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affiche Les Sorcières de Zugarramurdi

Les Sorcières de Zugarramurdi

___

Un film de Alex de la Iglesia,
Avec Carmen Maura, Hugo Silva, Mario Casas,

Genre : Fantastique
Durée : 1h52
Espagne

En Bref

José et Tony, deux hommes en bout de course avec des rêves pleins la tête, franchissent le pas et braquent un mont de piété sur la Puerta del Sol  à Madrid. Déguisés en artistes de rue, en Christ pour le premier et en soldat de plastique de notre enfance pour le second, ils se lancent à l’assaut de leur île au trésor. Le braquage tourne vite au fiasco. Ils kidnappent un chauffeur de taxi, Manuel et son client pour une virée en direction de la frontière de la dernière chance, la France. José partage la garde de son fils avec sa femme et le loupiot se retrouve lui aussi embarqué dans la cavale folle et meurtrière.

 Il n’est pas en reste pour accompagner la bande de pieds nickelés dans leur délire  avec pour seule substance l’adrénaline de la vie. Après une halte perdue dans la taverne du bout du monde, ils se retrouvent en mauvaise posture dans un village de sorcières, Zugarramurdi. Ces dernières avaient vu la venue de l’Elu, celui qui éveillerait de nouveau, du fond des âges, la vieille déesse mère. Aux mains de ces femmes hystériques et psalmodiant des formules anciennes et machiavéliques, nos machos risquent fort de passer un sale quart d’heure. L’amour troublera peut-être la fête de la rédemption, du retour de la société matriarcale, du premier singe se tenant debout. Quand il sculptait dans l’ivoire l’objet de ses désirs et de son amour débordant, des femmes aux formes plantureuses. C’est ici que le sort du monde se décide, dans un sabbat perdu au cœur des montagnes !

Film de braquage, comédie romantique, sociale et fantastique, le dernier Alex de la Iglesia nous entraine au cœur de tous les débordements de chair et de narration. Le mélange prend, la mayonnaise monte jusqu'à s’achever dans un final délirant, baroque ! Comme dans tous les films du réalisateur, évitons de regarder au premier, voire second degré. C’est une lecture plus fine, dans les détails. Il oppose la société matriarcale de la préhistoire à celle, plus patriarcale, conduite par l’église chrétienne d’aujourd’hui. Le final, que je vous laisse découvrir, ébauche peut-être l’idée des années soixante-dix, le retour à l’unité du couple. Il aurait été séparé en deux, comme le dit si bien le Tao, sur son regard sur le commencement du monde. « Le Tao engendre le un qui engendre le deux ».


José et Tony, deux hommes en bout de course avec des rêves pleins la tête, franchissent le pas et braquent un mont de piété sur la Puerta del Sol  à Madrid. Déguisés en artistes de rue, en Christ pour le premier et en soldat de plastique de notre enfance pour le second, ils se lancent à l’assaut de leur île au trésor. Le braquage tourne vite au fiasco. Ils kidnappent un chauffeur de taxi, Manuel et son client pour une virée en direction de la frontière de la dernière chance, la France. José partage la garde de son fils avec sa femme et le loupiot se retrouve lui aussi embarqué dans la cavale folle et meurtrière.

 Il n’est pas en reste pour accompagner la bande de pieds nickelés dans leur délire  avec pour seule substance l’adrénaline de la vie. Après une halte perdue dans la taverne du bout du monde, ils se retrouvent en mauvaise posture dans un village de sorcières, Zugarramurdi. Ces dernières avaient vu la venue de l’Elu, celui qui éveillerait de nouveau, du fond des âges, la vieille déesse mère. Aux mains de ces femmes hystériques et psalmodiant des formules anciennes et machiavéliques, nos machos risquent fort de passer un sale quart d’heure. L’amour troublera peut-être la fête de la rédemption, du retour de la société matriarcale, du premier singe se tenant debout. Quand il sculptait dans l’ivoire l’objet de ses désirs et de son amour débordant, des femmes aux formes plantureuses. C’est ici que le sort du monde se décide, dans un sabbat perdu au cœur des montagnes !

Film de braquage, comédie romantique, sociale et fantastique, le dernier Alex de la Iglesia nous entraine au cœur de tous les débordements de chair et de narration. Le mélange prend, la mayonnaise monte jusqu'à s’achever dans un final délirant, baroque ! Comme dans tous les films du réalisateur, évitons de regarder au premier, voire second degré. C’est une lecture plus fine, dans les détails. Il oppose la société matriarcale de la préhistoire à celle, plus patriarcale, conduite par l’église chrétienne d’aujourd’hui. Le final, que je vous laisse découvrir, ébauche peut-être l’idée des années soixante-dix, le retour à l’unité du couple. Il aurait été séparé en deux, comme le dit si bien le Tao, sur son regard sur le commencement du monde. « Le Tao engendre le un qui engendre le deux ».

