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affiche Jacky au royaume des filles

Jacky au royaume des filles

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Un film de Riad Sattouf,
Avec Vincent Lacoste, Charlotte Gainsbourg, Didier Bourdon,

Genre : Comédie
Durée : 1h30
France

En Bref

Il était une fois au royaume de Bubunne un jeune garçon nommé Jacky rêvant d’épouser la Colonelle. Tout ceci ne pouvait rester que dans un coin de cerveau, comment un mécréant comme lui rencontrerait la fille du despote éclairé, la Générale. Cette dernière voyant que sa fille chérie tarde à trouver un mari décide, comme dans les contes de fées, de lancer un grand bal pour désigner l’élu. Depuis la mort de sa mère, notre pauvre Jacky se retrouve à vivre avec ses deux cousins, une paire d’idiots imbus d’eux-mêmes. Dans ce monde, les hommes portent le voile, vénèrent chevaux et poneys comme des dieux de l’Olympe et mangent la divine nourriture offerte par leur bienfaitrice, la Générale. Il est exploité par sa tante, son ticket pour la grande fête, gagné grâce à ses charmes, volé par son cousin. Il ne reste plus qu’une bonne fée ou un maigre espoir pour au bal aller danser. Tout ceci pourrait bien se retrouver dans l’escarcelle de notre pauvre Jacky et peut-être que, ses charmes aidant, la Colonelle en fera son nouveau mari. Nous pouvons toujours rêver au pays des il était une fois non.

 Deuxième film de Riad Sattouf, nous retrouvons diverses inspirations allant du port du voile, la tyrannie, Soleil Vert, et une relecture du conte de Cendrillon, sous l’effet de l’humour de la nouvelle vague en bande dessinée. Nous sommes bien dans un film aux fantaisies issues de l’humour provocant et décalé des jeunes dessinateurs comme  Joann Sfar, Lewis Trondheim, Mathieu Sapin et bien d’autres. Derrière se cache une réflexion sur la tyrannie, la différence homme et femme, avec une fin surprenante, et des influences comme Soleil vert pour la nourriture. Riad Sattouf recompose tout un univers loufoque avec des décors naturels glanés en Géorgie, comme cette ville improbable aux pavillons identiques. Le tout donne un film décalé, gonflé qui ne laisse pas de marbre et secoue nos petits neurones avec bonheur.


Il était une fois au royaume de Bubunne un jeune garçon nommé Jacky rêvant d’épouser la Colonelle. Tout ceci ne pouvait rester que dans un coin de cerveau, comment un mécréant comme lui rencontrerait la fille du despote éclairé, la Générale. Cette dernière voyant que sa fille chérie tarde à trouver un mari décide, comme dans les contes de fées, de lancer un grand bal pour désigner l’élu. Depuis la mort de sa mère, notre pauvre Jacky se retrouve à vivre avec ses deux cousins, une paire d’idiots imbus d’eux-mêmes. Dans ce monde, les hommes portent le voile, vénèrent chevaux et poneys comme des dieux de l’Olympe et mangent la divine nourriture offerte par leur bienfaitrice, la Générale. Il est exploité par sa tante, son ticket pour la grande fête, gagné grâce à ses charmes, volé par son cousin. Il ne reste plus qu’une bonne fée ou un maigre espoir pour au bal aller danser. Tout ceci pourrait bien se retrouver dans l’escarcelle de notre pauvre Jacky et peut-être que, ses charmes aidant, la Colonelle en fera son nouveau mari. Nous pouvons toujours rêver au pays des il était une fois non.

