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affiche Le 15h17 pour Paris

Le 15h17 pour Paris

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Un film de Clint Eastwood ,
Avec Anthony Sadler, Alek Skarlatos, Spencer Stone,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h34
États-Unis

En Bref

Le train file à grande vitesse dans la campagne, plein de passagers aux histoires simples et multiples en route vers leur destinée. C’est la vie accrochant des rayons de rien à toutes les routes du possible. Le drame se noue et la mort guette dans l’ombre, sournoise et immonde. Un terroriste embarque avec ces vies de peu pour briser leur trame au nom des ténèbres et de  Dieu. L’enfance est le terreau de nos consciences à venir, des combats, des espoirs, des idées à défendre. C‘est dans l’ombre de Dieu que Spencer trouve le chemin qui le conduira dans ce train filant dans le petit matin. L’enfance noue les amitiés profondes et tenaces quand elle ne les oublie pas en bord de route. Un homme sort des toilettes, bras de la faucheuse, crachoir de métal en sautoir, il avance.

Jeune adulte, il est temps de choisir ce que l’on veut faire de sa vie. Pour Spencer, il en sauvera d’autres sur les champs de bataille de l’existence ou des malheurs du monde. C’est l’expérience de la guerre, là-bas dans les déserts où nait l’idéologie du tueur du TGV. La mort avance entre les rangées de fauteuils où le voyageur espère en demain. Une pause dans le temps avant de s’engager définitivement, voir Venise et ne pas mourir, faire mentir le dicton. Les filles, les canaux, les palais et les splendeurs d’une ville. C’est une étape dans la traversé de l’Europe. L’Allemagne pour Alek qui veut marcher dans les pas d’un grand-père héros de la Seconde Guerre mondiale. Bruxelles devient le point des retrouvailles. Voir Paris après Amsterdam, finir dans la capitale de toutes les romances. Le train continue à filer, ignorant que le drame se joue, qu’en une seconde on choisisse de mourir ou de devenir un héros.


Clint Eastwood revient sur la tragédie du Thalys parti d’Amsterdam pour Paris, le 21 août 2015. Un terroriste belgo-marocain s’apprête à faire un carnage, armé principalement d’une kalachnikov. C’est grâce à l’intervention héroïque de plusieurs personnes, un professeur franco-américain (Mark Moogalian), un employé de banque et trois jeunes Américains, que l’attentat a pu être déjoué. La question du héros est en partie au centre de la filmographie du réalisateur. Il la décline depuis Josey Wales hors la loi, Pale Rider, Gran Torino, Sniper, Sully. La mise en scène est maligne, mais moins surprenante que pour Sully. Elle emprunte la même narration, entre flash-backs centrés autour des quelques minutes de l’attentat et la vie des trois jeunes garçons. C’est principalement celle de Spencer qui voulait « faire la guerre et sauver des vies ». Il ne faut pas oublier l’ombre du 11 septembre sur cet engagement qui peut être discutable.

Comment faire la guerre et sauver des vies, autre question que l’on peut trouver en seconde lecture chez Clint Eastwood. Le cœur du récit est bien plus à partir de quand devient-on un héros, que la notion du héros elle-même. De la petite enfance jusqu’à l’âge adulte, nous suivons leurs parcours. C’est ici que s’enracine l’envie de sauver des vies, d’être un bon samaritain. La motivation est le premier moteur qui décide que vous accomplirez vos rêves ou pas. La seconde, c’est l’envie et se battre pour sauver des gens, comme un gène que Spencer possède depuis toujours. Ils deviennent les têtes de chapitre d’une vie qui conduit à l’événement tragique. Est-ce qu’elle est écrite, nous prédestinant à un événement incontournable ? C’est trois mômes, élèves indisciplinés, têtes brulées. Ils finiront dans l’armée sauf Sadler continuant ses études. « C’est que dans un moment comme ça, il faut faire quelque chose », dira plus tard Spencer.

La figure du héros, nous l’avons vu, hante tout le cinéma de Clint Eastwood, souvent mythologique, sublimée, parfois même anti-héros comme dans  Impitoyable. Ici, elle prend sa source dans un parcours ordinaire, banal se résumant à peu. Il interroge aussi sur le héros et la mort, le courage et l’inconscience, la folie. Il faut placer Le 15h17 pour Paris comme une commande, dans ce sens elle répond aux critères du genre. La main de Dieu n’est jamais bien loin, les lieux, Venise, l’Allemagne et le grand-père ne sont pas des choix innocents. Il faut aussi regarder la thématique à travers toute sa filmographie. Ici, elle s’épure, se simplifie comme si tout avait été dit. Le dernier film de Clint Eastwood n’est pas celui de trop, juste celui du temps qui passe. Après le héros mythologique, c’est celui issu des gens ordinaires avec Sully et 15 h 17 pour Paris qu’il interpelle. Et si nous étions tous des héros qui s’ignorent ? 

 Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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    •       Titre original : The 15:17 to Paris

    •       Titre français : Le 15 h 17 pour Paris

    •       Réalisation : Clint Eastwood

    •       Scénario : Dorothy Blyskal, d'après l'autobiographie The 15:17 to Paris: The True Story of a Terrorist, a Train, and Three American Heroes de Jeffrey E. Stern, Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone

    •       Direction artistique : Timothy David O'Brien

    •       Décors : Ronald R. Reiss

    •       Costumes : Deborah Hopper

    •       Photographie : Tom Stern

    •       Montage : Blu Murray

    •       Musique : Christian Jacob et Thomas Newman

    •       Production : Clint Eastwood, Jessica Meier, Tim Moore et Kristina Rivera

    •       Sociétés de production : Malpaso Productions ; Warner Bros. (coproduction)

    •       Sociétés de distribution : Warner Bros. (États-Unis), Warner Bros. France (France)

    •       Pays d’origine : États-Unis

    •       Langue originale : anglais

    •       Budget : 40 millions de dollars

    •       Format : couleur - 2,39:1 - son Dolby numérique Dolby Atmos

    •       Genre : drame biographique

    •       Durée : 94 minutes

    •       Dates de sortie : 7 février 2018

Distribution

    •       Anthony Sadler : lui-même

    •       Alek Skarlatos (VF : François Santucci) : lui-même

    •       Spencer Stone (VF : Arnaud Laurent) : lui-même

    •       Mark Moogalian : lui-même

    •       Isabelle Moogalian : elle-même

    •       Chris Norman : lui-même

    •       Judy Greer : Joyce Eskel

    •       Jenna Fischer : Heidi Skarlatos

    •       Tony Hale : le professeur de sport

    •       Thomas Lennon (VF : Laurent Morteau) : le principal de l'école

    •       Sinqua Walls : Marine

    •       P. J. Byrne : M. Henry

    •       Jaleel White : Garrett Walden

    •       Ray Corasani : Ayoub El Khazzani

    •       Patrick Braoudé : François Hollande de dos

    •       Bryce Gheisar : Alek Skarlatos, enfant

    •       Paul-Mikél Williams : Anthony Sadler, enfant

    •       William Jennings : Spencer Stone, enfant

    •       Alix Bénézech : une serveuse

    •       François Hollande : lui-même (images d'archives du 24 août)