En 1995, François-Xavier Vives réalisait son premier documentaire, 1860 sur l'extrême horizon : un film qui traitait de Felix Arnaudin, un aristocrate landais ayant consacré sa vie à photographier la forêt. En 2003, il s'essayait à la fiction avec le court métrage Noli me tangere où il mettait en scène un poète gersois. Naturellement, pour ce Landais d'origine, il était inconcevable de ne pas s'intéresser à un objet qui le fascine depuis toujours, les Landes, pour la mise en scène de son premier long métrage, Landes. En 1920, au cœur de cette immense forêt industrielle, une crise sociale couve. Liena Duprat, quant à elle, veille, incrédule, le corps de son mari. Son chagrin est terrible. Elle semble malgré tout gorgée de vie, impertinente et libre, et elle doit trouver à présent comment continuer à vivre.
En 1995, François-Xavier Vives réalisait son premier documentaire, 1860 sur l'extrême horizon : un film qui traitait de Felix Arnaudin, un aristocrate landais ayant consacré sa vie à photographier la forêt. En 2003, il s'essayait à la fiction avec le court métrage Noli me tangere où il mettait en scène un poète gersois. Naturellement, pour ce Landais d'origine, il était inconcevable de ne pas s'intéresser à un objet qui le fascine depuis toujours, les Landes, pour la mise en scène de son premier long métrage, Landes. En 1920, au cœur de cette immense forêt industrielle, une crise sociale couve. Liena Duprat, quant à elle, veille, incrédule, le corps de son mari. Son chagrin est terrible. Elle semble malgré tout gorgée de vie, impertinente et libre, et elle doit trouver à présent comment continuer à vivre.
Si le massif forestier constitue le cœur de Landes, François-Xavier Vives traite aussi une figure féminine exemplaire de son époque : Liena, interprétée par Marie Gillain. Ce personnage s'inspire de la sœur de l'arrière-grand-mère du réalisateur : une femme qui, à la mort de son mari, s'était retrouvée à la direction de l'entreprise familiale, bien décidée à s'affirmer au sein d'un monde d'hommes.
Landes rapporte le destin hors norme de cette femme voulant changer son temps avec l’installation de l'électricité. Ce film dresse aussi le portrait de deux classes sociales qui furent déterminantes : celle des grands propriétaires terriens ayant fait fortune au XIXe siècle face à des générations d'ouvriers employés à l'exploitation de la matière première, le bois, et soumis à un régime de redevances dignes de l’Ancien Régime. Landes rappelle ainsi les profonds changements sociaux qui façonnèrent cette région au début du siècle dernier.
Avec une certaine élégance et un ton qui peut rappeler par moment le cinéma de Holly Hunter (The Piano en particulier) et malgré quelques maladresses scénaristiques et techniques, Landes interroge la complexité de l’identité féminine, entre la fidélité de Liéna à son mari, sa volonté farouche de concrétiser les rêves du défunt et son désir d’être mère. La beauté du personnage réside assurément dans sa naïveté altruiste : aussi bien envers les métayers qu’elle veut littéralement éclairer qu’envers sa nièce qu’elle entend élever pour lui transmettre ses valeurs et son patrimoine. Marie Gillain trouve ici un beau rôle et l’embrasse avec passion. Entière et entêtée, Liéna possède cette capacité à agacer qui fait les héroïnes. Pas tout à fait aimable, elle demeure attachante du fait de fragilités timides. Sa capacité à prendre de la distance et à réviser son point de vue sur le monde lui permet de prendre la mesure de son rôle dans une crise sociale où le choix du dialogue avec les grévistes donnera toute sa dimension à l’héroïne. Malheureusement, le film élude en grande partie cette transformation, traitée dans une seule scène de dialogue avec sa sœur Madeleine (Miou-Miou) et un carton final sur les « réformes Duprat », amputant partiellement le film de son intérêt général et de la puissance de son héroïne.
Malheureusement Landes possède des aspects qui rappellent trop le téléfilm, par certains montages, et par des clichés naïfs. L’auteur aurait dû s’éviter l’histoire d’amour prévisible dès le début du film entre la maitresse et son régisseur prolétaire. Les personnages de la bourgeoisie à laquelle elle se heurte sont trop caractérisés et manquent parfois de nuance. Trop sage, Landes se prive d’une vigueur tout juste latente, mais pourtant bien en germe. François-Xavier Vives saura sûrement corriger ces quelques imperfections lors de son prochain long métrage.
Gregory Germanais
Bonus :
"1860 sur l'Extrême Horizon", premier film de François-Xavier Vives (1996, 24')
Entretien avec le réalisateur François-Xavier Vives
Entretien avec Marie Gillain
Entretien avec Claude Courau, ancien gemmeur
Scènes additionnelles