*« Il y a longtemps, du temps de mon grand-père Thrór, notre famille fut chassée du Grand Nord et elle revint avec tous ses biens et outils à cette Montagne marquée sur la carte. Elle avait été découverte par mon lointain ancêtre, Thráin. »
Au loin dans le cœur de l’horizon se dessine la forme massive de la montagne perdue Erebor, l’ancien royaume, but ultime de la quête. Il l’aperçoit si proche du regard et si loin de l’âme. Thorin Ecu de chêne le roi nain sait que le but est proche. Il leur faut encore braver la fureur d’Azog le mutilé, revenu d’entre les morts pour assouvir sa vengeance. La longue fuite reprend comme si leurs vies ne se résumaient qu’à cela. Courir de l’avant pour mourir sous les crocs d’un dragon, Smaug ! Ils se réfugient dans l’antre du dernier transformeur, Beorn devenu un ours immense. Il veille sur leur sommeil. Au matin, l’homme qui déteste plus les orques que les nains leur ouvre de nouveau la route vers la terre promise.
Le mal sommeillait-il, rêvait-il d’un monde noir où sa puissance pourrait de nouveau assombrir l’univers ? Pour l’instant il se cache et un magicien, Gandalf, pourrait bien le débusquer et dévoiler son infamie. Pendant ce temps, au cœur de la forêt noire, au royaume de Thranduil, un autre Roi, un Elfe noir c’est déjà la couleur de ce qui sommeille et attend de s’éveiller. Il emprisonne nos nains dans ses cachots sombres, la quête s’achèverait-elle ainsi ? C’est sans compter avec le porteur de l’anneau. Mais son chant attire les ombres, son ancien possesseur. Alors, le monde connaitra de nouveau l’horreur et le relent de la bête, pas de mansuétude, que de la douleur. Reste une ville autrefois miroitante sur les eaux d’un lac où le soleil aimait à se perdre ou jouer des reflets d’or et d’argent. Un autre prince, capitaine déchu, puni pour la faute de l’un des siens, une flèche qui n’atteindra jamais son but. Ils arrivent enfin à la porte d’Erebor. Il reste l’énigme à résoudre pour entrer au cœur des montagnes. Marchons à petits pas pour ne pas réveiller le dragon, lui voler le symbole d’un roi perdu. La quête ne fait que commencer, le mal approche, l’heure de l’affrontement n’a pas encore sonné, mais celui des terres arides qui ne donneront plus de blé peut-être
*« Il y a longtemps, du temps de mon grand-père Thrór, notre famille fut chassée du Grand Nord et elle revint avec tous ses biens et outils à cette Montagne marquée sur la carte. Elle avait été découverte par mon lointain ancêtre, Thráin. »
Au loin dans le cœur de l’horizon se dessine la forme massive de la montagne perdue Erebor, l’ancien royaume, but ultime de la quête. Il l’aperçoit si proche du regard et si loin de l’âme. Thorin Ecu de chêne le roi nain sait que le but est proche. Il leur faut encore braver la fureur d’Azog le mutilé, revenu d’entre les morts pour assouvir sa vengeance. La longue fuite reprend comme si leurs vies ne se résumaient qu’à cela. Courir de l’avant pour mourir sous les crocs d’un dragon, Smaug ! Ils se réfugient dans l’antre du dernier transformeur, Beorn devenu un ours immense. Il veille sur leur sommeil. Au matin, l’homme qui déteste plus les orques que les nains leur ouvre de nouveau la route vers la terre promise.
Le mal sommeillait-il, rêvait-il d’un monde noir où sa puissance pourrait de nouveau assombrir l’univers ? Pour l’instant il se cache et un magicien, Gandalf, pourrait bien le débusquer et dévoiler son infamie. Pendant ce temps, au cœur de la forêt noire, au royaume de Thranduil, un autre Roi, un Elfe noir c’est déjà la couleur de ce qui sommeille et attend de s’éveiller. Il emprisonne nos nains dans ses cachots sombres, la quête s’achèverait-elle ainsi ? C’est sans compter avec le porteur de l’anneau. Mais son chant attire les ombres, son ancien possesseur. Alors, le monde connaitra de nouveau l’horreur et le relent de la bête, pas de mansuétude, que de la douleur. Reste une ville autrefois miroitante sur les eaux d’un lac où le soleil aimait à se perdre ou jouer des reflets d’or et d’argent. Un autre prince, capitaine déchu, puni pour la faute de l’un des siens, une flèche qui n’atteindra jamais son but. Ils arrivent enfin à la porte d’Erebor. Il reste l’énigme à résoudre pour entrer au cœur des montagnes. Marchons à petits pas pour ne pas réveiller le dragon, lui voler le symbole d’un roi perdu. La quête ne fait que commencer, le mal approche, l’heure de l’affrontement n’a pas encore sonné, mais celui des terres arides qui ne donneront plus de blé peut-être.
