Ida. Un objet filmique à 1000 lieues de ce qu'est le cinéma actuel.
J'avoue ne pas avoir été transcendée par la bande-annonce et lassée par les films traitant de la Seconde guerre mondiale, j'aurais pu facilement passer à côté de ce bijou du cinéma polonais.
C'est en voyant les critique très positives et en me souvenant de My summer of love (2004) que j'avais adoré que je me suis dis qu'il fallait laisser sa chance à Ida. Laissons parler le cinéma polonais pourtant si sensible.
Nous sommes dans les années 60. Dans une Pologne communiste encore marquée par les stigmates de la Seconde guerre mondiale, Anna (Agata Trzebuchowska), une jeune orpheline élevée au couvent découvre à quelques jours de faire ses vœux pour devenir nonne qu'un membre de sa famille est encore en vie : sa tante Wanda (Agata Kulesza). Nous ne saurons que très peu de choses sur cette femme à la fois froide et drôle, si ce n'est qu'elle est procureure pour les services staliniens...probablement pour cela qu'elle s'était refusée à prendre la jeune Anna avec elle.
Au début réticente à l'idée de quitter le couvent, Anna rencontre finalement sa tante et ouvre dans le même temps les douleurs du passé de l'occupation nazie en Pologne.
Ida. Un objet filmique à 1000 lieues de ce qu'est le cinéma actuel.
J'avoue ne pas avoir été transcendée par la bande-annonce et lassée par les films traitant de la Seconde guerre mondiale, j'aurais pu facilement passer à côté de ce bijou du cinéma polonais.
C'est en voyant les critique très positives et en me souvenant de My summer of love (2004) que j'avais adoré que je me suis dis qu'il fallait laisser sa chance à Ida. Laissons parler le cinéma polonais pourtant si sensible.
Nous sommes dans les années 60. Dans une Pologne communiste encore marquée par les stigmates de la Seconde guerre mondiale, Anna (Agata Trzebuchowska), une jeune orpheline élevée au couvent découvre à quelques jours de faire ses vœux pour devenir nonne qu'un membre de sa famille est encore en vie : sa tante Wanda (Agata Kulesza). Nous ne saurons que très peu de choses sur cette femme à la fois froide et drôle, si ce n'est qu'elle est procureure pour les services staliniens...probablement pour cela qu'elle s'était refusée à prendre la jeune Anna avec elle.
Au début réticente à l'idée de quitter le couvent, Anna rencontre finalement sa tante et ouvre dans le même temps les douleurs du passé de l'occupation nazie en Pologne.
Le coup est rude et la foi d'Anna en est bien sûr ébranlée. Mais Pawel Pawlikowski refuse tout sentimentalisme dans son histoire. Ainsi, le personnage d'Anna reste secret et mystérieux. Cette jeune femme qui souhaitait plus que tout s'en remettre à Dieu se pose maintenant des questions sur le bien et le mal...questions qui resteront sans réponse, la cruauté humaine étant souvent incontrôlable et inexplicable.
Tourné en 4/3 et en noir et blanc, le film est constitué en majorité de plans fixes. Le cadre de Pawlikoski se concentre sur les visages, sur la solitude de ces deux femmes : l'une qui sait depuis longtemps et qui tente de se battre en vain contre le passé et Anna, qui tente de comprendre, de vivre entre spiritualité et sensualité.
Ida peut paraître académique dans sa forme, voir ennuyeux lorsque l'on ne voit que des fragments d'images. Pourtant, c'est cet académisme apparent qui fait sa réelle force. Ici place au symbolisme des images, au cadrage précis, à une lumière qui dévoile les pensées des personnages et prend le pas sur des dialogues qui auraient pu être larmoyants.
Ida traite bel et bien du massacre des juifs durant la Seconde guerre mondiale mais d'une façon singulière, en racontant un fragment d'histoire, celui de deux femmes tentant de se reconstruire. Au-delà de la beauté des images, c'est aussi la jeune Agata Trzebuchowska, qui n'était pas du tout actrice avant de jouer le rôle d'Anna/Ida, qui porte le film et nous questionne.
Pawel Pawlikowski s'est servi de ses souvenirs et de ses confrontations avec la religion pour ce film qui émane donc d'une réelle sincérité du réalisateur, une envie de tourner un film dans son pays natal encore très marqué par le passé sanglant d'une guerre qui n'en finit pas de faire parler d'elle.
Sarah Lehu
Bonus
Making of (10')
Entretien avec Pawel Pawlikowski
Filmographie du réalisateur
Revue de presse