Zach et Gray attendaient ce jour avec impatience, surtout le second, passionné de dinosaures. Ils découvrent en live ces monstres jaillis du fond des âges. Leur tante Claire, responsable de Jurassic World les abandonne dès leur arrivée, sous la surveillance de son assistante trop occupée à gérer quelques menus problèmes d’arrière-cour. Nos deux sacripants ont vite fait de lui fausser compagnie pour emprunter les sentiers de traverse, faisant fi de toute règle de sécurité. Alors que la foule assiste, médusée, au repas du Mosasaure gobant un énorme requin, dans les coulisses, un drame se prépare. L’Indominus Rex, une nouvelle forme créée par des généticiens fous, semble échapper à ses créateurs.
Owen le chasseur l’avait prédit. On ne joue pas avec Dame Nature sans qu’elle ne vous joue un petit tour à sa façon. La bête échappe à tout un système de contrôle sophistiqué, incapable de détecter sa présence et pour cause… Le petit malin sort de son trou pour semer la panique à travers le parc pendant que la foule hurle et se cache du mieux du réveil des géants du passé. Claire et Owen tentent de comprendre la composition génétique du mastodonte. Elle s’avère extrêmement complexe, mélange de grenouilles au camouflage de caméléon et autres merveilles de la nature qui transforment Indominus en un démon sorti des enfers.
Il ne reste plus à Owen qu’à sortir sa dernière carte, sa bande de vélociraptors, des prédateurs tenaces, la dernière barrière entre le chaos et la créature génétique. C’est une affaire qui arrange Vic, fortement intéressé pour des utilisations militaires par le petit tour de dressage. La question en suspens, et si tout ceci finissait par échapper à nos apprentis sorciers, créatures génétiques, petite bande apprivoisée retournant à leurs penchants naturels, à savoir grignoter tout ce qui bouge. Il sera bien temps de crier quand la mort s’abattra sur la foule et les créateurs dépassés par la nature ramenée au néant.
Le nouveau Jurassic World s’inscrit à la fois comme un renouveau dans la lignée des évènements précédents mais il n’oublie pas son passé. Il propose une nouvelle version du sauve-qui-peut. Nous retrouvons un nouveau parc sous la gérance de Simon Masrani qui prolonge le rêve de John Parker Hammond, donner à voir l’impossible. Sous la pression des généticiens, financeurs et du public à désirer toujours plus, il fabrique une créature nouvelle.
C’est la rencontre du passé, le T. Rex, et un mélange de bestioles contemporaines. Comme le premier opus, il nous interroge sur la génétique et ses débordements. Dans le premier Jurassic Park elle apparaît remplie de promesses, même si le généticien du chaos nous avertit de sa dangerosité. Nous retrouvons le bon vieux principe qui postule que l’on ne manipule pas la nature sans conséquence. Comme pour le nucléaire, nous commençons à comprendre qu’elle nous échappe et crée des effets secondaires plus pernicieux. Dans le même ordre d’idée, Owen, le chasseur spécialiste de la faune, joue le rôle d’Ian Malcom le théoricien du chaos, en avertissant ses employeurs. On ne manipule pas des animaux venus du fond des âges sans risque.
Il sait que la relation et le dressage qu’il instaure avec les vélociraptors demeurent très fragiles. Jurassic World pose la question de l’animal sauvage qui ne deviendra jamais un gentil toutou de compagnie. Elle s’incarne dans la nouvelle créature et les vélociraptors, qui apprivoise qui ? Cette interrogation nous renvoie aussi à la part d’animal en nous, la belle et la bête avec Claire dans une belle scène de fin que je vous laisse découvrir. Le pouvoir de l’argent avec la crise s’impose forcément et donne un nouvel éclairage, le rapport aux financeurs pour les parcs d’animation. Ce sont les concessions que l’on fait comme offrir un nom à un nouveau dinosaure. De la même façon, Indominus nait du besoin du spectateur de toujours plus de sensations, de terreur. Comme chez Spielberg, nous retrouvons l’enfance avec les deux gamins qui devront face au danger, se montrer plus malins. La réussite du film se trouve dans son respect des deux premiers volets tout en proposant un chemin différent. Nous retrouvons, attention danger, les enfants, le couple d’aventuriers, les généticiens dépassés transformés en apprentis sorciers, la nature qui nous échappe, et celui qui voudrait bien profiter de tout ça.
