Cine-Region.fr
affiche La belle et la bête

La belle et la bête

___

Un film de Christophe Gans,
Avec Vincent Cassel, Léa Seydoux, André Dussollier,

Genre : Fantastique
Durée : 1h52
France

En Bref

« Il y avait une fois un marchand qui était extrêmement riche. Il avait six enfants, trois garçons, trois filles, et comme ce marchand était un homme d’esprit, il n’épargna rien pour l’éducation de ses enfants ». Ainsi commence le conte de Mme Leprince de Beaumont, ainsi débute notre histoire. Ils vivaient heureux dans le cœur de la capitale. Le père gérait son commerce et ses navires revenant souvent chargés de merveilles des pays lointains qu’il revendait à prix d’or. Hélas, un jour de tempête furieuse et capricieuse, la cargaison et les biens du brave homme sombrèrent dans le pays de Poséidon. En un jour de malheur, en un soupir sur le dos du temps, il venait de tout perdre. Adieu la vie dans les palais, c’est au cœur d’une petite chaumière que notre homme trouve refuge avec ses enfants.

Si la plus jeune belle songe aux biens de la nature et de la campagne, ses deux sœurs pestent contre la perte de leur rang et leurs frères continuent de s’encanailler dans les pubs de la ville. Notre homme courageux reprit la route et son commerce pour un jour arrêter sa course dans un domaine merveilleux où la forêt et les éléments bâtissaient un nouvel Éden. Il trouve refuge dans le château de cet inconnu où de nombreuses merveilles l’attendent, nourriture et trésors que le seigneur invisible lui offre. Pourtant, c’est une petite rose arrachée à un buisson qui cause son malheur. Il pouvait tout voler sauf la fleur des amants. Le voilà frappé d’une malédiction, voir une dernière fois ses enfants et revenir expier sa faute, mourir… C’est Belle qui se croyant fautive se laisse conduire par un cheval magique au pays du seigneur pour s’offrir à la place de son père. Elle découvre un secret terrifiant, ce n’est pas un homme, mais une bête terrifiante. Celle-ci décide de conserver la Belle auprès d’elle pour l’éternité. La pauvre Belle serait condamnée pour l’éternité à fréquenter cette abomination, mais nous sommes dans un conte de fées où la faute est l’un des secrets.

Aucune comparaison avec la mythique version de Jean Cocteau, Christophe Gans s'approprie le conte et en explore avec bonheur, disons-le tout de suite, un autre aspect. Cocteau se penchait sur la dualité entre notre nature humaine et animale, le Dr Jekyll et le Mr Hyde qui nous habite. Il utilise le plus souvent les ombres et lumières, les lieux clos, la caverne où l’enfer d’Orphée peut-être. La nouvelle version choisit la voie de la nature au sens propre, plus lumineuse. Les décors s’ouvrent sur l’espace naturel. Nous sortons dans les extérieurs du château pour en découvrir l’esprit de la nature où l’homme trouve sa place en harmonie. Ainsi, le début s’attache à décrire une époque charnière, celle du commencement de l’industrie moderne et de l’argent roi.


« Il y avait une fois un marchand qui était extrêmement riche. Il avait six enfants, trois garçons, trois filles, et comme ce marchand était un homme d’esprit, il n’épargna rien pour l’éducation de ses enfants ». Ainsi commence le conte de Mme Leprince de Beaumont, ainsi débute notre histoire. Ils vivaient heureux dans le cœur de la capitale. Le père gérait son commerce et ses navires revenant souvent chargés de merveilles des pays lointains qu’il revendait à prix d’or. Hélas, un jour de tempête furieuse et capricieuse, la cargaison et les biens du brave homme sombrèrent dans le pays de Poséidon.

En un jour de malheur, en un soupir sur le dos du temps, il venait de tout perdre. Adieu la vie dans les palais, c’est au cœur d’une petite chaumière que notre homme trouve refuge avec ses enfants. Si la plus jeune belle songe aux biens de la nature et de la campagne, ses deux sœurs pestent contre la perte de leur rang et leurs frères continuent de s’encanailler dans les pubs de la ville. Notre homme courageux reprit la route et son commerce pour un jour arrêter sa course dans un domaine merveilleux où la forêt et les éléments bâtissaient un nouvel Éden. Il trouve refuge dans le château de cet inconnu où de nombreuses merveilles l’attendent, nourriture et trésors que le seigneur invisible lui offre. Pourtant, c’est une petite rose arrachée à un buisson qui cause son malheur.

