Cine-Region.fr
affiche Les yeux jaunes des crocodiles

Les yeux jaunes des crocodiles

___

Un film de Cécile Telerman,
Avec Julie Depardieu, Emmanuelle Béart, Patrick Bruel,

Genre : Comédie dramatique
Durée : 2h02
France

En Bref

Deux sœurs que tout oppose. Joséphine, la brune, historienne spécialisée dans le XIIème siècle, confrontée aux difficultés de la vie qui préfère se terrer dans une bibliothèque qu’affronter les difficultés de son mariage en berne et Iris, la blonde, outrageusement belle, menant une vie de parisienne aisée et futile. Un soir, lors d’un dîner mondain, Iris se vante d’écrire un roman. Prise dans son mensonge, elle persuade sa sœur, abandonnée par son mari et couverte de dettes, d’écrire ce roman qu’Iris signera, lui laissant l’argent. Voilà qui devrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase mais c’est là qu’est le plus gros problème de Joséphine : elle n’a jamais su dire non. Le succès du livre va changer à jamais leur relation et transformer radicalement leurs vies.

Ecoulé à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde et traduit dans 31 langues depuis sa sortie en 2006, le best-seller éponyme de Katerine Pancol n’attendait plus qu’une adaptation sur grand écran pour dévoiler toute sa substance dramatique et marketing. C’est à la réalisatrice belge Cécile Telerman (Tout pour plaire, Quelque chose à te dire) que revient la tâche immense de porter cette histoire au cinéma, enrôlée par le producteur Manuel Munz (La vérité si je mens) qui a acheté les droits du livre et de ses deux suites. Un véritable défi pour une cinéaste qui n’a encore jamais eu à adapter de matériel littéraire, qui plus est avec un tel substrat. Résultat : Telerman arrive plutôt bien à ressortir l’essence du bouquin tout en s’affranchissant du foisonnement de l’histoire. Camouflée derrière un casting brillant, la réalisatrice va toutefois manquer le coche lorsqu’il va s’agir de donner un peu de corps à la chose, d’insuffler un certain rythme et de proposer autre chose que le défilement des comédiens face caméra. Vraisemblablement sauvé par ses performances, Les yeux jaunes des crocodiles souffre de tout un tas de petits défauts qui, pour certains, ne feront pas la différence. Pour une majorité d’autres, ils viendront noircir le tableau.


Deux sœurs que tout oppose. Joséphine, la brune, historienne spécialisée dans le XIIème siècle, confrontée aux difficultés de la vie qui préfère se terrer dans une bibliothèque qu’affronter les difficultés de son mariage en berne et Iris, la blonde, outrageusement belle, menant une vie de parisienne aisée et futile. Un soir, lors d’un dîner mondain, Iris se vante d’écrire un roman. Prise dans son mensonge, elle persuade sa sœur, abandonnée par son mari et couverte de dettes, d’écrire ce roman qu’Iris signera, lui laissant l’argent. Voilà qui devrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase mais c’est là qu’est le plus gros problème de Joséphine : elle n’a jamais su dire non. Le succès du livre va changer à jamais leur relation et transformer radicalement leurs vies.

Ecoulé à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde et traduit dans 31 langues depuis sa sortie en 2006, le best-seller éponyme de KaterinePancol n’attendait plus qu’une adaptation sur grand écran pour dévoiler toute sa substance dramatique et marketing. C’est à la réalisatrice belge Cécile Telerman (Tout pour plaire, Quelque chose à te dire) que revient la tâche immense de porter cette histoire au cinéma, enrôlée par le producteur Manuel Munz (La vérité si je mens) qui a acheté les droits du livre et de ses deux suites. Un véritable défi pour une cinéaste qui n’a encore jamais eu à adapter de matériel littéraire, qui plus est avec un tel substrat. Résultat : Telerman arrive plutôt bien à ressortir l’essence du bouquin tout en s’affranchissant du foisonnement de l’histoire. Camouflée derrière un casting brillant, la réalisatrice va toutefois manquer le coche lorsqu’il va s’agir de donner un peu de corps à la chose, d’insuffler un certain rythme et de proposer autre chose que le défilement des comédiens face caméra. Vraisemblablement sauvé par ses performances, Les yeux jaunes des crocodiles souffre de tout un tas de petits défauts qui, pour certains, ne feront pas la différence. Pour une majorité d’autres, ils viendront gâcher le spectacle.