Vic, le représentant du gouvernement, ne voit qu’une chose, l’utilisation à des fins militaires de ces monstres. La relation établie par Owen avec ses dinosaures l’intéresse au plus haut point. Le personnage le plus intéressant est celui de Claire. Elle passe du statut de la fille de la ville, de business woman à aventurière accomplie. Pour elle, c’est un chemin initiatique qui, dans la tourmente, dévoile sa vraie nature. Elle tombe le chemisier mais garde les hauts talons pour parcourir la route du danger ! L’image finale est très symptomatique de cette métaphore, je ne vous en dis pas plus pour vous laisser en savourer toute la teneur. Jurassic World est un film qui prend le temps de donner du relief à ses héros, construire une odyssée mouvementée, un cinéma plaisir avec beaucoup de fond entre les lignes. Omar Sy possède un petit rôle sympathique, le compagnon du chasseur. Pour finir, les clins d’œil au premier film sont nombreux, tout comme ceux à l’univers de Spielberg, le plus flagrant concernant le Mosasaure avalant le requin des Dents de la mer. Jurassic World s’inscrit donc d’abord comme un film de divertissement où la 3D correcte vous procurera de beaux moments avec en plus, une réflexion intéressante.
Patrick Van Langhenhoven
Second Avis
Ils sont de retours ! 12 ans après le premier opus mené par Steven Spielberg, les dents tranchantes et gentils herbivores prennent de nouveau vie pour le bonheur de fans de la saga Jurassic Park.
Si rien n'égalera jamais le coup de maitre et les répliques devenues cultes (« Auriez-vous par hasard projeté d'avoir des dinosaures, dans votre parc à dinosaures? ») du film de 1993, Jurassic World s'inscrit comme une suite tout à fait honorable.
Colin Trevorrow nous offre sa version du parc à dinos et bien sûr, les choses ont évolué (nouveaux dinosaures, attractions à la pelle) mais finissent toujours par capoter... car comme le disait si bien le Dr Ian Malcolm (Jeff Goldblum), la vie trouve toujours un chemin...
Jurassic
World est un divertissement qui tient ses promesses, la 3D est maitrisée et
appropriée pour ce genre de spectacle et les effets spéciaux nous offrent des
dinosaures plus vrais que nature.
Quant au casting, peu de chose à en dire... Chris Pratt est animal, Omar Sy
reste cantonné à un second rôle sympathique mais peu utile, et Bryce Dallas
Howard nous offre le plaisir de courir dans la jungle en talons pendant 2
heures, un exploit !
Le film possède néanmoins un problème important... son scénario qui utilise malheureusement beaucoup trop les ficelles du premier opus. Tout semble nous rappeler Jurassic Park et, si certains clins d'yeux à Hammond ou à l'ancien parc sont sympathiques et ravissent les fans de la première heure, d'autres semblent juste de la paresse scénaristique.
Ainsi, nos nouveaux héros empruntent des chemins bien proches de l'arc narratif du premier opus, tout comme certaines séquences semblent être le copié-collé nouvelle génération des scènes phares.
Le film manque souvent de finesse, le nouveau dinosaure, le nommé Indominus-Rex reste assez peu effrayant malgré sa férocité avérée. On regrette alors les méchants et inquiétants Raptors du premiers parc surtout lorsque nous les découvrons se faire dresser par ce génie de Chris Pratt...
Côté message, c'est peu ou prou la même chose : attention aux manipulations génétiques ! Dangereux l'Homme qui pensait apprivoiser les animaux ! Ces bébêtes reprennent toujours leurs droits. On le sait l'homme n'apprend jamais de ses erreurs, pire il les répète ... même si la morale est un peu bateau ça ne fait pas de mal de nous le rappeler !
