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affiche Guy

Guy

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Un film de Alex Lutz ,
Avec Alex Lutz , Tom Dingler, Pascale Arbillot,

Genre : Biographique
Durée : 1h41
France

En Bref

Entre nostalgie et vérité, la mise à nu d’un vieux chanteur sur le retour par son fils illégitime. À la mort de sa mère Gauthier découvre enfin le vrai nom de son père, Guy Jamet. Il décide de partir sur les traces de ce père inconnu qui ignore son existence à l’occasion du retour de l’idole pour un album de reprises et une nouvelle tournée. Quel meilleur masque que celui d’un réalisateur fan rendant hommage à sa mère à travers ce voyage au cœur d’un artiste ? Contre toute attente le chanteur accepte la présence du jeune homme dans tous les moments de sa vie privée et publique. C’est ainsi que Gauthier, à travers son documentaire, tente de dévoiler l’âme de son père. Ce qu’il trouve au bout de la route du cœur pourrait bien le surprendre. C’est un homme parfois râleur, exigeant, passionné de chevaux, vieillissant, assumant son passé qui peu à peu se met à nu. Le spectateur se demande si Guy Jamet ne finit pas par découvrir la vérité et joue avec la vérité et le mensonge.


Alex Luzt commence par le théâtre, créant sa propre troupe « Le coût de la pomme » pour laquelle il écrit et met en scène plusieurs pièces. Il passe ensuite à la mise en scène de "One Woman Show" pour Pierre Palmade et Michèle Laroque, Caroline Loeb. Très vite il devient l’un des seconds rôles incontournables du cinéma français et éclate avec le duo de « Catherine et Liliane ». Il est certain que cette expérience a nourri le portrait de ce chanteur de charme d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. C’est d’abord une mise en scène sous forme du documentaire, entre images prises sur le vif et des cadres moins improvisés. Il donne au film cette élégance du temps qui passe entre nostalgies, vérité d’un homme qui n’a plus rien à cacher. Pour le jeune réalisateur, c’est à la fois un parcours initiatique sur la vie d’artiste et la découverte d’un père. Dans ce méandre complexe de l’âme, le spectateur s’interroge sur ce que perçoit Guy des intentions de Gauthier. Est-ce qu’il ne finit pas par comprendre le fin mot de l’histoire et passe de la confidence au partage d’un père et d’un fils ?

Guy déroule son vague à l’âme, sa nostalgie jamais pesante, les vieux jours sont là pour aider à avancer dans le temps. Les douleurs et épreuves d’hier deviennent les obstacles qui construisent un homme. Peu à peu derrière la star et ses caprices, ses humeurs, c’est un homme qui prend forme. C’est bien toute la force du film d’Alex Luzt ce voyage au cœur de la vie avec tout ce qu’elle nous apprend sur nous même. Il s’amuse du jeu subtil entre un fils, cherchant à percer la vérité sans jamais la nommer, et un père qui sait peut-être… ou pas. Il touche à l’intime, au plus profond de l’être. Belle prestation de l’acteur habitué des planches à qui il faudra deux heures de maquillage pour une transformation époustouflante. C’est un jeu sans faille, touchant à la perfection,  tout à coup le film emporte celui qui regarde dans son ballet complice et intime. Guy nous prouve que le cinéma français reste encore plein de promesses et de surprises avec cette nouvelle arrivée de ce jeune réalisateur bousculant les acquis de la vieille garde.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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Sous-titres :
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D’où est venue l’idée de départ ?

Je fais beaucoup de portrait sur scène. J’avais envie de passer au long métrage dans une sorte de faux documentaire. J’ai alors pensé à un chanteur des années soixante que les médias ont oublié alors qu’il n’a jamais cessé de travailler. Je l’ai appelé Guy Jamet. Il ne sait pas que le journaliste qui vient le filmer caméra à l’épaule, chez lui et dans tous les galas de province, est le fils qu’il n’a jamais élevé. Ensuite, j’ai construit le film en sorte qu’on ait l’impression que Jamet a réellement existé. Je suis donc allé le plus loin possible dans l’incarnation.

Vous-même êtes devenu Guy Jamet…

Pour me glisser dans la peau de ce vieil homme, j’ai dû subir 4 à 5 heures de maquillage par jour. Quinze prothèses, y compris sur les mains. Pendant ce temps, je dormais, j’écrivais mes mails, je parlais aux assistants. J’ai appris la patience avec « Catherine et Liliane » (Canal+) même si pour cette série, deux heures de préparation suffisent. Comme vous, beaucoup me disent que, ainsi transformé je ressemble au Belmondo d’aujourd hui. Sur le coup, je ne m’en suis pas rendu compte. Même si j’ai créé un petit AVC à mon bonhomme ! 

