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affiche Les invincibles

Les invincibles

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Un film de Frédéric Berthe,
Avec Gérard Depardieu, Atmen Kélif, Virginie Efira, Edouard Baer,

Genre : Comédie
Durée : 1H38
France

En Bref

Un trio d’arnaqueurs à la petite semaine, bouliste comme d’autres sont joueurs de billards (drôle d’idée…) vivote tant bien que mal en écumant les villes du sud de la France. Leur technique est la suivante : Jacky (Gérard Depardieu) fait monter les enchères auprès de ses victimes tandis que son équipier  Zézé (Bruno Lochet) « feint » d’être ivre mort, risée de ses adversaires hilares. C’est alors que le premier propose un quitte ou double, et ayant besoin d’un nouvel équipier, interpelle « au hasard » un quidam. «Tu sais jouer aux boules toi ? » « Aux boules ? C’est drôlement difficile… » Momo (Atmen Kélif), le troisième larron, sauve la partie et notre équipe de pieds nickelés de la pétanque s’en va vers de nouvelles aventures. Mais Jacky s’est endetté, il voit sa femme s’éloigner de lui. Leur situation financière est catastrophique. C’est alors qu’un magnat du sport, Stéphane Darcy (Edouard Baer) lance le World Petank Tour et promet la somme de cinq cent mille euros aux vainqueurs. Voici l’aubaine de se refaire et qu’il ne faut en aucun cas laisser passer !


Les invincibles est un film à ce point bourré de clichés et de conventions que c’en est remarquable. Il reprend tous les codes de la comédie américaine déjà classiques, voire dépassés et le scénario de ce qui aurait dû s’intituler Boulistes (mais le relatif échec de Turf et l’ambiguïté du terme ont porté la production à le renommer) peut être collé à de nombreux films californiens. Copié- collé, même, sera-t-on tenter de dire.  Les mêmes ressorts dans l’intrigue sont là : l’inévitable séparation des meilleurs amis, puis leurs non moins inévitables retrouvailles et leur triomphe final ; l’obligatoire histoire d’amour entre deux personnages qu’a priori tout oppose. Des méchants menés par un caricatural xénophobe gaulois (interprété par Daniel Prévost), ridiculement caricaturaux... Enfin une dégoulinade de bons sentiments...Au niveau du montage, même constat ! Rappelons-nous les plans et ralentis des films US des dernières décennies au moment où la balle, qu’elle soit celle de basketball, de football ou de baseball est en passe de sonner une victoire juvénile et virile du héros. Un sentiment de déjà vu en somme, la langue anglaise, ou sa VF, en moins.

De plus Les Invincibles s’obstine à vouloir traiter de bien trop nombreux sujets : la parentalité, la différence et le racisme, le retour aux sources, l’âpreté au gain et l’affairisme…Le réalisateur ne peut que les effleurer sans jamais les aborder pleinement. Mais, à la décharge de l’auteur de Hollywoo (avec Florence Foresti et Jamel Debbouze) et de RTT (autre chef d’œuvre de l’humour mettant en première place l’indécrochable Kad Merad), le scénario, sur une idée d’Atmen Kélif, a été écrit par six auteurs ! Ne cherchons pas plus loin, et pensons à la déclaration d’Alexandre Astier interrogé à l’époque sur le succès de sa série Kaamelott : d’après lui, il venait essentiellement de ce que lui et lui seul était aux commandes, et que de ce fait il n’y avait pas de dispersion, ni perte de cohérence.

Ce film est à tel point une caricature que l’on en vient à se demander si les écoles de cinéma ne devraient pas être interdites, tant elles semblent formater leurs diplômés et préparer la désastreuse destruction de toute créativité !

Gregory Germanais

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format DVD-9, Film en Couleurs
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : aucun
Edition : Europeart

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