Il pouvait tout voler sauf la fleur des amants. Le voilà frappé d’une malédiction, voir une dernière fois ses enfants et revenir expier sa faute, mourir… C’est Belle qui se croyant fautive se laisse conduire par un cheval magique au pays du seigneur pour s’offrir à la place de son père. Elle découvre un secret terrifiant, ce n’est pas un homme, mais une bête terrifiante. Celle-ci décide de conserver la Belle auprès d’elle pour l’éternité. La pauvre Belle serait condamnée pour l’éternité à fréquenter cette abomination, mais nous sommes dans un conte de fées où la faute est l’un des secrets.

Aucune comparaison avec la mythique version de Jean Cocteau, Christophe Gans s'approprie le conte et en explore avec bonheur, disons-le tout de suite, un autre aspect. Cocteau se penchait sur la dualité entre notre nature humaine et animale, le Dr Jekyll et le Mr Hyde qui nous habite. Il utilise le plus souvent les ombres et lumières, les lieux clos, la caverne où l’enfer d’Orphée peut-être. La nouvelle version choisit la voie de la nature au sens propre, plus lumineuse. Les décors s’ouvrent sur l’espace naturel. Nous sortons dans les extérieurs du château pour en découvrir l’esprit de la nature où l’homme trouve sa place en harmonie. Ainsi, le début s’attache à décrire une époque charnière, celle du commencement de l’industrie moderne et de l’argent roi.

L’envie, l’argent facile, la jalousie et la vertu se retrouvent dans le cœur du récit comme la chasse et l’exploitation de la nature. Christophe Gans accentue l’aspect du chasseur de son prince devenu bête, suite au massacre de l’esprit de la nature. Il se retrouve condamné à vivre éternellement dans ce château où elle court sur les murs, lierres, buissons de roses où repose l’âme de la nature. Nous remarquerons que c’est la tempête, la colère des éléments, qui décime les richesses du marchand. L’homme s’est donc coupé de cette dernière pour se lancer à la conquête du monde.

Il a peut-être en tête l’idée de remplacer Dieu. Elle annonce des auteurs comme Thoreau où la nature marque un retour au sens de l’univers et la place de l’homme. C’est une de ces thématiques que porte la nouvelle version dans ses décors et ses personnages. Elle trouve un écho à notre époque comme celle de Cocteau avec la sienne, l’un des grands principes du conte, s’inscrire dans son temps. La rose et l’histoire entre la Bête et Belle nous renvoient à l’esprit amoureux. Qui aime ? Au début Belle est plus en lutte contre l’esprit de la Bête que contre son apparence.

C’est la seule qui accepte le retour à la campagne et y trouve sa place parmi les champs et les animaux. Dans ce sens, la fin devient très signifiante du choix de l’auteur. Ce qui réunit les deux personnages au cœur perdu, la Bête par sa faute et Belle par la quête d’un amour vrai, c’est la rose. Elle représente la fleur des amoureux, la flèche de Cupidon, le rouge de la naissance, etc. A l’inverse Cocteau promet la mort de la Belle si elle ne revient pas, dans le sens où elle se transformerait en animal au sens figuré.

L’homme perdrait définitivement sa nature humaine. Chez Gans c’est la Bête qui change le propos en disant « je mourrai si vous ne revenez pas ». Nous sommes donc bien sur les deux thématiques principales, l’amour et la nature. Nous pouvons supposer qu’elle mourra de ses sentiments et de cette trahison, et au sens propre la nature se désagrègera. La trahison est aussi un autre des sentiments importants du récit. Elle renvoie à son opposé, la promesse d’une rose, du bonheur, de l’amour. La vertu, l’envie, l’orgueil sont aussi extrêmement présents dans le récit comme ils l’étaient aussi chez Cocteau. Tous les personnages sont excellents, des premiers rôles, Léa Seydoux et Vincent Cassel, André Dussolier aux deux sœurs plus bimbos, ne pensant qu’aux robes et bijoux.

Le réalisateur développe l’histoire des fils et d’une bande de sacripants de l’époque. C’est un conte pour toute la famille où chacun prendra sa part de merveilleux, les plus petits dans les beagles transformés en genre de gremlins trouveront leur compte. Il serait donc dommage de se priver d’un film où le rêve peut encore conduire le spectateur au pays des « il était une fois ».

