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affiche La voie de l’ennemi

La voie de l’ennemi

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Un film de Rachid Bouchareb ,
Avec Forest Whitaker, Harvey Keitel, Brenda Blethyn,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h58
France

En Bref

Garnett a purgé sa peine, payé sa dette à la société, il sort libre et prêt à mener une nouvelle vie. En prison, la foi en l’Islam le sauve de ses mauvais penchants, canalise sa colère dans la prière et dans une vie en quête d’un autre Graal que la voix du sang. Emily Smith, son agent de probation, pense qu’un homme peut changer, prendre une autre route. Il suffit de volonté et de se tenir éloigné des anciens chants des sirènes d'autrefois. Garnett accepte un petit boulot mal payé comme ces hommes qui traversent la frontière, passent le mur entre le Mexique et les États-Unis. Il demeure calme, prie et travaille comme un homme ordinaire abandonné par la haine et le sang. Il croise même la route de Teresa, s’installe chez sa belle et peut rêver à une nouvelle vie. La voie de la rédemption devient possible, fonder une famille, vivre libre au bord du Rio Grande comme dans les films de John Ford. Les vieux démons refont surface, son ancien complice, et surtout le vieux shérif Bill Agati. Pour lui, un criminel ne change pas, il reste un enfoiré à abattre. Il pourrait même donner un petit coup de pouce au destin, pousser à la roue de l’infortune dans le bon sens.
Entre ces deux diables jaillis de leur boite pour le hanter, Garnett tiendra-t-il le cap ?

 Rachid Bouchared s’inspire de Deux hommes dans la ville de Giovanni, plaidoyer contre la peine de mort. Il ne garde que la thématique  sur la rédemption. Il situe son film au bord de la frontière, à la fois marque entre deux pays, mais aussi deux voies à prendre, bien ou mal pour le héros. C’est dans ce lieu que se retrouve Garnett à sa sortie de prison. Polar et western par ses paysages, le film s’ouvre sur un meurtre dans la chaleur du soleil couchant. La religion n’est pas le centre du film, mais la planche de salut de Garnett. Le réalisateur s’appuie sur le duel entre Bill Agati poussant à la faute et Garnett luttant pour rester debout malgré la tempête qui l’assaille. Il réussit grâce au talent de ses acteurs à nous entrainer dans cette histoire simple, nous ramenant au combat de notre humanité : la violence ou l’amour.


Garnett a purgé sa peine, payé sa dette à la société, il sort libre et prêt à mener une nouvelle vie. En prison, la foi en l’Islam le sauve de ses mauvais penchants, canalise sa colère dans la prière et dans une vie en quête d’un autre Graal que la voix du sang. Emily Smith, son agent de probation, pense qu’un homme peut changer, prendre une autre route. Il suffit de volonté et de se tenir éloigné des anciens chants des sirènes d'autrefois. Garnett accepte un petit boulot mal payé comme ces hommes qui traversent la frontière, passent le mur entre le Mexique et les États-Unis. Il demeure calme, prie et travaille comme un homme ordinaire abandonné par la haine et le sang. Il croise même la route de Teresa, s’installe chez sa belle et peut rêver à une nouvelle vie. La voie de la rédemption devient possible, fonder une famille, vivre libre au bord du Rio Grande comme dans les films de John Ford. Les vieux démons refont surface, son ancien complice, et surtout le vieux shérif Bill Agati. Pour lui, un criminel ne change pas, il reste un enfoiré à abattre. Il pourrait même donner un petit coup de pouce au destin, pousser à la roue de l’infortune dans le bon sens.
Entre ces deux diables jaillis de leur boite pour le hanter, Garnett tiendra-t-il le cap ?

 Rachid Bouchared s’inspire de Deux hommes dans la ville de Giovanni, plaidoyer contre la peine de mort. Il ne garde que la thématique  sur la rédemption. Il situe son film au bord de la frontière, à la fois marque entre deux pays, mais aussi deux voies à prendre, bien ou mal pour le héros. C’est dans ce lieu que se retrouve Garnett à sa sortie de prison. Polar et western par ses paysages, le film s’ouvre sur un meurtre dans la chaleur du soleil couchant. La religion n’est pas le centre du film, mais la planche de salut de Garnett. Le réalisateur s’appuie sur le duel entre Bill Agati poussant à la faute et Garnett luttant pour rester debout malgré la tempête qui l’assaille. Il réussit grâce au talent de ses acteurs à nous entrainer dans cette histoire simple, nous ramenant au combat de notre humanité : la violence ou l’amour.