Longue vie aux dinos !
Sarah Lehu
Bonus:
Boîtier métal SteelBook
Contient :
- le Blu-ray du film
- la copie digitale offerte au format UltraViolet
Scènes coupées
"Chris & Colin dominent Jurassic World"
"Bienvenue à Jurassic World"
"Les dinosaures errent à nouveau"
"Jurassic World : Pass VIP"
Visite du centre de la découverte avec Chris Pratt
Chris Pratt
CR: Quel souvenir gardiez-vous du premier Jurassic Park de Steven Spielberg?
J’avais 13 ans. J’avais adoré et je trouvais ça super. J’aimais déjà le cinéma de Spielberg. C’est un réalisateur que je connaissais. J’avais vu E.T l’extraterrestre.
CR: Jouer la suite, est-ce un rêve de gosse ?
Etre acteur est un rêve. Faire partie de l’aventure d’un film icône, participer à la suite, c’est un honneur. Je trouve que c’est un très beau film et nous avons eu la chance que Colin Trevorrow le réalise.
CR: Jurassic World est un film d’action. Vous étiez préparé à un tournage éreintant ?
On alternait les scènes d’action et d’interaction entre les personnages. Si le film avait été seulement physique, j’aurais été épuisé. De la même manière que si cela avait été un marathon de dialogues. Le film est un juste équilibre entre le physique et le mental.
Colin Trevorrow
CR : Dans quel esprit avez-vous rendu hommage au premier Jurassic Park ?
Mon idée n’était pas de faire une copie de ce premier film que l’on a tous aimé. C’est un film culte, qui a parlé à toute une génération. J’avais 16 ans quand je l’ai vu, et je me souviens très bien que j’avais eu le sentiment de revenir en enfance. C’est ce que j’ai envie que le public retrouve : son âme d’enfant.
CR : Comment se distinguer de l’original ?
Je n’ai pas voulu verser dans un quelconque sentimentalisme. J’ai souhaité faire un film différent, audacieux, où certes les fans pourraient retrouver les références du premier, mais où tous ceux qui découvriraient Jurassic World feraient une expérience nouvelle et extraordinaire.
CR : Jurassic World est clairement un film d’action. Comment s’est passé le tournage ?
C’était curieusement un tournage assez facile et plaisant, joyeux même. Cela s’est passé de manière étonnamment fluide, y compris dans la jungle de Hawaï ou sous le soleil de plomb de la Nouvelle-Orléans. Les acteurs étaient eux-mêmes dans le plaisir et le pur bonheur de cette création.
CR : Comment avez-vous approché la création des dinosaures ?
Phil Tipett, le superviseur des effets visuels, qui avait travaillé sur Jurassic Park, a été d’une grande aide. Il connaît le comportement animal, la physicalité des dinosaures, leurs mouvements. Il est arrivé à les rendre très réel et à montrer leur motivation. Je voulais par exemple que les raptors soient perçus à un niveau différent, comme des vrais acteurs, avec des émotions. Il ne fallait pas non plus aller trop loin, trop s’éloigner de la manière dont ils avaient été créés et conçus, vingt ans auparavant.
CR : Comment avez-vous travaillé leur conception, sur le plan technique ?
Nous avons utilisé différentes techniques, dont l’animatronic quand nous voulions être près de l’animal, dans une sensation de toucher. On a également travaillé avec des maquettes, pour montrer la tête, les pieds. Dans ce film, il y a à la fois beaucoup de technologie, mais aussi de grands artistes pour fabriquer des effets particuliers et intéressants.
CR : La manipulation génétique est montrée comme dangereuse. C’est le message du film ?
C’est un des sujets, mais l’essentiel, pour moi, était de montrer les dangers de la chasse au profit, à l’argent, qui nous vole notre humanité. Mais je n’ai pas voulu faire un film à message, plutôt montrer que l’on est de plus en plus insensible au miracle de la nature, et que l’on oublie que l’on est là depuis très peu de temps, quand les dinosaures, eux, sont là depuis bien plus longtemps.