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9
Langues Audio : Audiodescription (pour malvoyants) , Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : aucun
Edition : Pathè Vidéo

Bonus:

Edition à tirage limite avec :
- le Blu-ray du film
- un Blu-ray de bonus
- le DVD du film
- un livre de 72 pages avec des dessins inédits de François Baranger, Senior Concept Artist, à l'origine de l'univers visuel du film
Disque 1 :
Commentaire audio de Christophe Gans
Commentaire audio de Louis Morin, le monteur du film
Le film en multi-versions avec possibilité de basculer à tout moment : le film brut sans aucun effet visuel, les animations illustrées, les maquettes des effets visuels, le rendu final
Blu-ray bonus :
Documentaire sur la fabrication du film : écriture, direction artistique, tournage, effets visuels, musique (90')

Ciné Région : Est-ce que c’est un challenge de se lancer dans un remake de La Belle et la Bête ?

 Christophe Gans : Forcément oui mais je crois que faire un film quel qu’il soit, c’est déjà un challenge. Maintenant, faire un film 60 ans après Cocteau, c’était d’une certaine manière un challenge et en même temps, c’était pour moi très galvanisant. Je n’ai jamais eu peur de l’ombre du film de Cocteau, que j’admire, mais comme je connais précisément les endroits où il n’a pas voulu aller parce que ce n’était pas l’époque ou pas sa volonté, et bien justement nous on a voulu s’engouffrer là où les portes sont ouvertes. Il y a dans le texte de Mme De Villeneuve énormément de pistes qui n’ont pas été exploitées par Cocteau et sur lesquelles on a décidé de bâtir notre version.

C.R : Comment avez-vous sélectionné ces pistes écartées par Jean Cocteau ?

C.G : Quand j’ai vu pour la première fois le film de Cocteau, je devais avoir 5 ou 6 ans et ça été une expérience sensorielle et onirique très puissante mais il y a néanmoins quelque chose qui m’avait toujours frustré, c’est le fait que la malédiction qui a transformée le prince en bête ne fait l’objet que d’une ligne de dialogue. Moi je ne me satisfaisais pas de ça et la première chose sur laquelle on a bossé, c’était la cause réelle de cette malédiction et dés qu’on a eu la scène, on a pu construire l’arborescence du film.

C.R : En même temps, vous avez conservé le côté très visuel qui donne son empreinte et son authenticité au film. Comment avez-vous travaillé ces différentes techniques ?

 C.G : C’était très important pour moi que le film ait un style symbolique. Les contes de fée ne sont pas bâtis de manière psychologique. Ce qui nous plait dans les contes de fée, c’est qu’on peut les relire à tout âge de la vie et y voir des choses différentes sans jamais oublier les sensations de la première lecture. Quand je vois le film de Cocteau aujourd’hui, je vois des niveaux de lecture que je n’avais pas perçu à l’époque.

C.R : Pourquoi avez-vous choisi le principe de narration ?

 C.G : Le principe de narration se justifie car je voulais prendre les gens par la main et les embarquer dans une histoire que tout le monde connaît mais en créant néanmoins des effets de surprise. Tout le monde connaît l’histoire de La Belle et la Bête par cœur donc ce qui fait le plaisir d’une nouvelle adaptation d’un conte de fée aussi célèbre, ce sont les variations et les variations peuvent être apportées par la narration. C’est replacer le conte à l’intérieur d’une tradition orale qui est à mon avis essentielle. La narration est une façon de nous rappeler que ce qui est important dans un conte de fée, ce n’est pas tant l’histoire qu’on nous raconte à nouveau que les variations et les trouvailles qu’on arrive à trouver dans ces histoires.

C.R : André Dussollier, comment jugez-vous ce père de famille incapable de gérer et ses affaires et sa vie de famille ?

André Dussollier : C’est un peu dur, incapable de gérer, le pauvre… Non mais dans le conte d’origine on a l’impression que le père consent à amener la belle dans les griffes de la bête tandis que là, visiblement, il l’enferme dans la chambre et c’est elle qui décide de partir, ce qui fait que le père est moins complice. Je trouve qu’il est assez responsable et il y a cet aspect qui est touchant dans cette histoire, c’est qu’on part du réel de cette famille pour aller ensuite dans le monde fantastique. Il y a tellement de niveaux de lecture dans un conte que toutes les interprétations sont possibles mais j’ai l’impression que le père a une dose d’humanité qui fait qu’on est proche de ce qu’il vit.