 Nous sommes dans cette idée du yin et du yang, du masculin et du féminin, non pas en confrontation, en lutte, mais ils forment une seule et même chose. Nous sommes confortés dans cette idée par la fin, avec toutefois en fond, un clin d’œil aux femmes. Elles ont toujours eu une place particulière dans l’œuvre du maitre, à la fois comme ici hystériques, poussant des cris, prêtes à profiter de nos bassesses masculines, menteuses, manipulatrices, sorcières ! Le meilleur exemple est la famille des sorcières conduite par une Carmen Maura déjantée. Les hommes demeurent absents, sauf un idiot du village et une créature emprisonnée, complètement déformée. Les sorcières représentent peut- être une caricature des mouvements féministes extrêmes rejetant les hommes comme la peste au Moyen-âge. Elles passent leur temps à comploter, faire la fête dans des sabbats sataniques, invoquant la première femme, la mère du monde, la Vénus de Willendorf. En face, les hommes ne sont pas mieux lotis, incapables d’assumer leur responsabilité de père, passant leur temps à jouer à des jeux vidéo et irresponsables. Les deux héros, José et Tony, ressemblent à une paire d’abrutis de première, à l’instinct placé en dessous de la ceinture, rejoints par le chauffeur de taxi. Ils s’étonnent que les femmes ne les comprennent pas et au bout d’un moment, s’enfuient avec pertes et fracas. Nous pourrions aussi, en reliant le costume de Jésus de José pour braquer la banque, voir une métaphore de l’église chrétienne masculine opposée au retour à la nature avec les femmes.

Le butin, autre symbolique frappante, représente un sac plein d’alliances, le lien du mariage, avec tout ce que cela représente dans nos traditions. Plus loin, les hommes disserteront sur ces promesses rompues, ces espoirs de bonheur déchus, toutes les promesses du mariage. Bien entendu, ce sont les femmes qui ont brisé le contrat, elles sont coupables. Tout comme, pour les sorcières, ce sont les hommes les fautifs. Avec la fin de notre société, c’est un thème qui revient tout au long des dialogues du film. « Les femmes  ne pensent jamais ce qu'on croit ce qu'elles pensent. C'est des araignées, elles tissent leurs toiles, elles te font croire que tu es bien dans ton cocon et bingo ! » Il s’achève par une dernière réflexion qui pourrait dévoiler la vraie thématique. Pour les sorcières, ce sont les canons de la société bourgeoise, le chien, la voiture, le pavillon qui nous détruiront et nous ramèneront au paganisme. Autre thématique récurrente chez le réalisateur, la religion et les rites païens.

Les sorcières de Zigarramurdi et Le jour de la bête possèdent de nombreux points communs. Ainsi, le film peut se voir comme un changement de société, la fin d’un monde moribond. Des clins d’œil parsèment le film, la décadence des hommes, l’économie, les personnages de Minnie et Mickey prennent toute leur signification, la fin de la pensée, l’homme idiot ou rongé par ses désirs dans sa chair. C’est l’homme de la caverne qui passe son temps à épier les femmes aux toilettes. (Voir le film).  Chez les sorcières, nous découvrons les vieilles femmes qui n’ont peur de rien, sauf de la bêtise humaine. Il reste l’amour, la seule vérité dans ce monde où le mensonge est devenu roi. Pour Iglesia, nous aurons beau tout faire, c’est encore le seul sentiment qui nous fait déplacer des montagnes ou trahir les nôtres. C’est d’ailleurs lui qui gagne à la fin.

C’est par lui que le changement arrive et offre une certaine harmonie, le retour à l’un. Nous rejoignons notre idée d’unité du départ de cet article. Il faut donc se méfier des apparences et des lectures à l'emporte-pièce, Alex de la Iglesia, est bien plus subtil. Certains voient un réalisateur misanthrope, nihiliste, je n’en suis pas si sûr. Comme pour d’autres, que le noir, l’anarchie, guident dans leur œuvre, il faut toujours attendre la fin où la lumière perce les ténèbres. Plus que nihiliste, je penche pour cynique dans le sens des philosophes qui pointaient nos travers, les poussant à l’extrême pour nous forcer à réfléchir sur nous-mêmes. 

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9
Langues Audio : Audiodescription (pour malvoyants) Français,Espagnol Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : France Television Distribution

Bonus DVD :

Secrets de tournage (9'35")
Bande-annonce

Fiche Technique

 Titre original : Las brujas de Zugarramurdi

  • Titre international : Witching and Bitching
  • Titre français : Les Sorcières de Zugarramurdi
  • Réalisation : Álex de la Iglesia
  • Scénario : Jorge Guerricaechevarría et Álex de la Iglesia

  • Direction artistique : José Luis Arrizabalaga et BiaffraCostumes : Paco Delgado

  • Photographie : Kiko de la RicaMontage : Pablo Blanco

  • Son : Carlos SchmuklerMusique : Joan Valent

  • Production : Enrique CerezoSociétés de production : Enrique Cerezo Producciones Cinematográficas ; La Ferme! Productions (coproduction)

  • Sociétés de distribution : Film Factory Entertainment

  • Budget : 6 000 000 d'euros

  • Pays d’origine : EspagneLangue originale : espagnol

  • Format : couleur - 35 mm - 2.35 : 1 - Son Dolby numériqueGenre : comédie horrifique

Distribution

  • Javier Botet : Luismi

  • Mario Casas : Tony

  • Carmen Maura : Graciana Barrenetxea

  • Hugo Silva : Jose

  • Carolina Bang : Eva

  • Macarena Gómez : Silvia

  • Carlos Areces : "Conchita"

  • María Barranco :

  • Secun de la Rosa : l'inspecteur Pacheco