*« La route se poursuit toujours, sous l'arbre vert et sur la pierre, dans l'antre où jamais ne fait jour, Par les cours d'eau cherchant la mer ; sur la neige à l'hiver semée, Parmi les jolies fleurs de juin Sur l'herbe et les chemins pavés, Et sous les montagnes d'airain. »
Plus sombre et plus profond, ce deuxième volet confirme Peter Jackson comme magicien du Seigneur des anneaux. Il construit, entre la première trilogie et celle-ci, un pont en rajoutant un lien à travers Legolas et d’autres séquences. Il donne, en multipliant les sous-intrigues, du relief, de l’ampleur à un texte qui se résumait en un voyage assez rapide et un dragon à affronter comme dans les légendes de notre enfance, quand nous jouions au chevalier. Ce dernier, avide, reposait son grand corps sur des montagnes d’or et parfois même quand une fille trainait dans le coin, il la gardait prisonnière, princesse à sauver du mal. Ces rêves venus du fond du mythe, du cœur de l’origine, des Tuatha Dedana et du Graal, D’Odin et de ses nains faiseurs d’or, pliant le métal à volonté pour des armes démesurées. Elles nourrissent le cœur des civilisations, elles parlent la même langue sur tout le vieux continent et la jeune Amérique.
En fouillant dans les intrigues de cette seconde saga nous retrouvons toutes ces paroles enfouies, cette magie venue des chamanes et des druides. Le voyage prend d’abord la douleur de la vengeance thématique récurrente, celle d’Azog et de son maître noir. La vengeance sombre nourrie par le pouvoir et la cupidité, la puissance. Elle gave encore les âmes de certains d’entre nous, prend d’autres détours, joue d’autres tours. Elle est la face noire du monde, ses ténèbres, ses premiers pas avant que le soleil ne se lève pour éclairer l’empreinte du premier marcheur du monde. En écho lui répond une autre vengeance, celle de la lumière brisant les ténèbres, celle d’un roi dépossédé et d’un peuple errant. C’est le rôle du héros de retrouver la terre, havre de paix, lieu de bonheur où, de nouveau, il pourra bâtir un avenir. L’enjeu est plus grand. Il dépasse, le quêteur. Pour parvenir au sommet de la montagne, la route doit être un enseignement, ce qui fait d’un jeune arrogant un roi. Ce qui pousse un magicien à affronter le mal, car il sait que quelque chose de plus grand se trame. « Et si c’est un piège ? » lui dit un autre magicien, Radagast le Brun. « Sans aucun doute c’est un piège » rétorque Gandalf. Il sait qu’il n’a pas le choix, la vie est bien peu de mesure, face à ce qui se réveille.
Le bien et le mal, le noir et le blanc aiguisent leurs lames, ils ne sont pas encore gris. Ils sont bien tranchés dans le cœur des hommes et du monde. Peter Jackson, autour de ce cœur battant, rajoute. Il explore d’autres contrées, d’autres récits, celui d’un dernier Mohican, Beorn. Il représente ce qui attend Thorin Ecu de chêne s’il abandonne. De même, le roi des Elfes noir est la part d’arrogance, d’égoïsme qu’il trouvera sur l’une des voies qui l’égarent. Legolas, comme son père, pense que ce n’est pas son combat. Seul Tauriel comprend que c’est bien le leur, car si les nains perdent, l’ombre envahira tout. Dernière thématique, le roi sans royaume se retrouve dans la cité avec Bard le batelier, prince déchu comme l’ancêtre de Thorin , nouveau roi Midas. Bard porte le poids de l’échec, de la faute qui condamne son peuple à vivre dans l’antre de l’enfer. Tous ces échos nous ramènent au cœur de la quête, elle ne peut être un échec, car elle conduirait à l’une ou l’autre de ces impasses.
Le dernier affrontement du film, or, pierre, métal et feu n’est que l’épilogue de ce qui suivra dans le dernier volet. En examinant de plus près ce second opus, on s’aperçoit que derrière les apparences, se cache une réflexion plus profonde qui nous ramène au cœur du récit de Tolkien, nourri, nous l’avons vu dans la première trilogie, par nos traditions, nos sagas anciennes, celtes, nordiques, mais aussi védiques peut-être ? Comment ne pouvons-nous pas penser au Mahabharata, hypothèse ou réalité ? La mise en scène reste épique, proche des mythes antiques, des balbutiements du monde quand les rois étaient des géants ou des demi-dieux. L’image perd peu à peu de ses couleurs pour s’assombrir, annonçant l’acte final où la lumière devra percer les ténèbres. Enfin dans la première quête nous étions avec un porteur d’anneau qui devait le rendre à la nature pour éradiquer le mal. Dans celle-ci nous sommes dans sa découverte, une relique ancienne portant le nom du monde capable d’appeler les ténèbres comme la lumière. C’est notre ultime décision, la voie du bien ou du mal, mon petit ego ou le cosmos tout entier infini, que souhaitons-nous faire de notre vie. Il reste la place de la nature, mais c’est une autre histoire, votre part de la quête peut-être.
Patrick Van Langhenhoven
* Extrait de Bilbo le Hobbit
Bonus :
- Jeu vidéo "Le Hobbit : les royaumes de la Terre du Milieu" (1'06")