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affiche Le congrés

Le congrés

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Un film de Ari Folman,
Avec Robin Wright, Harvey Keitel, Jon Hamm,

Genre : Science-fiction
Durée : 2H
États-Unis

En Bref

Robin Wright, la vedette de Princess Bride et de Forrest Gump est une has-been et les rôles se faisant rares, elle n'a pas d'autre choix que d'accepter l'étrange proposition du studio Miramount. C'est en tout cas ce que son agent lui suggère avec insistance. Lorsque la célèbre comédienne comprend que la proposition consiste à accepter de se faire scanner pour être remplacée pour une période de vingt ans par un avatar à la pointe de la technologie qui tournera les films qu'elle avait jusqu'alors refusé de tourner, elle refuse sèchement. Mais peu après, elle doit finalement accepter, confrontée aux problèmes de santé de son fils cadet. Vingt ans plus tard, elle est invitée à assister à un congrès en son honneur ( ou en celui de son double ? ) où elle doit prolonger son contrat. Mais le monde dans lequel elle fait son retour n'est plus le même que celui qu'elle a quitté...

Robin Wright ne se ménage pas beaucoup dans le nouveau long-métrage de Ari Folman, césarisé pour Valse avec Bachir qui évoquait le massacre d'un camp palestinien en Lybie par l'armée israëlienne dans un habile mélange, inédit, de documentaire et de cinéma animé. Le réalisateur change de registre en adaptant un roman de science-fiction du russe Stanislav Lem, Le Congrès de Futurologie, mais son passé de documentariste semble le rattraper, au moins dans un premier temps. La première partie joue en effet avec la réalité du passé de l'actrice qui fut révélée par la série à succès Santa Barbara autant à travers ses déboires personnels que par ses choix indépendants comme actrice avec ses hauts et ses bas. Pourtant, il prend des libertés avec cette fausse réalité avec une vie privée et une carrière revisitées. En résumé, Robin Wright est ici autant Robin Wright que John Malkovich était John Horatio Malkovich dans le film de Spike Jonze, Dans la peau de John Malkovich ( pour information, ce dernier n'a pas de deuxième prénom... ).

Néanmoins, le timing de ce film s'avère particulièrement judicieux et en observateur avisé du monde contemporain, Ari Folman montre que 2013 risque bien de rester comme l'année de la mort définitive de la pellicule, qui devrait se limiter, au moins dans un premier temps, à fabriquer des copies de conservation. L'argentique c'est fini ! Et le film évoque aussi cela, même à la marge. Le sujet central est bien le rapport de ' Robin Wright ' avec son métier et sa vie, son bonheur intime et son rapport à la postérité, voire à l'immortalité, via un pacte faustien qu'elle signe presque malgré elle. Dans la première partie, nous suivons le quotidien de l'actrice qui vit seule avec ses enfants dans un hangar, aménagé avec soin, qui jouxte la piste d'atterrissage d'un aéroport. Convoquée avec son agent par le studio de cinéma Miramount pour cet étrange projet , elle est malmenée par le directeur de la compagnie et par son propre agent. Danny Huston et Harvey Keitel se livrent à deux prestations aussi drôles que terrifiantes, décalées et d'un cynisme effroyable.

Si cette première partie est parfois un peu trop longue, elle touche souvent juste. Robin Wright y est très émouvante, lucide sur ce qu'elle vit et a vécu ( en tant que personnage de fiction ) et rappelle qu'elle est une grande actrice, peut-être trop discrète mais son talent est clairement mis en valeur. Son jeu n'est pas décalé mais réaliste malgré ce cadre de film d'anticipation. Son duel avec Danny Huston le montre sans détour comme un Méphistophélès contre lequel elle est trop faible pour lutter. Ellipse ensuite et le récit en prises de vue réelle vire à l'animation, via une étrange pastille. Le style graphique est loin de celui de Valse avec Bashir. Les délicates inventions de ce précédent coup de maître sont remplacées par une animation moins séduisante, aux couleurs excessivement pastel, avec un graphisme proche de celui des frères Fleischer ( Betty Boop et autres Popeye ) mixé avec des dessins façon Freak Brothers de la revue Mad. Si l'on ne peut que saluer l'envie du cinéaste de se renouveler aussi dans les méthodes d'animation, il désarçonne par une relative laideur et surtout une animation peu fluide qui ne facilite pas l'immersion qu'il est supposé faire vivre. Sa critique du système passe par un format que l'on peut trouver repoussant, comme un reflet des craintes de l'auteur sur notre monde. Le projet avait de nombreuses raisons de susciter un fort enthousiasme, il ne répond pas à ces fortes attentes.

Victime d'un propos qui n'est pas suffisamment original dans son idée ou dans son traitement - la critique du monde du spectacle et la dérive d'Hollywood est assez prévisible – Le Congrès est trop confus, obscur et l'on se perd dans ce voyage sous psychotropes au rythme trop lent. Cette plongée dans un monde où l'on peut devenir une vedette en respirant des parfums supposés de vedettes ne suscite certes pas le même sentiment d'ennui que l'Antiviral de Brandon Cronenberg mais il souffre clairement de ses longueurs. Si Ari Folman a le mérite de ne pas se satisfaire de se replonger dans un cadre familier, il rate hélas un peu sa cible, même s'il mérite d'être vu sur un grand écran.

Pascal Le Duff

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9,
Langues Audio : Audiodescription (pour malvoyants) Anglais, Français Dolby Digital 5
Sous-titres :
Edition : ARP vidéo

Bonus:

Commentaire audio de Ari Folman
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