Lorsqu’un adolescent de
banlieue, Jason (Rafi Gavron) commet une erreur naïve, mais qui change sa
vie, est arrêté sur des
accusations de tentatives de vente de drogue, son père, John Matthews (Dwayne
Johnson), fait un appel désespéré au procureur fédéral, Joanne Keeghan (Susan
Sarandon). En échange de la réduction de peine de son fils, John offre d'infiltrer le milieu des cartels et de
conduire la police à des revendeurs de drogue. Le seul problème est que John ne connaît pas de dealers et - après un premier échec - il se
tourne vers un de ses employés, Daniel (Jon Bernthal), un ex-détenu qui tente
de reprendre une vie normale, afin qu’il l’introduise dans le monde des
trafiquants de drogue.
Malgré un rôle en tête d'affiche pour Johnson, les lois
fédérales sur les drogues sont la vraie star du film. Waugh présente une vision
intéressante sur l’arbitraire du système judiciaire américain et ses ambiguïtés.
L’intrigue suit une progression relativement standard avec cependant quelques
surprises, et aborde le sujet et les personnages d’une manière suffisamment
engageante pour le spectateur, même si la toile de fond semble familière.
L’interprétation de Johnson est surprenante, avec une
subtilité qui pourrait surprendre les fans de cinéma d’action moins familiers à le voir dans ce
registre. Cela dit, sa présence physique peut être un handicap dans certaines
scènes - surtout quand le film invite régulièrement le spectateur à accepter
que Matthews ne soit pas capable
de se défendre. Pour contrer la taille de Johnson, le personnage de Matthews qu’il nous donne à voir est un
mélange d'insouciance et d'appréhension
sympathique, mais à certains moments, sa performance se dégrade et le
public verra l'acteur poussant un personnage intentionnellement faible, au lieu
de s'appuyer sur des nuances plus délicates.
Jon Bernthal, mieux connu pour son rôle de Shane dans The Walking Dead, est remarquable avec une performance discrète mais puissante dans Daniel qui surpasse un certain nombre des comédiens des plus accomplis du casting (pensons à Susan Sarandon en demi-teinte). Barry Pepper offre un autre jeu réussi, dans le rôle de l’agent Cooper, chef de la DEA, l'un des atouts les plus intéressants du film. Inversement, Susan Sarandon et Benjamin Bratt sont davantage dans le cliché.
Comme indiqué précédemment, l'apparition de Johnson dans Infiltré mènera de nombreux cinéphiles à
supposer que le film est un film d'action. Malgré quelques brèves fusillades et
une course poursuite en voiture, la tension primaire du film provient de
moments discrets et sur la réalité
des risques que court John
Matthews dans son parcours, où une parole malencontreuse pourrait faire la
différence entre la vie ou la mort pour lui et sa famille. En fait, certaines
des plus grandes scènes de tension d’Infiltré
sont le résultat de moments d’attente et la crainte du danger qui reste en
suspens.
Infiltré a de
grandes ambitions, se déplacer rapidement du drame personnel aux scènes d'action au demeurant réussies
car réalistes et sobres. Waugh n'a toutefois pas réussi à traiter chaque
élément introduit dans le film et laisse surtout les
questions morales de la culpabilité et de la justice en suspens. Pourtant,
scène après scène, Infiltré s’avère être un drame plutôt
réussi, servi par des performances
d’acteurs dans l’ensemble solides et une histoire émotionnelle forte sans se
caricaturer. Ce n'est pas le film d'action que certains spectateurs auraient pu
attendre, et ce n'est pas une mauvaise chose puisqu’il offre à la place une
surprenante immersion dans un drame humain très concret et prégnant de l’autre
côté de l’Atlantique.
Gregory Germanais
Bonus: Commentaire audio du film par le scénariste/réalisateur Ric Roman Waugh et le monteur Jonathan Chibnall (VOST)
Making of en 3 parties :
- le scénario (10')
- le casting (23')
- le tournage (17')
Scènes coupées (6')
Bandes-annonces (VF/VOST)
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