 Deuxième film de Riad Sattouf, nous retrouvons diverses inspirations allant du port du voile, la tyrannie, Soleil Vert, et une relecture du conte de Cendrillon, sous l’effet de l’humour de la nouvelle vague en bande dessinée. Nous sommes bien dans un film aux fantaisies issues de l’humour provocant et décalé des jeunes dessinateurs comme  Joann Sfar, Lewis Trondheim, Mathieu Sapin et bien d’autres. Derrière se cache une réflexion sur la tyrannie, la différence homme et femme, avec une fin surprenante, et des influences comme Soleil vert pour la nourriture. Riad Sattouf recompose tout un univers loufoque avec des décors naturels glanés en Géorgie, comme cette ville improbable aux pavillons identiques. Le tout donne un film décalé, gonflé qui ne laisse pas de marbre et secoue nos petits neurones avec bonheur.

 Le réalisateur reprend le conte de Cendrillon pour lui donner une nouvelle forme en inversant le rôle des hommes et des femmes. Il commence par installer un univers délirant auquel le spectateur s’habitue sans poser de questions. Les hommes portent le voile, s’occupent de la vie domestique et les femmes jouent les gros bras. La polygamie n’est pas interdite et les mâles ressemblent parfois à des blondes ! Dans cet univers, le pauvre Jacky se retrouve bonne à tout faire dans la famille de sa tante, comme dans le conte. Il est la coqueluche de tout le quartier et refuse plus d’un mariage arrangé comme il se doit. Ses charmes semblent avoir un effet dévastateur comme Sinatra ou Justin Bieber. De la plus petite à la plus grande, elles rêvent toutes de partager sa couche. A la place des deux sœurs jalouses, nous retrouvons deux frères, attachés principalement au clinquant, aux apparences, à la futilité de la vie.

 La princesse charmante, la Colonelle, rêve, elle aussi, d’une autre vie, moins protocolaire. Le réalisateur donne une autre dimension à son prince, princesse charmante, jouant de la figure mythique,  en version masculine féminine.

Le choix des décors imprègne aussi l’univers du conte et renvoie à notre société, des cités industrielles aux pavillons identiques bien alignés. Il appuie sur l’image d’un régime où tout doit être carré et sans un faux pli qu’il s’empresse de glisser régulièrement, provoquant le chaos. Le palais de la grande Bubunne, la Générale, existe vraiment dans la plus pure tradition de l’art bolchevique. Derrière le rire et sa société inversée, il nous interroge sur le féminin et le masculin que nous retrouvons dans le langage réinventé, dans les quiproquos sur les sexes qu’il ne cesse de glisser dans le récit.

C’est toujours l’apparence et la difficulté de séduire comme dans Les Beaux Gosses, une thématique que nous retrouvons dans son univers dessiné. Plus que Joann Sfar, il entraine dans sa réalisation une nouvelle forme de comédie influencée par le renouveau lancé par l’association en BD, cela donne un nouveau genre qui devrait s’affirmer avec le temps. Autre thématique, la dictature se glisse en fond de l’histoire. C’est un monde régi par des femmes despotes avec à leur tête une figure de dictateur fou, comme la junte birmane ou certains potentats du moyen orient. Nous ne pouvons que nous affranchir de ce monde qui nous souhaite du bien, mais ne rechigne pas à l’exploitation du peuple pour le bien du tyran.

Didier Bourdon en mari exploité est excellent, tout comme Anémone qui s’en donne à cœur joie en dictateur de service, elle qui fut une égérie de la génération hippie. Jacky surfe sur sa composition de beau gosse bien drivé par Riad Sattouf, mais  il risque de s’enfermer dans cette caricature s’il n’y prend garde. Michel Hazanavicius joue la bonne fée dans le rôle de l’oncle révolutionnaire, et Charlotte Gainsbourg, toujours aussi charmante, se frotte à une prestation pas si facile, mais jouissive. Cette nouvelle version du conte de Cendrillon ne manque pas de nous surprendre pour un voyage décalé au pays du « il était une fois », un réalisateur à suivre.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1, 2.0
Sous-titres : aucun
Edition : Pathè Vidéo

Bonus:

Commentaire audio du réalisateur Riad Sattouf et du comédien Vincent Lacoste
Making of (33')
Galerie de photos