CR : Pourquoi avoir choisi un casting international ?
Jurassic Park n’était pas un film américain, qui ne s’adressait qu’à un public d’Américains. Pour Jurassic World, il me paraissait normal de renvoyer à cette universalité, avec des acteurs qui viennent du monde entier : Omar Sy, Irrfan Khan, Vincent d’Onnofrio… Je voulais aussi que chacun ait sa place et puisse exister dans le film. Chaque personnage a son moment, pour qu’on puisse le comprendre, l’aimer peut-être, lire son âme.
CR : Pourquoi Omar Sy ?
Ma femme est française et mes enfants sont nés en France. Plus que d’autres réalisateurs américains, je connais bien la culture française et j’ai cette ouverture internationale. Omar Sy a une âme généreuse et je voulais que le public la découvre.
Omar Sy
CR : Vous jouez un Français, dresseur de dinosaures. C’était comment ce rêve de cinéma américain, avec l’accent ?
C’était beaucoup de travail et de concentration, en même temps un tel plaisir d’être là ! On avait tous très conscience de l’importance de cette relance de la franchise Jurassic Park. Faire partie de cette aventure était très agréable. Colin Trevorrow avait écrit ce rôle pour moi. L’anglais que je parle est donc celui dont je suis capable, moi Français. Je n’avais pas à travailler mon accent, être trop ou pas assez. Le seul souci était que je sois le plus clair possible quand je m’exprimais en anglais.
CR : Quel souvenir gardiez-vous du premier Jurassic Park de Steven Spielberg?
J’avais 15 ans. J’étais adolescent ; à cet âge où on décide de ce qu’on a envie d’aller voir au cinéma, sans les parents. J’y suis allé avec une bande de potes et on s’est pris ce film en pleine tête. Un vrai divertissement, avec des effets spéciaux et de l’humour. Ce film a marqué ma génération, alors se retrouver dans la suite, c’était énorme.
CR : Votre personnage court moins que les autres…
J’ai pu couru mais c’était exaltant de faire un film dans lequel il faut se cacher, avoir peur. J’ai joué cela pleinement.
Interview réalisé par Patrick Van Langhenhoven merci à Nathalie pour la transcription.
Titre original et français : Jurassic World
Titre québécois : Monde Jurassique
Réalisation : Colin Trevorrow
Scénario : Colin Trevorrow, Derek Connolly, Rick Jaffa et Amanda Silver, d'après certains personnages créés par Michael Crichton
Direction artistique : Page Buckner, Christa Munro et David Scott
Décors : Ed Verreaux
Costumes : April Ferry
Photographie : John Schwartzman
Son : Kirk Francis
Montage : Kevin Stitt
Musique : Michael Giacchino
Production : Patrick Crowley, Frank Marshall et Thomas Tull
Production déléguée : Jon Jashni et Steven Spielberg
Sociétés de production : Amblin Entertainment, Legendary Pictures et Universal Pictures
Sociétés de distribution : Universal Pictures (États-Unis), Universal Pictures International (France)
Budget : 150 000 000 dollars9
Pays d'origine : États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur − 35 mm − 2,00:1 − son Dolby Digital / DTS
Genre : aventure, science-fiction, action
Durée : 124 minutes10
Distribution
Chris Pratt : Owen Grady12
Bryce Dallas Howard : Claire Dearing12
Nick Robinson : Zach Mitchell13
Ty Simpkins : Gray Mitchell13
Irfan Khan : Simon Masrani14
Vincent D'Onofrio : Vic Hoskins15
Jake Johnson : Lowery Cruthers16
Lauren Lapkus : Vivian Krill17
Omar Sy : Barry18
B. D. Wong : Dr Henry Wu19
Brian Tee : Katashi Hamada20
Judy Greer : Karen Mitchell[réf. souhaitée]
Katie McGrath : Zara Young[réf. souhaitée]
Colby Boothman-Shephard : Luke, le jeune dresseur
Andy Buckley : Scott Mitchell
James DuMont (en)