loi surgit, l’œil mauvais et la main délestant les passagers, un troisième homme, John Reid, lie son destin aux deux premiers. Butch n’avait aucun doute sur le fait qu’il n’atteindrait jamais la prochaine station. Le Comanche disparaît dans les sables du désert, rejoignant sans doute le territoire de ses ancêtres. Butch s’enfuit avec sa bande de scélérats pour commettre de nouveaux méfaits. John Reid rejoint son frère Dan Ranger dans la petite ville où le train devait relier les deux rives des États-Unis. Nommé Ranger adjoint, il suit son frère à la poursuite du maléfique Cavendish. Elle s’achève dans un bain de mort et de sang. Tombés dans un piège, personne n’échappera aux voix de la faucheuse.

Notre histoire pourrait s’achever dans les sables du désert au cœur des rochers rouges pointant leurs doigts de sang vers le ciel. Le destin en décide autrement. Revenu d’entre les morts, soigné par notre étrange Indien Tonto, John Reid devient un autre homme, un justicier masqué et solitaire, le Lone Ranger. Il se lance sur le traces des sacripants de mauvais augure, avec pour compagnon Tonto animé par la même quête, et Silver un cheval particulier qui n’en fait qu’à sa tête. Il leur reste à retrouver Cavendish, le renvoyer en prison, et trouver qui se dissimule derrière ce piège trop bien huilé pour un bandit de grands chemins. Ils trouveront de nombreuses réponses, pas forcément celles qu’ils souhaitaient. Au bout de la route dans ce monde où la veuve et l’orphelin craignent sans cesse pour leur sécurité, où le pauvre bougre plie sous le poids des cavaliers de l’apocalypse. Un nouveau duo de vengeurs pourrait bien voir le jour et porter la flamme du bien contre le mal.


Si on retrouve un ton décalé, une forte part de mysticisme, et de l’aventure à revendre, là s’arrête la comparaison avec Pirates des Caraïbes, même producteurs et Johnny Deep en Jack Sparrow, menteur et manipulateur un peu déjanté. Ce dernier point pour ceux qui regardent le doigt qui pointe la lune pourrait se retrouver chez Tonto. C’est d’abord 2h29 où il n’est pas besoin de connaître le western par cœur. Il suffit de se laisser porter par le plaisir d’un bon film avec ses rebondissements, ses courses poursuites et ses moments plus intimes, la comédie rêvée de l’été. Les détracteurs vous diront que le western n’est pas porteur que c’est un genre mort, et bla-bla ! Nous leur rétorquerons que parfois, certains films ressemblent bizarrement à des westerns, surtout dans l’univers du polar, et qu’il ne se porte pas si mal. Nous compléterons en précisant que pour Pirates des Caraïbes ce n’était pas joué non plus et au contraire, le film de pirates a repris un coup de jeunesse.

Lone Ranger, pour le passionné est un voyage au cœur du western, que ce soit la figure du justicier sur son destrier blanc dans l’esprit de Zorro. Il raconte l’initiation d’un jeune pied tendre revenu d’entre les morts qui, au travers de diverses épreuves, perd sa naïveté pour finir par devenir le défenseur de la veuve et l’orphelin. Tiens cette veuve et cet orphelin me rappellent plus le roman de chevalerie ! Un autre jeune garçon naïf, dont tout le monde se gausse, finit par trouver le Graal, Perceval. Tonto ressemblerait plus à l’espiègle Merlin et au philosophe cynique comme Diogène bousculant nos certitudes. Il possède beaucoup de points communs avec le maitre zen dans la tradition sôtô, paraissant souvent à côté de la plaque, à moitié fou, parlant aux animaux et à la nature, comme Tonto. Nous le retrouvons dans la tradition amérindienne, le fou de ce type, étant souvent proche du divin, comme dans de nombreuses traditions. Il est un être intouchable à part. C’est aussi au-delà de son évidence entre Sergio Leone et le western crépusculaire, un long voyage pour le fan du genre dans l’histoire du genre, de Ford à Leone, en passant par Hawks, Hathaway, Peckinpah, etc. La scène la plus évidente reste celle du début, quand les cavaliers attendent le train, (voir Il était une fois dans l’ouest). Déjà dans Ringo, le même Gore Verbinski, s’amusait avec le western. Nous mentionnerons la modernité face à l’ancien temps, le chemin de fer, marquant la fin d’une époque et le début de l’ère moderne.

Dans cette partie c’est aussi l’avènement du capitalisme, du pouvoir de l’argent et des actionnaires. Une parabole de l’argent au sens propre, le minerai, et figuré parcourt tout le film. Comme l’idée du retour au pays des origines, John revient chez lui. Quand la femme de son frère lui demande pourquoi quitter un avenir prometteur pour s’enfermer dans une petite ville à la frontière de l’ouest. C’est là où j’habite. La terre des origines possède donc une symbolique forte. La nature avec cette idée qu’elle se retrouve bousculée, sans queue ni tête. Il faut donc retrouver l’équilibre pour que le monde continue sa route. Peut-être cette idée de revenir aux valeurs fondamentales au delà de l’appât du gain. Le début avec ce vieil Indien ayant résisté au temps et passant le flambeau de la justice à un nouveau gamin à qui il conte l’histoire de Lone Ranger est excellent. Il montre peut-être que de tout temps il faut un justicier pour protéger la veuve et l’orphelin. Nous le voyons donc, dans une première lecture, Lone Ranger est un bon divertissement et dans ses méandres, le lecteur plus attentif trouvera de nombreuses pistes pour aiguiser son esprit.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9
Langues Audio : Anglais , Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Disney vidéo

Bonus:

2 scènes coupées : "La foire aux monstres", "La nature est déséquilibrée"
Bêtisier

Bonus Blu ray

"À la découverte des lieux de tournage"
"Devenir un vrai cow-boy"
"Le long des rails de Lone Ranger"
2 scènes coupées : "La foire aux monstres", "La nature est déséquilibrée"
Bêtisier
Bonus caché