Jocelyne la petite mercière d’Arras profite du bonheur de chaque jour, ces petits riens qui viennent après l’orage et changent la vie en arc-en-ciel. Entre sa mercerie, Joe son mari qui se démène pour obtenir un poste plus important dans son usine. Elle ne demande rien d’autre à la vie que ces jours partagés avec celui qu’elle aime. Elle file sans heurt, sans brusquer le quotidien, s’étalant comme toutes ces histoires simples mais heureuses. Il y a bien son père aujourd’hui à l’hospice, un brave homme qui oublie au bout de 6 minutes le temps qui passe. La petite mercière lui invente des vies merveilleuses, Prix Nobel, auteur célèbre, grand scientifique, peu importe ses fausses existences s’effaceront dans 6 minutes. Elle s’offre quelques soirées avec les fausses jumelles, deux sœurs tenant la boutique d’esthétique d’en face, se prénommant Danielle toutes les deux. Dans les beaux jours d’Arras, la vie file comme un long fleuve tranquille jusqu’à « il était une fois ». Un jour au café du coin, poussée par ses copines, Jocelyne se lance dans une grille à 2 francs six sous.
Jocelyne la petite mercière d’Arras profite du bonheur de chaque jour, ces petits riens qui viennent après l’orage et changent la vie en arc-en-ciel. Entre sa mercerie, Joe son mari qui se démène pour obtenir un poste plus important dans son usine. Elle ne demande rien d’autre à la vie que ces jours partagés avec celui qu’elle aime. Elle file sans heurt, sans brusquer le quotidien, s’étalant comme toutes ces histoires simples mais heureuses. Il y a bien son père aujourd’hui à l’hospice, un brave homme qui oublie au bout de 6 minutes le temps qui passe. La petite mercière lui invente des vies merveilleuses, Prix Nobel, auteur célèbre, grand scientifique, peu importe ses fausses existences s’effaceront dans 6 minutes. Elle s’offre quelques soirées avec les fausses jumelles, deux sœurs tenant la boutique d’esthétique d’en face, se prénommant Danielle toutes les deux. Dans les beaux jours d’Arras, la vie file comme un long fleuve tranquille jusqu’à « il était une fois ». Un jour au café du coin, poussée par ses copines, Jocelyne se lance dans une grille à 2 francs six sous. Le résultat ne se fait pas attendre à la roue de la fortune, au petit jeu de la chance elle tire 18 millions. Nous avons tous rêvé de ces fortunes gagnées au loto que nous ne remplissons jamais. Il était une fois une petite mercière qui décide de ne rien dire, l’argent ça pourrait gâcher un bonheur bien acquis. Comment ses proches réagiront-ils à l’annonce de ce pactole qui transforme des gens ordinaires en millionnaires ? Elle ignore que ce silence lui coûtera peut-être plus cher, car n’oublions pas nous pouvons voir cette histoire comme un conte.
L’argent ne fait pas le bonheur. Dans une scène d’anthologie, la psychologue européenne des jeux, Julie Ferrier, pointe les ravages de l’arrivée d’une grosse somme dans une vie ordinaire. La liste de mes envies prend à contre pied les histoires habituelles de gagnants du loto, quittant leur famille Ah! Si j’étais riche ou les emmenant sur la côte Les Tuches. Le sujet n’est pas nouveau et la liste est longue de ces gagnants transformés par un gros chèque. Didier le Pêcheur, en adaptant le livre de Grégoire Delacourt s’intéresse à une autre thématique, l’argent fait-il le bonheur ? L’héroïne de cette histoire préfère le silence, de peur de perdre l’harmonie de son foyer. Qu’est-ce qui est plus important ? C’est ces moments que nous construisons chaque jour pas à pas. Cette vie de chaque instant que l’on fabrique sur la route du pays merveilleux. Est-ce que ce n’est pas plus important qu’une vie facile que nous procure l’argent ? Ces riens, le papier peint posé ensemble, chaque objet avec son histoire, le poste au travail que l’on décroche grâce à sa ténacité.
Ces instants où la vie s’emballait que l’on affrontait ensemble, fabriquant à la banque des souvenirs des moments gravés dans le cœur. Mathilde Seigner, Jocelyne dans le film, refuse de sacrifier ces jours heureux à la facilité de l’argent. Vous découvrez une multitude de gens qui vous veulent du bien et surtout quelques billets verts au passage. Elle souhaite être aimée pour ce qu’elle est, et ce qu’elle réussit. Elle ressemble à sa liste, une lampe pour le salon, une poêle Tefal, des petites choses ordinaires pour la majorité d’entre nous, mais des petits plus pour elle. Le film pose bien la question du bonheur, c’est quoi, ça tient à quoi. Comme la petite mercière, je répondrai qu’il n’est pas matériel, mais bien dans les difficultés, les moments de chaque jour que l’on partage avec ceux que l’on aime. Dans ce que nous offrons à l’autre.
La réaction de chacun à la découverte du magot montre bien où les uns et les autres nous plaçons le bonheur et ce qu’il en résulte. Je ne vous en dirai pas plus, c’est le cœur du film. La liste de mes envies s’inscrit dans l’air du temps, dans la grande folie de notre société. L’oubli de l’humain, pour l’argent, aujourd’hui tout revient à combien ça coute, l’économie, le poids du billet vert. Le poids d’une vie, c’est mon âme et comment je la remplis dans le grand voyage des beaux jours. Quand nous partirons sur l’autre rive, nous n’emporterons pas nos fortunes, mais ces souvenirs amassés dans la malle aux trésors. C’est une comédie d’été sans prétention qui nous permet de passer un bon moment. Le petit plus, c’est sa galerie de personnages bien croqués comme les fausses jumelles, la timide Mado, Patrick Chesnais acteur sous-employé en père Alzheimer excellent. Mathilde Seigner donne du cœur à ce beau personnage qui nous fait aimer le film. Nous ne lui demandons rien de plus, un petit bonheur sur grand écran, le voilà notre ticket gagnant.
Patrick Van Langhenhoven