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affiche La cage dorée

La cage dorée

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Un film de Ruben Alves,
Avec 
Rita Blanco, Joaquim de Almeida, Roland Giraud,

Genre : Comédie
Durée : 1H30
France

En Bref

Maria et José Ribeiro, d’origine portugaise, vivent depuis 30 ans au cœur des beaux quartiers parisiens où elle s’occupe d’un immeuble. Elle reste une concierge  se pliant en quatre pour ses propriétaires, attentive aux bons soins de  tous. Sortir le chien et s’occuper des enfants du couple du dernier étage, s’occuper des plantes de la mégère de service, Mme Reichert, etc. José est artiste du bâtiment comme le clame son patron, Mons Caillau, qui sans lui se sentirait perdu. Leur fille Paula achève ses études de droit. Elle devrait bientôt leur révéler le nom secret de son petit amoureux, le fils d’une de leurs connaissances.

Tout ce petit monde vit dans une cage dorée qui dépasse la loge de la concierge. Le jour où Maria et José héritent d’une maison et de ses vignes au Portugal, tous s’accordent pour une même idée, ne pas laisser partir ce diamant précieux. Mais derrière les bonnes intentions se cachent des raisons bassement personnelles et mercantiles. Le bonheur des uns ne fait pas forcément celui des autres.


Ruben Alves suit les traces de son ami d’enfance et producteur Hugo Gélin, qui nous avait donné la belle comédie Comme des frères. Il aborde tout en douceur et délicatesse, sans jouer le trait grossier de la caricature, la thématique des concierges et des émigrés portugais. Il s’amuse des clichés et des on-dit, le Portugais forcément maçon, mangeant de la morue, branché Linda de Suza.

Toutes ces petites choses saisies par le regard du jeune enfant Ruben et de ses amis, se transforment en comédie. Il alterne des séquences de rire jubilatoire et des moments comme cette scène de fado final  où la recherche du père et la valeur des origines se mêlent dans un instant magique. C’est une belle comédie à la française qui s’amuse et nous amuse avec subtilité des clichés et vérités. Elle partage avec le spectateur son amour des Portugais et du Portugal.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9, Film
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : aucun
Edition : Ptahé Vidéo

Bonus : "A l'intérieur de la Cage Dorée" (35') : le documentaire qui vous plonge au coeur du tournage - Bêtisier (10') Scènes coupées (10') Essais Fado - Galerie photos - Bande-annonce

Ciné Région : Vous semblez en adéquation avec votre personnage, si bien que vous ne semblez jamais composer.

Jacqueline Corado: Si si je compose quand même beaucoup dans mon personnage. C’est vrai que ma mère a été gardienne pendant quelques années et après femme de ménage donc je connais très bien le milieu. Et je connais bien tous les personnages de ce film, j’aurais pu leur donner d’autres prénoms, j’en ai côtoyé pas mal et je les aime tendrement.

C.R : Comment avez-vous réalisé cette alchimie générale, est-ce à l’écriture ou durant le tournage ?

Ruben Alves : Je pense que l’alchimie pour les portugais s’est faite naturellement parceque lorsqu’ils sont venus sur le projet, ils étaient vraiment touchés par le scénario et par l’émotion que ça véhiculait derrière. Ils me disent souvent d’ailleurs que l’âme portugaise est très présente, et du coup ca parle énormément parce que les portugais sont très fiers. Tous les portugais qui voient le film sont pris d’une émotion, ils pleurent, ils sont fiers de voir qu’on parle d’eux. Et c’est vrai que les acteurs portugais sont venus avec cette alchimie naturelle. Chantal et Roland ont plongé dedans très naturellement.

Jacqueline Corado : Je vais t’interrompre pour préciser quand même que je pense que la fédération se fait comme dans un bateau, grâce au capitaine. J’ai tourné une fois avec un réalisateur dont je ne donnerai pas le nom qui pensait qu’on ne pouvait accoucher que dans la douleur. Et puis vous avez comme Ruben des personnes qui au contraire croient que l’humain est aussi important que le talent. Et donc quand vous avez le capitaine de l’équipe qui prend vraiment en compte l’humain et qui donne cette impulsion là, c’est un chef d’orchestre. C’est lui qui choisit ses éléments avec beaucoup d’humanité.

