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affiche La Villa

La Villa

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Un film de Robert Guédiguian ,
Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h47
France

En Bref

C’est un petit bout de terre léché par l’océan, quelques cabanons et des petites maisons du bonheur nichent en son cœur. Ici se construit une utopie du bonheur, nouvelle Arcadie, quel qu’en soit le nom. C’est un espace figé dans le temps que le soleil et la mer bercent doucement d’une chanson douce. Angèle et Joseph rejoignent leur frère qui n’a pas quitté les lieux, reprenant la petite gargote de leur père, Le mange-tout. On déguste les pâtes, recette volée à la mère, pour pas cher, le regard tourné vers l’horizon où le bleu du ciel rejoint celui de l’océan. Leur père, victime d’une attaque, est condamné au silence et à l’immobilité. C’est l’occasion pour la petite de revenir après un long silence, peut-être pour pardonner la mort de sa fille. Depuis elle n’avait jamais remis les pieds dans ce paradis. Actrice devenue célèbre, elle croise un drôle d’admirateur, le minot d’un voisin devenu pêcheur à son tour. Joseph est accompagné de sa dernière compagne, une jeune femme qui vient rendre hommage au vieil homme avant leur séparation. Lui revient après avoir porté la révolution à l’extérieur. Ce temps des retrouvailles scelle un nouveau destin où la vie, la mort et les étrangers auront un rôle important à jouer pour définir un nouvel avenir.


« C’est affreux, tous ces bons souvenirs ! »

Robert Guédiguian nous revient avec une fable, un conte dont lui seul possède le secret. Une fois de plus, c’est sa bonne ville de Marseille et ses calanques secrètes où dorment quelques petits cabanons du bonheur. Joseph s’étonne de ces nouveaux propriétaires repeignant aux vivantes couleurs les murs de leur maison. C’est un lieu magique, le temps, pas plus que l’extérieur ne semble n’avoir prise sur cet espace secret. Pourtant c’est dans ce petit coin au bord de l’océan que le destin de nos personnages joue une nouvelle symphonie. Les vieux amis du père, un couple charmant, dont le fils a réussi, choisiront de s’évanouir dans l’horizon. Angèle prendra le large au bras d’un jeune pêcheur car l’amour oublie les rides et les saisons. Joseph laissera partir sa jeune compagne, comprenant que le temps des souvenirs est venu.

Armand espère bien relancer le restaurant du père en gardant cet esprit des débuts, une bonne cuisine à pas cher. Ce petit coin, à la Villa au balcon en forme de cercle, reste encore ouvert à l’utopie du partage, comme un rond sans fin. Les maisons se construisent les unes après les autres, chacun aidant son voisin. Les marchands avides tenteront une incursion comme la jeune compagne imagine déjà un nouveau territoire à faire fructifier. Quand la mer apporte des enfants émigrés, ils ne verront que des enfants perdus. Loin d’être passéiste, le nouveau Guédiguian croit encore au bord possible d’un monde où le « nous » remplace le « je ». Il n’existe pas d’âme solitaire dans ce morceau de rien, ouvert au tout. La mort n’est qu’un passage, une nouvelle route où il faudra prévenir des Indiens. Le réalisateur nous offre un regard sur l’actualité et les sujets de fond de notre société, le choix de mourir, l’amour, l’immigration. Le temps n’efface rien.

C’est avec bonheur que le spectateur devient le patient de ce baume du cœur pour raviver son âme au chant du monde et de tous les possibles. Les drames, la mort de la fille d’Angèle  trouvent un écho avec une autre disparition, un peu plus tard, avec les étrangers. L’autre, venu d’ailleurs, n’est pas un malheur mais une chance. Le jeune pêcheur peut changer les souvenirs tristes en arc-en-ciel de promesses. Joseph se décide enfin à écrire ce livre sur le monde ouvrier cher au réalisateur et à tenter de trouver auprès de son père un nouveau sens à la vie. La mise en scène est ensoleillée, à l’image de la calanque aux couleurs de la Méditerranée. On parle de la vie, de la mort, de la maladie aux sens propre et figuré, du théâtre en déclamant des vers pour porter l’amour dans le cœur d’une actrice. Des soldats passent, nous rappelant qu’à l’extérieur, le monde tremble et est en danger. L’avenir c’est peut-être ces enfants arrivés par l’océan, exilés de leur patrie, orphelins prêts à découvrir le monde, l’âme vierge à remplir. Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan forment un trio parfait et nous offrent un petit extrait d’un de ses premier film,  de Ki Lo Sa  de 1985, comme pour nous montrer que l’histoire s’ancre dans hier pour regarder vers demain. À la fin, il ne reste que l’écho qui nous renvoie à nous-mêmes et à ce que nous avons fait du temps qui passe.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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    •       Titre français : La Villa

    •       Réalisation : Robert Guédiguian

    •       Scénario : Robert Guédiguian et Serge Valletti

    •       Pays d'origine : France

    •       Format : Couleurs - 35 mm

    •       Genre : drame

    •       Durée : 107 minutes

    •       Dates de sortie : 29 novembre 2017

Distribution

    •       Ariane Ascaride : Angèle Barberini

    •       Jean-Pierre Darroussin : Joseph

    •       Gérard Meylan : Armand

    •       Jacques Boudet : Martin, le père d'Yvan

    •       Anaïs Demoustier : Bérangère

    •       Robinson Stévenin : Benjamin

    •       Yann Trégouët : Yvan

    •       Geneviève Mnich : Suzanne, la mère d'Yvan

    •       Fred Ulysse : Maurice, le père

    •       Diouc Koma : le soldat

    •       Haylana Bechir : le jeune réfugiée

    •       Ayoub Oaued : enfant réfugié 1

    •       Giani Roux : enfant réfugié 2

    •       Esther Seignon : Blanche