Le lieu est propice à un cinéma plus proche des westerns auquel il emprunte une partie de ses thématiques, les soleils couchants, la frontière, la vengeance, la tribu, les mauvais garçons. Nous sentons dans la mise en scène l’influence de John Ford et du western crépusculaire où la question de la rédemption revient souvent hanter les personnages. Nous retrouvons le regard  du réalisateur sur les hommes rejetés par la société, thématique de sa filmographie. Garnett se retrouve avec comme compagnons, les nouveaux Indiens que l’on parque derrière le mur. Il est un marginal, un rebut de la communauté, il ne trouvera jamais sa place dans son cœur, comme les millions d’émigrés franchissant le mur. Il est un intouchable. La frontière hante le film à la fois par la position de la ville, les flics qui la sillonnent et les citoyens pleins de bonne volonté, patrouilleurs civils. Le regard sur l’autre, l’étranger, parsème le récit comme le cinéma de Bouchareb.  Bill Agati est non seulement le gardien de celle-ci, mais aussi le garant que la racaille ne contaminera jamais les citoyens. Comme Michel Bouquet dans la version originale, Harvey Keitel pense qu’un individu est marqué par sa condition et qu’il n’en change jamais. Criminel un jour, criminel toujours.

Sa vraie nature reviendra à la surface, il ne peut l’ignorer, elle était peut être là à sa naissance. Il essaye donc par tous les moyens de pousser Forest Whitaker à la faute. Brenda Blethyn, elle, comme Gabin pense qu’un homme peut changer, prendre une autre voie, revenir dans le troupeau. Cela évoque les notions du pardon et de la vengeance qui sans cesse s’interpellent, s’entrechoquent, s’épousent et se libèrent. En plus de la présence du western, la première scène pourrait rappeler le premier meurtre de l’humanité, celui du frère de l’autre. Ce qui nous fait penser à cette vision, c’est l’image du début, ce décor de désert des commencements de l’humanité. Le pardon, la rédemption et la vengeance, fondements de notre civilisation parcourent sans cesse l’Ancien Testament. La religion ne renvoie pas à l’islamophobie comme pensent certains. Elle marque la planche de salut, la voie de la rédemption. Ce qui arrive souvent dans la réalité des prisons américaines. C’est par le biais de Dieu, catholicisme, islam, judaïsme que l’homme échappe à sa nature violente et criminelle. Il en comprend la nature, apprend à la dominer, la domestiquer et ne pas la laisser l’envahir et le déborder. La question mérite qu’on la pose.

 Est-ce Dieu qui change l’homme ou l’homme qui, en trouvant la voie de la raison, le sens de sa colère, y remédie ? Nous pensons que le réalisateur choisit la voie intérieure, ce qui lie les personnages les uns aux autres et comment ils vont, sur cette thématique centrale de la rédemption, changer. Le film évite les scènes d’action trop nombreuses, pour montrer une colère qui sourde qui finit par exploser. Chacun possède en lui cette envie du changement, de trouver une autre vie. Teresa, la petite amie, cherche à trouver le bonheur d’une famille, Emily, l’agent de probation, une nouvelle vie (voir interview), Garnett à échapper à son passé et même Bill possède sa quête. Le film repose sur le trio Forest Whitaker admirable dans un personnage tout en retenue, Harvey Keitel en protecteur des valeurs et Brenda Blethyn compose un agent au passé qui la marque comme une pierre rougie par le soleil du désert. Nous revenons au titre, un proverbe ou chant indien qui parlait de la tribu et selon lequel il fallait se resserrer pour se protéger des dangers extérieurs, nous dit le réalisateur. Pour finir, il s’inscrit dans la grande thématique du cinéma américain, la famille et  la notion du paradis perdu à retrouver.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Pathé Vidéo


  • Titre français : La Voie de l'ennemi
  • Titre original : Two Men In Town
  • Titres de travail : Enemy Way, puis Bill's Law1,5
  • Réalisation : Rachid Bouchareb
  • Scénario : Rachid Bouchareb, Olivier Lorelle et Yasmina Khadra, d'après le scénario de Deux hommes dans la ville écrit par José Giovanni
  • Décors : Yan Arlaud
  • Montage : Yannick Kergoat
  • Musique : Éric Neveux
  • Photographie : Yves Cape
  • Production : Jean Bréhat, Rachid Bouchareb, Jérôme Seydoux, Mustapha Orif, Jonathan Blumental, Paul Giovanni, Muriel Merlmin, Allen Bain
  • Sociétés de production : AARC, Tessalit Productions et Pathé
  • Sociétés de distribution : Pathé Distribution
  • Pays d’origine :  Algérie ,  France,  États-Unis,
  • Budget : 20 millions de dollars6
  • Langues originales : anglais, espagnol
  • Durée : 118 minutes
  • Format : Couleur - 2.35:1
  • Genre : policier

Distribution

  • Forest Whitaker : William Garnett
  • Harvey Keitel : le shérif Bill Agati
  • Brenda Blethyn: Emily Smith
  • Luis Guzmán
  • Ellen Burstyn :
  • Tim Guinee : Rod