Les yeux jaunes de crocodiles, c’est avant tout une histoire de femme : celle que nous sommes, celle que nous souhaiterions être, celle que nous ne serons jamais et celle que nous deviendrons peut-être. C’est aussi une histoire de trahison, d’amour, de fraternité, d’intérêts, d’argent, projetée sur le destin de deux sœurs et de toutes les personnes qui gravitent autour de ces deux piliers centraux. Là où Katerine Pancol évoquait le fossé qui sépare ces deux femmes avec autant de subtilité et de virtuosité que sa plume pouvait le permettre, Cécile Telerman préfère mettre les pieds dans le plat et jouer sur le contraste simplifié du miroir inversé (riche/pauvre, belle/moche, oisive/studieuse…), un procédé qui impose d’emblée le manichéisme comme seul fil dramatique. Et au cas où on n’ait pas compris l’opposition, Tellerman nous intercale des flashbacks de l’enfance des deux frangines dont une séquence où leur mère, seule dans l’eau avec les deux gamines, préfère laisser Joséphine se noyer pour sauver Iris. Pour la subtilité, on repassera.

Afin d’étoffer l’approche rudimentaire réservée à l’opposition, le film se dote de répliques plutôt bien cadencées et vachardes comme on les aime. Le script, plutôt bien écrit, nous offre des moments d’émotion, de rire, de compassion et peut se targuer de ne pas laisser indifférent le spectateur. Grâce notamment à une équipe d’acteurs convaincants qui arrive tant bien que mal à camoufler la mise en scène d’une platitude abyssale. Devant une caméra passive, les comédiens se démènent et donnent le meilleur d’eux-mêmes (mention spéciale pour Emmanuelle Béart), malgré un découpage à la hache et une esthétique qui ne les met pas toujours en valeur. Et même si l’interprétation sauve considérablement la besogne, les raccourcis narratifs viennent entacher un peu plus un ensemble déjà pas mal souillé. Notamment dans l’éxecution sommaire des « méchants » : la mauvaise mère qui obtient « ce qu’elle mérite », rejetée de tous les côtés ; la méchante sœur qui se fait cafter par sa nièce, pourtant de son côté depuis le début, qui perd son mari et voit s’éloigner sa sœur ; le méchant mari qui paye ses coucheries extraconjugales et ses emprunts non remboursés par une déconfiture professionnelle et personnelle jusqu’à l’acte ultime. Si le film sauve la morale, il laisse tout de même derrière lui des personnes désœuvrées et laissées pour compte à l’image d’Iris et du gouffre abyssale qui s’ouvre sous ses pieds. A faire froid dans le dos.

Les yeux jaunes des crocodiles ne manque pas de défauts. Dans sa relecture légèrement caricaturale de l’opposition, de la force de l’amour et de la dévotion, Cécile Terlerman déçoit plus qu’elle ne fascine mais ne démérite pas pour autant, au vu du fiasco total que ça aurait pu être. Sans vague ni surprise, la besogne ne bafoue ni son sujet ni son support mais se contente d’un résultat convenable, là où on pouvait supporter une consistance dramatique exponentielle dans des portraits féminins extrêmement charismatiques. On évite la catastrophe (de pas si loin que ça) mais peut mieux faire. 

Eve BROUSSE

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9
Langues Audio : Français Dolby Digital 2.0, Français DTS 5.1
Sous-titres : aucun
Edition : Wild Side

Bonus :

Making of
Featurettes
Scènes coupées
Entretiens avec les acteurs
Bandes-annonces