Tout-de-même, des noms de chanteurs français des années soixante à quatre-vingt-dix, viennent à l’esprit.

Je sais. Du coup, c’est à chacun de faire sa propre cuisine. Gauthier, le jeune homme qui filme Guy est interprété par Tom Dingler, le fils de Cookie Dingler. On peut donc faire le rapprochement et cela nourrit le thème de la filiation. Mais il y a aussi chez mon personnage du Michel Delpech, du Herbert Leonard, du Guy Marchand, du Sardou et même du Franck Michael qui a toujours ses fans et continue à blinder les salles. Chacun trouvera quelque chose d’un ou des chanteurs qu’il aime ou de l’artiste favori de sa mère. Un artiste qui, à la fois n’existe pas et existe.

Pourquoi cet intérêt pour la chanson populaire ?

Car c’est une vraie mémoire collective. Les plus âgés se souviennent de ce qu’ils écoutaient à la mort de Pompidou. Les plus jeunes au moment du Bataclan. Tout le monde sait sur quelle chanson, il a donné son premier baiser. A la troisième strophe de Bonnie Tyler, par exemple…. Je suis né en 1978. La génération de Guy Jamet, je la déteste autant que je l’adore. Leo Ferré par exemple je ne pouvais pas le blairer, maintenant quand je l’écoute, c’est un couteau dans le cœur. J’adore les frères Jacques. Tout Renaud, Charles Trenet et tellement d’autres.

Comment avez-vous établi le répertoire de Guy ?

J’ai travaillé avec Vincent Blanchard du groupe JOAD. Nous avons écrit une douzaine de chansons. Je les ai chantées avec trois voix différentes selon la période : du début des années soixante à aujourd hui en allant de plus en plus dans les graves en raison de l’avancée en âge de Guy, du fait qu’il s’est drogué et qu’il a brulé sa vie…Les flash-back des concerts live sont en prise directe.

Pourquoi avoir choisi ce cadre particulier ?

Vous voulez dire, cette maison isolée près d’Aix en Provence ? C’est juste parce que c’est ma maison. C’était plus facile pour m’identifier. Et plus économique au niveau budget. Ce sont mes chevaux que Guy monte pour comme il le dit « s’échapper comme un connard dans la Pampa » !

Est-ce que « Guy » vous donne envie de chanter sur scène ?  (On sait depuis,  qu’il chantera avec Dani après la projection du festival du film francophone)

Je sais faire la voix de Guy qui chante. Mais je ne sais si je saurais être chanteur. Peut- être des chansons qui me bouleversent comme « Lily » de Pierre Perret, par exemple. On verra après la sortie du film.

 Merci à Marie Aimée Bonnefoy pour la transcription et la correction.

•  Titre original : Guy

    •       Réalisation : Alex Lutz

    •       Scénario : Alex Lutz, Thibault Segouin et Anaïs Deban

    •       Musique originale : Vincent Blanchard et Romain Greffe

    •       Montage : Alexandre Donot et Alexandre Westphal

    •       Décors : Pascal Le Guellec

    •       Costumes : Amandine Gros

    •       Photographie : Mathieu Le Bothlan

    •       Sociétés de production : Iliade & Films, coproduit par JMD Production et Studio Canal

    •       Société de distribution : Apollo Films (France)

    •       Pays d’origine : France

    •       Langue originale : français

    •       Format : couleur

    •       Genre : comédie dramatique, faux documentaire

    •       Durée : 101 minutes

    •       Dates de sortie: (clôture de la semaine de la critique au festival de Cannes 20181) 29 août 2018

Distribution

    •       Alex Lutz: Guy Jamet

    •       Tom Dingler: Gauthier

    •       Pascale Arbillot : Sophie Ravel

    •       Nicole Calfan : Stéphanie Madhani, attachée de presse

    •       Dani : Anne-Marie

    •       Élodie Bouchez : Anne-Marie, jeune

    •       Brigitte Roüan : la mère de Gauthier

    •       Bruno Sanches : le fils de Guy

    •       Stéphan Wojtowicz : Bernard Kazine

    •       Patrick de Valette : Grand Duc

    •       Julie Arnold : la conseillère de la région PACA

    •       Vincent Heden : le webmaster de Guy

    •       Marina Hands : une chanteuse

    •       Nicole Ferroni : la chroniqueuse d'Europe 1

    •       Anne Marivin : présentatrice Virgin Radio

    •       Julien Clerc : lui-même

    •       Michel Drucker : lui-même

    •       Alessandra Sublet : elle-même

    •       Sarah Suco : Camille