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affiche La Promesse de l'aube

La Promesse de l'aube

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Un film de Éric Barbier ,
Avec Pierre Niney, Charlotte Gainsbourg, Didier Bourdon,

Genre : Biographique
Durée : 2h10
France

En Bref

« Il y a trois raisons qui méritent que tu te battes, les femmes, l’honneur, la France. »

Cette histoire commence dans le sang de la vérité, loin du mensonge. Elle raconte l’amour d’une mère pour son fils, prête à tout sacrifier pour le porter au sommet du monde. Elle commence en Lituanie dans les rues enneigées d’une petite ville, Wilmo. Ils s’installent pour construire une nouvelle vie au cœur de l’exil. Elle ignore les moqueries de la foule. Elle scande sa litanie, son credo, en réponse à la bassesse. Il deviendra un grand homme, ambassadeur, aviateur. Il n’existe pas d’autre destin dans l’aube du monde que celui-ci pour Romain. Pendant qu’il découvre le monde et les amours d’adolescent, elle prépare la route qui le portera au cœur de l’aube. Romain n’échappe pas à ce choix qu’il désire contre tout pour honorer le sacrifice d’une mère, l’amour ultime. Il part pour la France où l’attendent la gloire et l’honneur, même si la route pour l’heure est un peu plus ardue. Il ne suffit point de quelques vers sur le papier pour transcender le monde.

Du droit, il passe aux premières heures de la guerre dans l’aviation, bien décidé à délivrer la France et tremper sa plume dans le sang de l’existence pour devenir un grand écrivain. La tourmente emporte l’Europe dans un maelström de violence et d’horreur. Il quitte le territoire pour rejoindre De Gaulle, Londres, et l’Afrique du Nord. Les prévisions de sa mère se réalisent. Il participe à la Libération, se couvrant de gloire et d’honneur avec quelques coups de poing pour le cœur des femmes. Déjà son premier livre, L’éducation européenne connaît un certain succès. De retour en France à la Libération, il découvre le prix du sacrifice d’une mère pour son fils. « En échange de sa vie manquée, on lui avait offert certaines garanties, fait certaines promesses »


« Et sans doute n’est-il pas permis d’aimer un seul être à ce point. Fut-il votre mère »

Éric Barbier, après Jules Dassin en 1970, nous propose un nouveau regard sur l’œuvre maitresse de Romain Gary La promesse de l’aube. Jules Dassin ouvre son film sur une belle séquence d’amour maternel. Éric Barbier choisit la voix de Romain Gary au cœur du Mexique, en compagnie de sa femme. Il vient d’achever son roman et doute encore de sa force. Dans la voiture l’emportant pour le soigner à Mexico, sa femme découvre la puissance des mots. De la mère à la femme aimée, c’est l’importance des femmes dans la vie de Gary que prend pour fil conducteur le réalisateur. Nous allons découvrir la transformation d’un enfant porté par le cœur d’une mère aimante, cet amour exclusif, sans partage, poussant le sacrifice jusqu’au dernier souffle. Plus que des rêves fous, c’est la prescience de sa vie. Elle le sait destiné à un chemin plus grand que le sien. C’est bien Romain Gary qui façonne le jeune homme pour en faire l’auteur d’une modernité frappante bien avant l’heure.

Elle le pousse, lui rappelle sans cesse l’essentiel. Dans la tourmente de la guerre, elle lui laisse ses lettres, ces îles où s’accrocher pour tenir et survivre à l’effroi. Éric barbier, à travers sa réalisation, nous montre combien dans ce roman plus particulièrement, Romain Gary dévoile l’homme d’hier et d’aujourd’hui. La ligne entre la réalité et la fiction n’est jamais loin, parfois le spectateur doute de la véracité des faits. Ils sont pourtant exacts, car l’auteur a toujours considéré la vie comme un grand roman dont la fin ne pouvait pas être différente que celle du suicide. Nous découvrons une époque avant-guerre et déjà le racisme et la différence accrochés au tableau de l’Etat. Il se voit refuser une promotion d’officier dans l’armée de l’air, car naturalisé depuis peu et juif. La présence de la mère se transforme en un fantôme qui l’accompagne toute sa vie. Aux portes de la mort, dans le désert, elle le pousse à accomplir son destin, se relever d’entre les morts pour reprendre la marche.

Le film s’achève sur un homme parlant à un fantôme. Il lui dit peut-être que tous ses rêves sont devenus réalité. Pierre Niney s’empare du personnage et devient Romain Gary dans la fougue des jeunes années, dans la fureur des combats et au Mexique. Il confirme sa capacité à se glisser dans la peau de n’importe quel personnage. Charlotte Gainsbourg nous surprend une fois de plus, magnifique en mère aimante, absolue, se transformant pour devenir l’amour le plus beau. Une mention particulière va au petit Pawel Pulchaski, Romain Gary à l’âge de huit et dix ans, époustouflant. Derrière la grande fresque biographique, Éric Barbier saisit le cœur de l’œuvre et de l’homme et nous invite à la relire.

Patrick Van Langhenhoven

« Avec l'amour maternel, la vie vous fait, à l'aube, une promesse qu'elle ne tient jamais. Chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrais diamants. »

La promesse de l'aube Romain Gary extrait. Folio Gallimard

Note du support : n/a
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    •       Titre original : La Promesse de l'aube

    •       Titre international : Promise at Dawn

    •       Réalisation : Éric Barbier

    •       Scénario : Éric Barbier et Marie Eynard, d'après le roman éponyme de Romain Gary (1960)

    •       Directeur artistique : Renátó Cseh

    •       Décors : Pierre Renson

    •       Costumes : Catherine Bouchard

    •       Photographie : Glynn Speeckaert

    •       Son : François Maurel

    •       Montage : Jennifer Augé

    •       Musique : Renaud Barbier

    •       Production : Éric Jehelmann et Philippe Rousselet ; Adrian Politowski (coproducteur)

    •       Sociétés de production : Jerico ; Lorette Cinéma, Nexus Factory, Pathé Production, TF1 Films Production et Umedia (coproductions)

    •       Société de distribution : Pathé Distribution (France) ; Alternative Films (Belgique), Pathé Films AG (Suisse romande)

    •       Budget : 18 000 0001 - 24 400 000 euros

    •       Pays d'origine : France /  Belgique

    •       Langues originales : français, polonais

    •       Format : couleur

    •       Genre : drame biographique

    •       Durée : 131 minutes

    •       Dates de sortie : 20 décembre 2017

Distribution

    •       Pierre Niney : Roman Kacew, dit Romain Gary

    ◦       Pawel Puchalski5 : Roman Kacew, 8-10 ans

    ◦       Nemo Schiffman6 : Roman Kacew, 14-16 ans

    •       Charlotte Gainsbourg : Mina Kacew, la mère de Romain Gary

    •       Didier Bourdon7 : Alex Gubernatis

    •       Jean-Pierre Darroussin7 : Zaremba

    •       Catherine McCormack : Lesley Blanch

    •       Finnegan Oldfield : Capitaine Langer

    •       Pascal Gruselle : Colonel Salon

    •       Alexandre Picot : Sergent Dufour