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affiche The Last Movie

The Last Movie

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Un film de Dennis Hopper ,
Avec Dennis Hopper , Kris Kristofferson, Henry Jaglom,

Genre : Western
Durée : 1h48
États-Unis

En Bref

Kansas est un cascadeur de western appelé au Pérou pour participer à un film sur Billy the Kid. Une fois celui-ci achevé, il reste sur place pour les beaux yeux de Maria. Une romance prend naissance au bout du monde, dans les paysages perdus d’un ouest reconstitué. Les villageois, possédés par le démon du cinéma, se lancent dans un tournage imaginaire avec des caméras de bambou et des travellings bricolés. C’est ici que l’histoire quitte la piste d’une narration ordinaire pour s’élancer sur d’autres versants de la montagne. Dans un grand kaléidoscope de l’époque, s’entremêlent la quête de l’or, l’amour, la religion, Hollywood et ses tentations, la drogue, le sexe, l’urbanisation d’un monde vierge et sa cohorte de businessmen. Kansas devient la nouvelle légende de ces villageois emportés par leur fièvre créatrice. Il se lance avec son ami sur les traces du film Le trésor de la sierra Madre, en quête d’une mine d’or, réelle ou imaginaire. Tout se fracture, vole en éclats pour prendre la dimension de la métaphore et d’un monde psychédélique.


« Le cinéma a apporté la violence » Prêtre

 La première réalisation de Denis Hopper, Easy Rider, marque la naissance du nouvel Hollywood et devient l’emblème de la génération hippie des années 1960-1970. Sous forme de road movie, elle raconte l’escapade de deux jeunes motards, Wyatt et Billy, quittant Los Angeles pour participer à la célébration du carnaval de La Nouvelle-Orléans. C’est un regard sans concession sur l’Amérique profonde en plein changement, avec le fracas des nouvelles idéologies. Il est l’enfant de Kerouac, le mouvement hippie, William S Burroughs, Bukowski et bien d’autres. Le nouvel Hollywood ouvre la porte à de nouveaux jeunes talents comme Steven Spielberg, George Lucas, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Brian De Palma, Michael Cimino. Fort du succès d’Easy Rider, il obtient un financement par Universal souhaitant se remettre à niveau, avec final-cut et le bon vouloir du roi. Le film se tourne au Pérou dans des conditions parfois difficiles surtout avec l’acheminement du matériel et un Denis Hopper abandonnant les sentiers battus.

La vague hippie en 1971, année du tournage, laisse la place à un nouveau monde, avec dans l’ombre, notre société de l’argent qui se faufile. C’est donc à l’aune de ces indications qu’il faut tenter de trouver une raison à la déraison. The Last Movie démarre sur une trame compréhensible pour tous, abordant à travers sa romance la place de la femme dans la société, le cinéma dans le film, et les producteurs d’Hollywood, etc. Dans cette première partie, Denis Hopper n’épargne personne, fustigeant un système que le nouvel Hollywood mettait à bas. C’est la fin des producteurs grands seigneurs, c’est le début d’un cinéma d’auteurs presque indépendants à l’image de notre nouvelle vague. C’est aussi avec certains d’entre eux l’arrivée du blockbuster. Il est admis que le premier d’entre eux est Les dents de la mer. C’est dans ce contexte qu’il faut replacer le film pour tenter de le comprendre. C’est l’époque d’un courant important, considérant que l’acide et les autres drogues aidaient à la création. C’est donc dans cet état qui était celui d’Easy Rider que Denis Hopper entreprend la deuxième partie du film.

Les thématiques du début sont rejointes par la quête hallucinogène d’une mine qui est autant une utopie, un rêve, un mirage qu’une réalité. Les villageois abandonnent la religion pour se lancer dans une nouvelle adoration, le cinéma. C’est un regard plus pertinent qu’il n’y paraît sur l’époque et ce qu’elle annonce. C’est du cinéma expérimental déstabilisant qui explique une part du rejet du film. Il obtient pourtant à la Mostra de Venise en 1971 : Prix du C.I.D.A.L.C.  pour « la contribution qu’il apporte à la compréhension des problèmes les plus urgents du monde moderne grâce à l’expression d’un langage cinématographique original. » Il faudra attendre plus de dix ans pour le voir en France. Il achève la carrière de Denis Hopper, pour un temps. Il tournera ensuite d’autres films. La porte du paradis de Michael Cimino porte encore un coup à la carrière des deux réalisateurs qui auront du mal à s’en remettre. Il faut saisir l’opportunité de sa sortie en 4 K pour ne pas hésiter à se lancer de nouveau dans les méandres d’un voyage peu ordinaire.

 Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


    Réalisation : Dennis Hopper

    Scénario : Dennis Hopper et Stewart Stern

    Dates de sortie : 21 septembre 1971 (Etats Unis) 30 octobre 1988 (France)

    Image : László Kovács

    Durée : 108 minutes

    Production : Universal Pictures2

    Budget : 1 million de dollars

Distribution

     Dennis Hopper : Kansas

    Stella Garcia : Maria

    Julie Adams : Mrs. Anderson

    Tomás Milián : Priest

    Don Gordon : Neville Robey

    Roy Engel : Harry Anderson

    Donna Baccala : Miss Anderson

    Samuel Fuller : Lui-même

    Poupée Bocar : Nightclub singer

    Sylvia Miles : Script clerk

    Daniel Ades : Thomas Mercado

    John Alderman : Jonathan

    Michael Anderson Jr. : Mayor's son

    Richmond L. Aguilar : Gaffer

    Toni Basil : Rose

    Toni Stern : Dance-hall girl

    Rod Cameron : Pat Garrett

    Bernard Casselman : Doctor

    James Contrares : Boom man

    Severn Darden : Mayor

    Louis Donelan : Prop man

    Warren Finnerty : Banker

    Peter Fonda : Jeune shériff

    Fritz Ford : Citizen

    Tom Monroe : Citizen

    Robert Rothwell : Citizen

    Michael Greene : Hired gun

    Owen Orr : Hired gun

    Samya Greene : Baby

    Al Hopson : Sheriff

    George Hill : Key grip

    Henry Jaglom : Minister's son

    Clint Kimbrough : Minister

    Kris Kristofferson : Minstrel wrangler

    John Buck Wilkin : Minstrel wrangler

    John Phillip Law : Little Brother

    Ted Markland : Big Brother

    James Mitchum : Art

    Jorge Montoro : Jorge

    Michelle Phillips : Banker's daughter

    Richard Rust : Pisco

    John Stevens : Cameraman

    Dennis Stock : Still man

    Dean Stockwell : Billy The Kid