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affiche La Duchesse de Varsovie

La Duchesse de Varsovie

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Un film de Joseph Morder ,
Avec Alexandra Stewart, Andy Gillet,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h26
France

En Bref

Valentin, jeune peintre en rupture d’inspiration, reçoit la visite de sa grand-mère Nina. Dès sa descente sur le quai de la gare, dans le silence de l’attente, le manque de l’absence, nous sentons que ces deux-là partagent les secrets de leur âme. Pourtant, il reste un secret que la vieille émigrée juive n’a jamais partagé. Une vieille blessure profonde, elle remonte à la guerre et à ce surnom qu’elle fuit, la Duchesse de Varsovie. Valentin dévoile son manque d’inspiration, la toile blanche sur laquelle le pinceau ne trace plus aucune folie de son cœur.

Ils entament une longue balade au sein d’un Paris où, en toile de fond, la peinture devient le décor de leurs émois. Peu à peu s’installe le temps de la dernière porte secrète à franchir, ouvrir le fond de l’âme pour que les ténèbres disparaissent. Nina finit par dévoiler le dernier livre des secrets, les années sombres où les bottes de la meute folle arpentaient le pavé de Varsovie. Du petit village perdu dans la banlieue de Varsovie défile la souffrance et l’horreur d’un monde où l’humanité avait fui en partie.


« Plus le sujet est grave, plus il faut le traiter avec légèreté » Joseph Morder.

 Entre le dernier Resnais, Aimer boire et chanter et le Perceval de Rohmer dans le principe d’un décor de toile peinte ou épurée le film rappelle bien entendu le jeune peintre entre un Paris des comédies musicales d’Hollywood et les impressionnistes. Les toiles sont le travail de l’artiste Juliette Schwartz. La délicatesse du décor, son côté aérien, presque fantomatique, tranche avec la révélation de la fin. La balade se veut bucolique, errance poétique et philosophique de deux êtres en quête de leurs âmes. Paris fantasmé plus que carte postale, c’est l’image rêvée des deux personnages qui les emporte et les pousse à se dévoiler. Ils connaissent le prix du rejet, lui dans son homosexualité, elle dans sa judéité. La parole commence par être légère comme un nuage sous un soleil d’été que le vent pousse.

Elle prend des couleurs et un ton plus sombre pour devenir une confession où le décor explose pour se transformer en ténèbres. Sur un fond noir, Nina raconte les années sombres, les trains emportant les vivants au pays du diable. Défilent les camps, les riens auxquels on s’accroche pour tenir, survivre. L’amitié vous tient debout quand tout s’écroule autour de vous. La poésie évolue, touche le fond de l’humanité pour libérer l’âme de cette noirceur qui la hantait. Valentin retrouve le goût de peindre et Nina, apaisée, peut regarder au loin le ciel bleu sans peur.

Dans ce chant de mort, les mots, les phrases anodines, « je m’endors toujours dans les trains » par exemple, prennent une tout autre signification. Nous comprenons combien ils obscurcissaient le présent.  L’artificiel peut surprendre au départ, il s’efface derrière les mots. Le choix de deux acteurs uniques dans un dialogue aboutissant au monologue final et au silence est très astucieux. C’est bien la parole qui devient le centre du récit. Elle nous emmène tout doucement à la révélation de l’innommable, une thématique récurrente chez le réalisateur. Dans sa forme le film est à la fois très moderne et classique par certains aspects. Joseph Morder réussit un beau témoignage sur la Shoa à voir absolument.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format DVD-9
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Anglais
Edition : Epicentre Vidéo

Bonus :

 Entretiens et avant-première
Dans les coulisses de "La Duchesse de Varsovie"
Commentaire audio du réalisateur Joseph Morder
Galerie de photos
Bio filmographie
Bande-annonce du film

    Réalisation : Joseph Morder

    Scénario : Mariette Désert, Harold Manning, Joseph Morder et Cécile Vargaftig

    Musique : Jacques Davidovici

    Photographie : Benjamin Chartier

    Montage : Isabelle Rathery

    Producteur : Céline Maugis

    Production : La Vie est Belle Films Associés

    Distribution : Epicentre Films et Caravan Pass

    Pays d’origine : France

    Genre : Comédie dramatique

    Durée : 86 minutes

    Dates de sortie : France : 25 février 2015

Distribution

     Alexandra Stewart : Nina

    Andy Gillet : Valentin

    Rosette : Alexandra, actrice du film muet

    Françoise Michaud : Elizabeth, actrice du film muet

    Wojtek Kulpinski : le chauffeur de taxi

    Kamel Benac : René

    Muriel Reuter : l'accusatrice

    Mickaël Médard : l'homme de la boîte de nuit

    Joseph Morder : Serge

    Robi Morder : Gaston