C.R : Léa Seydoux, la première fois que vous avez pris connaissance de ce conte, c’était dans quelles circonstances ? Et quels sont vos points communs avec Belle ?

 Léa Seydoux : Alors j’ai beaucoup vu enfant le film de Jean Cocteau donc j’étais assez familière avec l’univers et quand Christophe m’a proposé de faire le film, ça me paraissait évident. Je crois que Christophe ne savait pas à quel point je connaissais le conte et la signification qu’il avait pour moi. J’avais une idée de la Belle que j’avais envie d’interpréter. Je suis, comme Christophe, assez proche de mon enfance et je me souviens que dans le film de Cocteau, il y avait cette distance due au fait que la Belle était assez âgée et un jeu assez théâtral. J’avais donc envie d’une Belle qui soit plus dans l’air du temps et qui ait plus cet air juvénile. Après, j’ai pas mal de points communs avec elle, notamment le fait de partir de vivre sa vie. Même enfant, ça m’a enseigné beaucoup de choses d’une certaine façon.

C.R : C’était une volonté de placer dans les décors et dans le château la symbolique très présente de la nature ?

 C.G : Une des choses qui m’intéressent le plus dans le texte de la Belle et la Bête, c’est que la question de la divinité est posée clairement. Est-ce que la divinité est en la nature ou est-ce qu’une part de la divinité est en l’homme et je crois que je film répond complètement à cette question.

C.R : Ce conte a été certes adapté par Cocteau mais également par Disney, ce sont deux extrêmes. Est-ce que vous vous êtes posé la question de ce que l’on peut montrer pour un public familial ?

 C.G : Je ne pense qu’au public, il n’y a que ça qui m’habite. Dans le cas de ce film, mon travail est un travail de trait d’union entre le regard des acteurs et la façon dont le regard des acteurs incarne les paysages imaginaires qui vont être pour la plupart recréés en post-production, et le regard du spectateur. Donc je ne me pose que le problème du public et de l’incarnation de l’univers grâce aux acteurs. Après, je crois que le conte est sensuel et transgressif et qu’il travaille sur la psyché féminine. Et je pense que la sensualité du conte est la chose qui m’attire le plus et mon travail est de faire en sorte que la personne qui amène son enfant ne soit pas gênée de lui faire voir.

C.R : Léa Seydoux, pour vous le côté le plus intéressant du rôle était plutôt la princesse, belle toilette, belle coiffure ou plutôt son côté plus transgressif puisqu’elle est attirée par une bête ?

 L.S : C’est les deux. J’entretiens un rapport très intime avec le personnage. Je ne saurais pas vous dire ni même analyser la chose mais en tout cas mon rôle était d’essayer d’interpréter cette Belle et que les petites filles puissent se projeter un peu dans cette jeune fille.

Titre original : La Belle et la Bête

            •            Réalisation : Christophe Gans

            •            Scénario : Christophe Gans et Sandra Vo Anh

            •            Direction artistique : Thierry Flamand

            •            Décors : Étienne Rohde

            •            Costumes : Pierre-Yves Gayraud

            •            Photographie : Christophe Beaucarne3

            •            Musique : Pierre Adenot

            •            Production : Richard Grandpierre et Jerome Seydoux

            •            Sociétés de production : Eskwad ; Pathé et studios de Babelsberg (coproductions)

            •            Société de distribution : Pathé Distribution

            •            Budget : 33 000 000 d'euros4

            •            Pays d’origine :  France

            •            Langue originale : français

            •            Format : couleur - 1.85 : 1 - Dolby numérique - 35 mm

            •            Genre : fantastique

            •            Distribution

            •            Vincent Cassel : la Bête / le Prince

            •            Léa Seydoux : Belle

            •            André Dussollier : le père

            •            Eduardo Noriega : Perducas

            •            Myriam Charleins: Astrid

            •            Sara Giraudeau : Clotilde

            •            Audrey Lamy : Anne

            •            Jonathan Demurger : Jean-Baptiste

            •            Nicolas Gob : Maxime

            •            Louka Meliava : Tristan

            •            Yvonne Catterfeld : La princesse