R.A : C’est vrai que c’était important pour moi, pour un premier film, de m’entourer de bienveillance. Je ne voulais pas prendre des gens uniquement parce qu’ils sont bons acteurs si humainement ça peut être compliqué, c’est pas mon truc. Je veux travailler dans la bonne humeur donc mon casting ressemble à ce que j’avais vraiment envie de créer dans le film.

C.R : C’est un projet que vous aviez depuis longtemps ?

R.A : Ecoutez, non, je pense que l’idée était un peu enfouie, que j’avais envie de parler de ça mais il faut quand même sortir un peu de soi, ça devient très personnel donc je ne sais pas si j’étais vraiment près pour me lancer de moi-même. C’est l’impulsion de mes producteurs Hugo Gélin et Laetitia Galitzine qui m’a motivé à me lancer. J’avais écrit un scenario sur les expatriés français à Lisbonne donc déjà, j’avais envie de parler du choc des cultures. Et donc c’est eux qui m’ont poussé à écrire ce film.

C.R : Vous vous êtes beaucoup inspiré de votre vécu.

R.A : Oui il y a beaucoup d’inspiration. Ce n’est pas pour autant autobiographique puisque je n’ai pas vécu tout ce qui se passe dans le film mais il y a beaucoup de situations, de dialogues, de sensations que j’ai vécus. Mais après, j’ai écrit un film, j’ai écrit une histoire, avec une narration. On me demande souvent si j’ai vraiment vécu telle ou telle scène du film. Non pas forcément.

C.R : Vous insistez notamment sur la dignité.

R.A : Oui, c’était important que mon couple principal, Maria et José, soit surtout très digne et qu’ils aient cette élégance naturelle. Voilà, ils peuvent être ouvriers et nobles en même temps. Ils ont cette volonté de bien faire.

C.R : Vous avez écrit seul ou à plusieurs ?

R.A : Non j’ai coécrit le film avec un scénariste qui s’appelle Jean-André Yerles, et Hugo Gélin mon producteur est arrivé en fin de parcours pour peaufiner un peu avec moi parce qu’il me connaît très bien donc on a arrangé les détails. Mais avec Jean-André, ce qui était intéressant, c’est qu’il n’avait rien à voir avec les portugais. Quand je lui ai demandé ce que c’était pour lui, il m’a répondu des choses de base, des idées tellement clichées que le français peut avoir du portugais. C’est pour sa distance face au sujet que j’ai choisi de travailler avec lui parce que moi j’avais tellement de cœur dedans qu’il me fallait quelqu’un qui ait cette vision très basique du portugais. Notre travail ensemble était super. Après, Hugo, c’est mon ami d’enfance donc c’était très naturel.

C.R : Et vos envies de cinéma viennent d’avoir côtoyé Gélin ?

R.A : Oui c’est vraiment ça. Je pense que déjà, j’ai toujours eu profondément en moi cette envie de créer du spectacle. Petit, à l’école, je montais des spectacles dans la cour et à la fin de l’année on me demandait d’imiter les profs sur l’estrade. Donc quand on a ça depuis tout petit, en soi, on arrive à l’adolescence on se demande ce qu’on va faire, on se dit que c’est peut être pas un métier de faire le clown et le spectacle comme ça. Eh ben si. Alors après je ne sais pas si je suis réalisateur, j’ai réalisé un film mais je ne sais pas si je le suis. Une chose que je sais c’est que j’aime créer et j’aime raconter des histoires et vivre. J’ai fait ce film là parce que c’était vital pour moi de le faire.

C.R : Vous avez fait une école de cinéma ?

R.A : Non, complètement autodidacte enfin si, j’ai pris quelques cours de théâtre après le bac pour être acteur. J’ai enchainé avec la coréalisation de court-métrages avec Hugo à l’abri des regards indiscrets, puis une ou deux pubs et seulement après, j’ai commencé à écrire.